Lieu historique national de l’Ancien-Pensionnat-Indien-de-Muscowequan

Le système des pensionnats autochtones est un sujet pouvant causer des traumatismes évoqués par des souvenirs d’abus passés. Le gouvernement du Canada reconnaît la nécessité d’établir des mesures de sécurité afin de minimiser le risque de déclencher une réaction à l'évocation de violences passées. Une ligne d’écoute téléphonique des pensionnats autochtones a été établie au niveau national pour apporter du soutien aux anciens élèves des pensionnats. Vous pouvez obtenir de l’information sur le site Web ou accéder en tout temps à des services de soutien affectif et d’aiguillage en situation de crise en composant le : 1-866-925-4419.

Grand bâtiment
L’ancien pensionnat indien de Muscowequan, situé sur les terres de réserve de la Première Nation Muskowekwan, Saskatchewan, 2020.
© Parcs Canada / Allison Sarkar

L'ancien pensionnat indien Muscowequan, à Lestock, en Saskatchewan, a été désigné lieu historique national en 2021.

Plaque commémorative : seront installées au site de l'ancien pensionnat indien Muscowequan, Lestock, SaskatchewanFootnote 1

Ancien pensionnat indien Muscowequan (1889-1997)

Des générations d’enfants autochtones sont contraintes de résider dans cette école créée par le gouvernement canadien et gérée par l’Église catholique dans le cadre d’une politique d’assimilation, qualifiée de génocide par les Survivants. Ils sont isolés de leurs familles, communautés et traditions. Les enfants y subissent une discipline sévère ainsi que des abus physiques et sexuels provoquant des traumatismes intergénérationnels. Dans la douleur et les pleurs, ils s’encouragent, nouent des amitiés et résistent. L’un des derniers pensionnats fermés au pays, cet édifice, bâti en 1930, est sauvé de la démolition par les Survivants. Ils en font un lieu de guérison, où ils racontent leur vécu et se souviennent des élèves décédés pour que jamais ne s’efface ce sombre chapitre de l’histoire du pays.

La Commission des lieux et monuments historiques du Canada
Inscription de plaque en français

KAYAHTĒ MUSCOWEQUAN AYĪNIW WĀSKĀHIKAN WĪKIWIN KISKINOHAMĀTOWIKAMIK (1889-1997)

Aniskotāpānak ayīniw awāsisak ē-kī otiniscik ē-kī sipwēhtahiscik ta-nitowi kiskinohamākosicik kā-ōsīhtāt Kanāta ohci kisci-okimāhkan kā-kī pamihtācik pahkwaayamihawīniwak ayamihēwikamik ohci isimamowi-itākosiwin pimatisiwi-masinahikan tā-nisitohtamihk ispayiwin. Kī-pimātisiwak ohcitaw nipahtākēwin ōki awāsisak kī-sēpēhtamok ē-kitimahiht omōsihowiniwawa, otihtinikēwin mīna maci kēskino-awāsowin kontētēskamik ē-ahiscik onīkihikwak ohci māmowi ayihkamik mīna aniskotātowin pīhta aniskotāpan kakwatakihowin ayamihtāsowin miskīsikwāpoya ohci ē-aspēmitātocik kī-otōtēmisowak ēkota ki-maskowisiwak. Kā-kī-ōsīhtat wāskāhikan kēkāc nīstanaw nistomitanaw iskwēyāc ka-kipahamihk wāskāhikan, kī-manācihtāwak wīyawaw kākī pimātisicik ta-nawē ta-wāpahtahkik isi ta-mīyo mascihocik mīna ta-acimocik otayācimona, ta-kiskisicik aniki ka-ki nipicik ēkwa tā-tāpwēwahk ōma ka tipiskāwahk Kanāta itacimikowin namōya wīhkāc tā-wanihkēhk.

La Commission des lieux et monuments historiques du Canada
Inscription de plaque en cri

 

Plaque commémorative soulignant l'importance historique du lieu historique national de l’ancien pensionnat indien de Muscowequan
Plaque commémorative trilingue de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada pour le lieu historique national de l’ancien pensionnat indien de Muscowequan : cri, anglais et français

 

KAH ITĒ MUSKOWEKWAN ANISHINĀBĒ KINĀWAMĀTĪHOGAMIG (1889 -1997)

Meh-onza onjih kagī pihmosēwāt, kaih itē kī ayā wāt anishinābē abinōcīhak, kī sōngih kagānzih indaw cī izā wāt kikināwamātīh ogamigong, Muskowekwan kā izinikātēg. Kici mōniāow ogimā-kānak (Kanāta onji) kī ōzicigē wāt sigwa inasowē wāt, anamihēyāg kā tibēn dah mowāt anam ihē ogāmik ci nanāgatō kē wāt abinōcīhah sigwa anīn ci izi kinaw-amow indaw ci nih tāgwī wāt mōniāow ih-nāng. Anishinābēg kā kī kaskīh ondācīh-ohwat imā, ogikēn dān āwāh onjitah ki kagwē, pizan ihgogoh kī kagway apih cīh indaw (kī kīzih indaw) anishinābēg. Mī ingiwē abinōcīhak kā kī kaskih ondācih owāt imā āpici kī pih kitimaowag, kī pah pahsanzē indaw, kīmōci mētawāhgan indāw, ki onji otāpin indaw ēndā wāt, andi sa goh imah kā kī sahwē nim indaw, otāpinahm awindaw kākī mīnigō ziwāt anishinābēg cīh inācih ōwāt, ōbimāhtiziwin. Ōwēti nī gān kahkinah anishinābēg kēyābpih mōnstōwag, kā kī izi kanawābamindāw, kēyābpih wīsāgap inēyindaw. Māno pigohgoh kaih izi sanagsēwat, sigwa kā pih mahwihwāt, kī wī cih itiwag, kī minō wīcīewindiwag, sigwa onjihta kī sahsībtamōg. Kīh ānjih ozitoom, mitāswāk asi nisimitana (1930) Kikinawāmātī ogāmik sigwa mīh iwē pēsig iskw āc kī kih bah igātēy. Kī tēy bah gēndamoog ingih Kā kī kaskih ondāciwat imā, mānō ci nībawīmagak ihih Kikinawāmātī ogāmik sigwa pakān cīh inābacitoong. Kīh inēndamowāt, mīh imāh ci tazih nānānda wīh igēng, ci tazī kēng, ci tazih tibācimowāt, ci nānāgahtāwēn imāhwāt ingih kāgī tahnācih onit imā sigwa cih ānjigoh mikowmindaw ānin kāh pih izi macīh ikamigiziwāt imā, wīkah ci wānīkaysīng Kanatah o’kāgīkwēwin.

La Commission des lieux et monuments historiques du Canada
Inscription de plaque en nakawewin

 

Plaque commémorative pour l'importance historique de l’Ancien-Pensionnat-Indien-de-Muscowequan
Plaque commémorative de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada : nakawewin
 

 

Désignation proposée par la Première Nation Muskowekwan

L’ancien pensionnat indien de Muscowequan est situé sur les terres de réserve de la Première Nation Muskowekwan, dans le territoire visé par le Traité n° 4 (le sud-est de la Saskatchewan). La demande de désignation du bâtiment a été soumise par la Première Nation Muskowekwan. Parcs Canada et la Première Nation Muskowekwan ont collaboré pour déterminer les valeurs historiques de cet ancien pensionnat puis ont développé conjointement un rapport à l’intention de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada sur l’histoire du pensionnat et les expériences des élèves.

La vérité éclaire notre esprit

Vanessa Wolfe, conseillère de portefeuille de la Première Nation de Muskowekwan et l’Aîné Andrew « Nick » Hunter, survivant du pensionnat indien de Muscowequan parlent de leur lien au pensionnat. Cette vidéo est une collaboration entre la Première Nation de Muskowekwan (en anglais seulement) et Parcs Canada.

Transcription

[TEXTE À L’ÉCRAN]

La présente vidéo traite de sujets susceptibles de provoquer des traumatismes en rappelant des souvenirs d’abus passés. Une ligne d’écoute téléphonique sur les pensionnats autochtones a été mise en place pour offrir un soutien aux anciens élèves des pensionnats et à leurs proches 24 heures sur 24. N’hésitez pas à composer le 1-866-925-4419 pour accéder à des services de soutien affectif ou d’aiguillage en situation de crise.

[Vue aérienne de la route menant vers l’ancien pensionnat indien de Muscowequan, de la musique symphonique joue doucement en arrière-plan.]

[TEXTE À L’ÉCRAN]

Lieu historique national de l’Ancien-Pensionnat-Indien-de-Muscowequan

Territoire visé par le Traité no 4

Sud-Est de la Saskatchewan

Territoire traditionnel des Premières Nations nehiyaw/Cris, Nahkawe/Saulteaux, Dakota, Lakota et Nakota ainsi que de la Nation michif/métisse

(VANESSA WOLFE)

Cet endroit est resté ouvert pendant 111 ans.

[Vanessa Wolfe, conseillère de portefeuille de la Première Nation de Muskowekwan, parle à la caméra.]

Il était financé par le gouvernement fédéral, et son mandat était de tuer l’Indien en moi et mes ancêtres.

[Photo d’archives d’une classe du pensionnat indien de Muscowequan et de religieuses qui se tiennent debout derrière le groupe d’élèves. On entend des enfants en bruit de fond.]

[TEXTE À L’ÉCRAN]

Le pensionnat indien de Muscowequan a ouvert ses portes en 1886.

(VANESSA WOLFE)

Aujourd’hui, je suis assise ici et je me réapproprie ma langue, ma culture et mes liens avec le territoire, mais j’invite aussi à une prise de conscience pour toutes les Nations. Pour créer un espace sacré de guérison.

[Une voiture se dirige vers le pensionnat indien de Muscowequan, Vanessa Wolfe marche sur la route et dans le bâtiment.]

[Andrew « Nick » Hunter, Aîné de la Première Nation de Muskowekwan et survivant du pensionnat indien de Muscowequan, parle à la caméra.]

(ANDREW HUNTER)

J’avais environ sept ou huit ans lorsque je suis allé au pensionnat pour la première fois. Je n’étais pas heureux de quitter la maison,

[Plusieurs images d’archives d’enfants au pensionnat.]

mais je me suis dit que j’avais dû faire quelque chose de mal, et que mes parents me punissaient en m’envoyant ici. Je ne savais pas qu’en réalité ils avaient été forcés de m’envoyer au pensionnat.

[Vue aérienne de l’ancien pensionnat indien de Muscowequan et images du bâtiment au sol. Le volume de la musique de fond augmente.]

(VANESSA WOLFE)

De la route, vous ne verrez qu’une vieille structure abandonnée.

[Vanessa Wolfe parle à la caméra.]

Elle renferme bien des vérités d’élèves qui ont franchi ces portes.

[Photo d’archives du pensionnat indien de Muscowequan.]

Pour moi, le pensionnat représente l’histoire et l’histoire des élèves qui sont passés par là.

[Vanessa Wolfe est dans le pensionnat, puis marche dans un corridor sombre.]

Mes ancêtres qui sont passés par là.

[Deux photos d’archives du pensionnat indien de Muscowequan montrant des garçons et des membres du personnel debout devant le bâtiment principal et une classe de couture réservée aux filles, assises derrière une machine à coudre.]

Heureusement, ils ont survécu à leurs expériences. Sinon, je ne serais pas ici aujourd’hui.

[Andrew Hunter parle à la caméra.]

(ANDREW HUNTER)

Toute ma famille est allée à l’école dans des pensionnats de ce genre. Ma mère, mon grand-père et ses parents aussi probablement.

[Vue aérienne de l’ancien pensionnat indien de Muscowequan.]

[Plusieurs photos d’archives de la vie au pensionnat.]

Souvent, les prêtres et les sœurs nous tapaient dessus ou se servaient d’une sangle. Ils nous fouettaient brutalement si on parlait notre langue ou si on faisait toutes sortes de choses qu'on faisait normalement à la maison. C’était des aspects de notre culture pour nous. Vous savez, ça a brisé un mode de vie associé aux traités.

[Scènes à l’intérieur du pensionnat.]

[Andrew Hunter parle à la caméra.]

Ça a touché énormément de personnes, et beaucoup se sont tournés vers l’alcool et les drogues. La communauté en souffre depuis de nombreuses années.

[À l’intérieur du pensionnat, on voit un corridor, une cage d’escalier ainsi qu’une porte de sortie d’urgence rouge dont la fenêtre est brisée et sur laquelle est affiché un panneau d’avertissement jaune vif.]

Même encore aujourd’hui, il m’arrive encore de pleurer parfois lorsque je pense à ces choses-là. Vous savez, la façon dont les enfants ont été traités, je ne voudrais pas que ça se reproduise.

[Une robe rouge sur un cintre est accrochée à un arbre à l’extérieur de l’entrée principale du pensionnat.]

[TEXTE À L’ÉCRAN]

Après la fermeture du pensionnat en 1997, des Aînés, des survivants et des membres de la communauté ont voté contre la démolition du bâtiment.

(VANESSA WOLFE)

Il y a eu un grand rassemblement, et plus de 300 membres de la communauté ont voté pour ne pas que le pensionnat soit démoli.

[Séquences vidéo et photos d’activités de réconciliation liées au pensionnat qui ont eu lieu devant le bâtiment principal du pensionnat.]

À ma connaissance, on tenait à rappeler au monde, au Canada et aux autres Nations notre histoire et ce que nous avons vécu en tant que Nations. Pour moi, le lieu représente des générations de résilience.

[Une musique optimiste et du marimba jouent doucement en arrière-plan.]

[Photo d’archives de garçons jouant au hockey sur glace en hiver.]

Il raconte une histoire.

[Photo d’archives de garçons jouant sur des structures de jeu, en été, dans l’aire de jeu réservée aux garçons.]

(ANDREW HUNTER)

J’aimerais que le pensionnat soit remis en état et qu’on l’utilise comme musée pour que nos enfants puissent comprendre, un jour, les vies que nous avons vécues.

[La musique s’estompe.]

[Vanessa Wolfe marche dans une ancienne salle de classe à l’abandon; on la voit ensuite parler à la caméra.]

[Une musique symphonique optimiste joue en arrière-plan.]

(VANESSA WOLFE)

La vérité. Le but ultime est de faire connaître la vérité.

[Photo d’un homme vêtu d’un kangourou orange examinant des souliers d’enfants placés sur les marches de l’escalier menant à l’entrée principale du pensionnat, suivie d’une photo d’une cérémonie de réconciliation devant le pensionnat.]

Et ce n’est pas ma vérité.

[Vanessa Wolfe apparaît à nouveau et parle à la caméra.]

C’est une multitude de vérités qui existent, mais qui demeurent inconnues.

[Vanessa Wolfe marche dans un corridor dans le bâtiment.]

Laissons le monde entier connaître notre vérité.

[La vidéo revient à Vanessa parlant à la caméra.]

Pas seulement le Canada. Le monde entier.

[Vanessa Wolfe parcourt un corridor sombre vers un corridor éclairé dans le bâtiment.]

L’ancien pensionnat indien de Muscowequan a été désigné lieu historique national en 2021.

[ÉCRAN FOND AU NOIR]

[La musique de fond diminue peu à peu et on entend un portail se fermer.]

[GÉNÉRIQUE DE FIN]

[Le logo de la Première Nation de Muskowekwan apparaît sous le texte.]

Cette vidéo a été réalisée grâce à la collaboration de la Première Nation de Muskowekwan et de Parcs Canada.

Nous sommes profondément reconnaissants de la participation de Vanessa Wolfe, conseillère de portefeuille de la Première Nation de Muskowekwan, et de l’Aîné Andrew « Nick » Hunter, survivant du pensionnat indien de Muscowequan.

Parcs Canada soutient les efforts des survivants et des communautés pour commémorer les pensionnats.

Renseignements : parcs.canada.ca/pensionnat

Sources des photos

Les photos d’archives qui apparaissent dans cette vidéo proviennent des archives des Sœurs Missionnaires Oblates et sont utilisées avec leur permission.

GÉNÉRIQUE DE FIN

LOGO DE PARCS CANADA

MOT-SYMBOLE DU GOUVERNEMENT DU CANADA

L’ancien pensionnat indien de Muscowequan (1889-1997)

Situé dans la Première Nation de Muskowekwan, sur le territoire visé par le Traité no 4 (Lestock, en Saskatchewan), l’ancien pensionnat indien de Muscowequan a été désigné lieu historique national en 2021. Parcs Canada et la Première Nation de Muskowekwan ont collaboré pour définir l’importance historique de cet ancien pensionnat ainsi qu’à la rédaction du rapport sur l’histoire du pensionnat et les expériences des élèves. Parcs Canada et les Survivants ont rédigé conjointement le texte de la plaque commémorative qui a été présenté à la Commission des lieux et des monuments historiques du Canada.

 

Un groupe de personnes vêtues d'orange marchent dans un chemin entouré d'arbres
Le cortège d’enfants s’approche de la Mission, cérémonie de dévoilement des plaques commémoratives de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada (CLMHC) pour le lieu historique national de l’Ancien-Pensionnat-Indien-de-Muscowequan, Saskatchewan, 2025

 

L’ancien pensionnat indien de Muscowequan, connu localement sous le nom de « The Mission », est le seul pensionnat encore debout en Saskatchewan et l’un des rares bâtiments de ce type à subsister au Canada. Après la fermeture du pensionnat en 1997, les Survivants et les membres de la communauté se mobilisent pour sauver le bâtiment principal de la démolition. Conscients de son importance comme endroit ayant été un témoin de l’histoire des pensionnats, ils le transforment pour en faire un lieu de commémoration, de guérison et d’apprentissage culturel ainsi qu’un lieu de mémoire pour tous les Canadiens. Le grand édifice de trois étages est construit en 1930-1931 pour remplacer les bâtiments du pensionnat datant de la fin du XIXe siècle. À l’époque, le site du pensionnat comprend une ferme en activité, des dépendances, des cours de récréation et des patinoires. Au moins 35 sépultures anonymes ont été localisées sur les terrains de l’ancien pensionnat depuis les années 1990.

L’un des derniers pensionnats à fermer au Canada, le pensionnat indien de Muscowequan fait partie du réseau de scolarisation en pensionnat au Canada qui est imposé aux Peuples Autochtones par le gouvernement fédéral afin d’assimiler les enfants autochtones et de les convertir au christianisme en les isolant de leurs familles, de leurs cultures, de leurs langues et de leurs traditions. L’administration de ces pensionnats et la supervision quotidienne sont souvent assurées par diverses organisations religieuses. Jusqu’en 1969, le pensionnat indien de Muscowequan est géré par les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, une congrégation missionnaire catholique, et son personnel était composé des Sœurs de la Charité de Montréal (Sœurs grises) et des Sœurs Missionnaires Oblates du Sacré-Cœur et de Marie Immaculée. En 1981, le pensionnat de Muscowequan passe sous le contrôle administratif du Muskowekwan Education Centre Incorporated.

 

Groupe de personnes debout et assises sur une estrade devant un grand bâtiment
Dominique Foisy-Geoffroy, directeur, Histoire et commémoration à Parcs Canada, présente la reconnaissance des terres lors de la cérémonie de dévoilement des plaques commémoratives pour le lieu historique national de l’Ancien-Pensionnat-Indien-de-Muscowequan, Saskatchewan, 2025.
© Parcs Canada / Shauna Schmidt
Un groupe de personnes debout dévoilent des plaques commémoratives devant un grand édifice
On dévoile les plaques commémoratives pour le lieu historique national de l’Ancien-Pensionnat-Indien-de-Muscowequan, Saskatchewan, 2025
De gauche à droite : Dominique Foisy-Geoffroy, directeur, Histoire et commémoration, Parcs Canada; Elaine Severight, Première Nation de Muskowekwan; aînée Bridget Jimmy, Première Nation de Muskowekwan; aînée Shirley Wolfe-Keller, Première Nation de Muskowekwan
© Parcs Canada / Shauna Schmidt

 

Des enfants des Premières Nations et des enfants métis du territoire visé par le Traité no 4 et d’ailleurs au Canada sont contraints de résider au pensionnat de Muscowequan, où ils vivent une gamme d’épreuves. Certains enfants meurent pendant qu’ils fréquentent le pensionnat. De nombreux élèves subissent des abus physiques et sexuels. Ils sont soumis à une discipline sévère et à divers châtiments. Les élèves effectuent des travaux pénibles, leur alimentation est inadéquate et leurs conditions de vie sont mauvaises. Le personnel sépare souvent les enfants d’une même famille qui fréquentent le pensionnat. La langue traditionnelle et la culture des élèves sont réprimées, et les enfants sont isolés de leur communauté. Dans la douleur et les pleurs, ils s’encouragent, nouent des amitiés et résistent. De nombreux enfants s’enfuient du pensionnat, et certains y sont ramenés de force. Devant les menaces d’amende ou d’emprisonnement de la part des représentants du gouvernement, des familles autochtones se livrent à des actes de résistance, en refusant par exemple d’envoyer leurs enfants au pensionnat, en les en retirant sans autorisation et en écrivant des lettres au gouvernement pour protester contre les mauvais traitements dont sont victimes leurs enfants. Les séquelles durables des expériences vécues dans les pensionnats ont encore aujourd’hui des répercussions importantes sur les anciens élèves, leur famille et leur communauté.

« Notre parcours, que nous n’avons pas choisi, a été marqué par la violence, la maladie et les traumatismes générationnels causés par les séquelles des pensionnats autochtones. La Première Nation de Muskowekwan a choisi de ne pas détruire son pensionnat pour que, selon les mots mêmes d’anciens élèves, le monde n’oublie jamais que ces pensionnats ont existé et ce qui s’est passé lorsque les enfants ont franchi leurs portes… certains n’en sont jamais revenus. Cette commémoration au moyen de plaques rend hommage à ces enfants avec toute la dignité et tout le respect qu’ils auraient mérités le jour où ils ont franchi les portes du pensionnat de Muscowequan. N’oubliez jamais nos enfants – taapwaywin (vérité) et manacitiwin (respect). »

Cheffe Cynthia Desjarlais
Première Nation de Muskowekwan

 

Un groupe de personnes, debout et assises sur une estrade devant un grand bâtiment qui dévoile des plaques commémoratives
Le groupe officiel devant les plaques commémoratives multilingues de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada pour le lieu historique national de l’Ancien-Pensionnat-Indien-de-Muscowequan, Saskatchewan, 2025.
De gauche à droite : Sarah Jerome, représentante de la CLMHC pour les Territoires du Nord-Ouest; Debbie Pambrun, Première Nation de Muskowekwan; Aînée Shirley Wolfe-Keller, Première Nation de Muskowekwan; Dominique Foisy-Geoffroy, directeur, Histoire et commémoration, Parcs Canada; Andrea Desjarlais, Première Nation de Muskowekwan; Aînée Bridget Jimmy, Première Nation de Muskowekwan; Aîné Senator William Strongarm, Première Nation de Muskowekwan; Cheryle Crowe, Première Nation de Muskowekwan; Aînée Joan Manitopyes, Première Nation de Muskowekwan; Chef Cynthia Desjarlais, Première Nation de Muskowekwan; Elaine Severight, Première Nation de Muskowekwan
© Parcs Canada / Shauna Schmidt

 

La présente fiche d’information a été rédigée au moment du dévoilement de plaque en 2025.

Description du lieu patrimonial

Le lieu historique national du Canada de l’Ancien- Pensionnat-Indien-de-Muscowequan est situé sur les terres de réserve de la Première Nation Muskowekwan, dans le territoire visé par le Traité no 4 (le Sud-Est de la Saskatchewan). Il se dresse dans une prairie dégagée, à courte distance du Bureau du conseil de la Première Nation Muskowekwan et des établissements principaux de la Première Nation, à proximité du petit village de Lestock. Le bâtiment en brique de trois étages se dresse sur un large terrain, au bout d’une allée bordée d’arbres à proximité de la route 15. Dans les environs immédiats du bâtiment, on trouve des arbres matures, des buissons, des espaces gazonnés et des routes d’accès et, à proximité, plusieurs modestes bâtiments et un petit quartier résidentiel. Des tombes anonymes ont été mises à jour sur le site, derrière le pensionnat, et la zone a depuis été déclarée un cimetière. La reconnaissance officielle s’applique au bâtiment et aux terrains environnants de l’ancien pensionnat indien de Muscowequan.

Valeur patrimoniale

L’ancien pensionnat indien de Muscowequan a été désigné lieu historique national du Canada en 2021. Il a été reconnu pour les raisons suivantes :

  • construit en 1930-1931 pour remplacer les bâtiments du pensionnat datant de la fin du XIXe siècle, et ouvert jusqu’en 1997, cet ancien pensionnat fait partie du réseau de scolarisation en pensionnat au Canada. Ce système est imposé aux peuples autochtones par le gouvernement fédéral et les Églises chrétiennes qui ont travaillé ensemble dans une tentative délibérée d’assimiler les enfants autochtones et de les convertir au christianisme en les isolant de leur famille, de leur culture, de leur langue et de leurs traditions. Jusqu’en 1969, ce pensionnat est géré par les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, une congrégation missionnaire catholique, et est exploité par les Sœurs de la Charité de Montréal (Sœurs Grises) et les Sœurs Missionnaires Oblates du Sacré-Cœur et de Marie Immaculée. Dans les années 1980, il passe sous le contrôle administratif d’une organisation locale de Premières Nations et est l’un des derniers pensionnats à fermer ses portes au Canada;
  • pendant plus d’un siècle, des enfants de plusieurs Premières Nations et d’autres communautés autochtones du territoire du Traité n° 4, de toute la Saskatchewan et d’ailleurs au Canada fréquentent ce pensionnat. Leurs années au pensionnat sont marquées par une discipline sévère, des punitions et des abus, des travaux pénibles, une alimentation inadéquate, de mauvaises conditions de vie, la séparation de leurs frères et de leurs sœurs ainsi que de leurs cousins fréquentant le pensionnat, la tentative de suppression de leur langue et de leur culture ainsi que l’isolement de leur famille et de leur communauté. De nombreux enfants se sont enfuis, dont certains ont été ramenés de force. Certains enfants sont morts pendant qu’ils fréquentaient le pensionnat. Devant les menaces d’amende ou d’emprisonnement proférées par les représentants du gouvernement, des familles autochtones se livrent à des actes de résistance, en refusant par exemple d’envoyer leurs enfants au pensionnat, en les retirant du pensionnat sans autorisation et en écrivant des lettres au gouvernement pour protester contre les mauvais traitements de leurs enfants. Les séquelles durables des expériences vécues dans les pensionnats ont encore aujourd’hui des répercussions importantes sur les anciens élèves, leur famille et leur communauté;
  • cet édifice monumental de trois étages en briques se dresse au bout d’une longue allée bordée d’arbres au milieu de la prairie ouverte. Il a autrefois fait partie du grand domaine d’un pensionnat comprenant une ferme en activité, des dépendances, des cours de récréation, des patinoires et un cimetière anonyme. Construit dans le style classique moderne et conçu par R. G. Orr, architecte en chef du ministère des Affaires indiennes, sa grande taille, son entrée principale imposante et son apparence institutionnelle ont créé des sentiments d’isolement et d’intimidation chez les enfants qui le fréquentent. Il est le seul pensionnat encore debout en Saskatchewan et l’un des rares bâtiments de ce type qui subsistent au Canada;
  • situé sur les terres de la Première Nation Muskowekwan, ce bâtiment a été sauvé de la démolition par les survivants du pensionnat de Muscowequan et les membres de la communauté qui considèrent le pensionnat comme un témoin important de l’histoire des pensionnats indiens et souhaitent réaménager le site pour en faire un lieu de commémoration, de guérison et d’apprentissage culturel ainsi qu’un lieu de mémoire pour tous les Canadiens.

Source : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, procès-verbal, décembre 2020.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

Obtenir plus d'informations sur la façon de participer à ce processus

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