Le Feu de forêt de Jasper 2024 : Foire aux questions (FAQ) sur l’incident, l’intervention et le rétablissement
Parc national Jasper
Vous pouvez obtenir des informations précises sur le Feu de forêt de Jasper 2024 auprès de Parcs Canada et de la Municipalité de Jasper, dont les intervenants d’urgence locaux ont été présents tout au long de l’incendie et qui dirigent désormais le rétablissement de la communauté et du parc national. La désinformation peut nuire aux personnes affectées par le Feu de forêt de Jasper 2024 et détourner les efforts d’intervention et de rétablissement.
Vous pouvez aider Jasper à se rétablir en :
- consultant des sources d'information officielles et crédibles
- partageant exclusivement des informations issues de sources officielles
- décourageant la diffusion d'informations non vérifiées ou trompeuses
Contribuez à la réussite du rétablissement du parc et de la communauté : informez-vous et évitez de propager des informations erronées.
1. Qu’est-ce qui a causé l’incendie de forêt?
Le premier feu de forêt au nord-est de la ville de Jasper, près de la station de transfert, a été rapporté dans la soirée du lundi 22 juillet 2024. L’incendie de forêt au nord-est de la communauté fait toujours l’objet d’une investigation.
Peu après que ce dernier ait été déclenché, trois autres incendies, provoqués par la foudre, ont été signalés à environ 22 km au sud de la ville, se fusionnant rapidement en un seul incendie.
À 20 h ce soir-là, une alerte d’évacuation a été émise, suivie d’un ordre d’évacuation à 22 h pour le parc national Jasper, y compris la ville de Jasper. En moins de 48 heures, le feu atteignait la ville.
Pour plus d’informations, visitez la page Web dédiée à la chronologie des événements liés au Feu de forêt de Jasper.
2. Pourquoi une évacuation a-t-elle été nécessaire et comment a-t-elle été gérée?
L’incendie de forêt au nord-est a débuté à environ seulement 5 kilomètres du lotissement urbain de Jasper, tandis que les trois feux de forêt au sud ont rapidement fusionné pour former un incendie plus vaste, se propageant trop vite pour être maîtrisés. L’évacuation a été ordonnée pour assurer la sécurité des résident·es et des visiteur·ses face à la progression rapide des deux incendies dans des conditions extrêmes.
Parcs Canada, en collaboration avec la Municipalité de Jasper, a géré l’évacuation avec efficacité en priorisant la sécurité publique, en sécurisant la ville et en procédant à la fermeture du parc national Jasper. Plus de 20 000 personnes ont été évacuées de la ville, des campings, des zones en arrière-pays et d’autres installations. Les actions rapides du personnel de Parcs Canada, de la Municipalité, de la GRC et des autres premiers intervenants ont été cruciales pour éviter les blessures et les pertes humaines dans les zones proches des lieux où les nouveaux incendies ont été détectés.
3. Pourquoi le Feu de forêt de Jasper 2024 n’a-t-il pas été éteint immédiatement après son déclenchement?
Le Feu de forêt de Jasper 2024 a débuté le soir du 22 juillet, lorsque plusieurs incendies ont été allumés par la foudre. Les équipes de lutte contre les feux de forêt de Parcs Canada ont réagi immédiatement, utilisant des hélicoptères pour larguer de l’eau en complément des efforts de suppression au sol. Cependant, la rapidité et l’intensité de l’incendie ont rendu toute suppression directe impossible.
La taille des incendies a rapidement augmenté, alimentée par des conditions météorologiques extrêmes (comme des vents de 45 km/h) et une végétation exceptionnellement sèche. L’indice de danger d’incendie du parc national Jasper était déjà à un niveau « extrême » depuis 12 jours, et plusieurs incendies avaient été combattus la semaine précédente. Peu après leur déclenchement, ces incendies ont couvert plusieurs centaines d’hectares chacun. Les flammes atteignaient des hauteurs de 30 à 50 mètres, tandis que des feux disséminés se formaient jusqu’à 500 mètres devant l’incendie principal.
Après l’échec des efforts initiaux de maîtrise des incendies, l’évacuation des personnes des zones à haut risque est devenue la priorité, incluant l’auberge HI en milieu sauvage Athabasca Falls, le camping Wabasso, le secteur de la carrière Kerkeslin, les terrains de camping Snaring et auxiliaire, le Centre des Palissades, ainsi que les autoroutes. L’accent a ensuite été mis sur la protection de la ville de Jasper et des infrastructures essentielles.
Les équipes ont employé des méthodes Footnote *indirectes, comme des systèmes de gicleurs, et ont utilisé des techniques d’allumage contrôlé pour limiter l’intensité et la propagation des incendies à proximité du lotissement urbain. Ces tactiques de suppression précises ont été choisies en raison de l’intensité extrême des incendies entre le 22 et le 24 juillet, rendant les méthodes d’attaque directe impraticables et dangereuses pour les pompiers et pompières spécialisés dans la lutte contre les feux de végétation. L’intensité observée du front de l’incendie était si sévère que toute eau ou tout produit ignifugeant appliqué s’évaporait avant de pouvoir avoir un effet de suppression. L’utilisation de méthodes indirectes était alors nécessaire.
Les largages aériens de produits ignifugeants visaient initialement à supprimer la propagation latérale du feu, mais les conditions sont rapidement devenues trop venteuses et turbulentes pour permettre des opérations aériennes sûres. En conséquence, des hélicoptères ont été utilisés pour poursuivre les efforts de largage d’eau, en se concentrant particulièrement sur le contrôle de la propagation du feu à proximité de la communauté. Cela a été crucial pour empêcher l’incendie du nord de se propager sur la Terrasse Pyramid et de progresser vers la communauté.
Ces efforts aériens ont réussi à ralentir la propagation du feu jusqu’à l’arrivée de la pluie, tard dans la soirée du 24 juillet et qui s’est poursuivie jusqu’aux premières heures du 25 juillet. De plus, des opérations d’allumage ont été utilisées de manière stratégique pour empêcher la propagation directe de l’incendie du sud vers la communauté, en provoquant l’ascension du feu sur les monts Whistlers et Signal. À mesure que le feu était redirigé vers ces montagnes et au sud de l’hôtel Jasper Park Lodge, les courants d’air causés par le front de l’incendie ont créé un fort tirant d’air qui a dévié l’incendie vers le nord-est, loin de Jasper. Cette redirection a été cruciale pour empêcher la chute de nouvelles braises sur les secteurs est et nord de la communauté, offrant ainsi une protection efficace contre d’autres dommages.
Footnotes
- Footnote 1
-
* Attaque directe : Méthode employée lorsque des lignes de suppression peuvent être établies à proximité de l’incendie. Une attaque directe est menée sur les incendies de faible intensité qui présentent un risque minimal pour la sécurité des pompier·ères.
Attaque indirecte : Méthode employée lorsqu’un incendie présente une intensité modérée à élevée; il devient dangereux pour les équipes de travailler à proximité du feu. Les équipes s’efforcent d’établir des lignes de suppression plus loin de l’incendie, à des centaines ou des milliers de mètres de la bordure du feu, dans le but de confiner l’incendie.
4. Quelle a été l’efficacité des opérations d’allumage pendant l’incendie?
Les opérations d’allumage ont été une tactique clé et ont joué un rôle crucial dans l’atténuation des impacts du Feu de forêt de Jasper 2024 sur la ville et les infrastructures essentielles.
Les opérations d’allumage ont été utilisées de concert avec des éléments naturels et artificiels, tels que des ruptures paysagères et des types de végétation ciblés, afin de réduire le combustible sur la trajectoire de l’incendie et d’en ralentir la propagation. Parcs Canada a réalisé plusieurs opérations d’allumage, notamment dans des zones stratégiques au sud de la communauté, sur le mont Whistlers et les pentes du mont Signal. Ces efforts ont interrompu la progression de l’incendie vers le nord, du côté ouest de la vallée, et l’ont redirigé vers le nord-est, éloigné de la communauté et en direction du mont Signal. Les opérations d’allumage stratégiques ont constitué l’outil le plus efficace pour modifier la trajectoire de l’incendie et en réduire l’intensité.
Afin de protéger la ville, une opération d’allumage a été tentée pour orienter l’incendie vers des barrières naturelles majeures de confinement, telles que la rivière Athabasca et la route 16. Cependant, des vents extrêmes, parfois supérieurs à 100 km/h, ont créé des conditions de vol dangereuses pour les équipes d’allumage aérien, et la mauvaise visibilité a entraîné l’arrêt de l’opération. Malgré ces difficultés, cette opération a permis de réduire l’intensité du feu sur le mont Whistlers et de rediriger l’incendie, du côté est de la rivière Athabasca vers le mont Signal, loin de la communauté.
5. Pourquoi les équipes de lutte contre les incendies se sont-elles concentrées sur la protection des infrastructures au lieu d’arrêter le feu de forêt?
L’objectif principal lors du Feu de forêt de Jasper 2024 était de protéger les vies humaines et les infrastructures essentielles. Cette priorité incluait la ville de Jasper ainsi que des installations essentielles comme la station d’épuration des eaux usées, l’hôpital, les écoles, le complexe des opérations de Parcs Canada, ainsi que les infrastructures de transport et de services publics.
L’ampleur et l’intensité de l’incendie, combinées à une sécheresse extrême et à des vents soutenus de 45 km/h, ont entraîné un comportement de feu qui a dépassé les capacités de suppression directe. Face à cette situation, les pompier·ères spécialisé·es dans la lutte contre les feux de végétation ont choisi de contenir stratégiquement le feu en priorité pour protéger les infrastructures essentielles et limiter l’impact de l’incendie dans les zones présentant la plus grande menace pour les personnes et les biens. Dans les zones moins densément peuplées ou plus isolées du parc, l’incendie a été contrôlé à l’intérieur de limites définies, ce qui a permis de concentrer les ressources sur la protection de la ville de Jasper et ses services essentiels.
Cette approche était cruciale, car les infrastructures essentielles permettent à une communauté de fonctionner et de soutenir le quotidien de ses habitant·es. Par exemple, la station d’épuration des eaux de Jasper est indispensable pour le traitement des eaux usées et des eaux grises. Cette installation, dont la construction a duré près de trois ans, était indispensable. Sans elle, la communauté n’aurait pas pu continuer à vivre normalement, et tout retard dans son fonctionnement aurait gravement entravé le rétablissement de Jasper. De même, d’autres services essentiels tels que l’approvisionnement en énergie, la police, la lutte contre les incendies, l’hôpital, les écoles, les commerces alimentaires, les stations-service, les services de télécommunication et les systèmes de transport devaient être opérationnels pour permettre aux résident·es de se réinstaller et de poursuivre leur vie dans la communauté.
En mettant l’accent sur la protection de ces éléments essentiels, la stratégie d’intervention a permis à la communauté de reprendre rapidement ses activités après l’incendie, facilitant ainsi le rétablissement et réduisant les perturbations à long terme.
6. À quelle vitesse les ressources ont-elles été mobilisées pour lutter contre l’incendie? Aviez-vous suffisamment de personnel et d’équipement pour protéger la ville?
Dès le commencement du Feu de forêt de Jasper 2024, des ressources ont été déployées de manière rapide et efficace pour protéger la ville et ses environs. Dans l’heure suivant son déclenchement, 25 pompiers et pompières locaux de Parcs Canada et de la Municipalité de Jasper, soutenus par 4 hélicoptères et 8 autopompes, ont lancé les premiers efforts de suppression.
Grâce à un accord d’entraide existant, les équipes de lutte contre les incendies d’Alberta Wildfire ont commencé à arriver dès la nuit où l’incendie a débuté. Dans les deux jours qui ont suivi l’alerte d’évacuation, des renforts ont été envoyés, notamment :
- 30 pompier·ères supplémentaires
- 2 hélicoptères
- Machinerie lourde
- Équipement pour la protection des bâtiments
- Une équipe nationale de gestion des incidents de Parcs Canada
Moins de 24 heures après le début des incendies, plus de 250 personnes étaient activement mobilisées pour lutter contre les flammes.
L’intervention a été coordonnée sous un commandement unifié entre Parcs Canada et la Municipalité de Jasper. Au plus fort des efforts de lutte contre l’incendie, environ 850 personnes, provenant d’agences de gestion des incendies de forêt, des services d’incendie et d’autres organismes de premiers intervenants de tout le Canada, étaient sur le terrain, soutenues par des hélicoptères, des avions-citernes et des équipements spécialisés. Cette mobilisation à grande échelle a été essentielle pour ralentir la progression de l’incendie et protéger la majorité des infrastructures de Jasper.
Pour connaître la chronologie détaillée du déploiement des ressources et des opérations, consultez la page officielle dédiée à la chronologie des événements.
7. Combien de ressources de lutte contre les incendies étaient présentes à Jasper lorsque le Feu de forêt de Jasper 2024 a commencé?
Lors du déclenchement des incendies le 22 juillet 2024, le parc national Jasper disposait déjà d’une équipe locale de gestion des incidents (EGI) opérationnelle, appuyée par trois équipes de pompier·ères de type 1 et deux équipes de type 2 affectées au parc. Ces équipes géraient déjà d’autres incendies de forêt dans le parc, notamment les feux du sommet Needle et Utopia. Elles accomplissaient des opérations d’attaque initiale tout en menant des patrouilles de surveillance pour détecter rapidement les nouveaux feux.
Les ressources locales disponibles au début de l’incendie :
- Équipe de gestion des incidents (EGI) :
L’EGI de Jasper suivait la structure du Système de commandement des interventions, avec des rôles tels que : - Chef des interventions
- Agent·e d’information sur les incendies
- Agent·e de sécurité
- Chef du secteur des opérations
- Chef du secteur de la planification
- Chef de groupe
- Chef du secteur de la logistique, avec un soutien logistique supplémentaire fourni par le personnel du complexe des opérations de Parcs Canada.
- Équipes de lutte contre les incendies :
- Équipes de type I : Équipes spécialisées chargées de diriger les opérations de suppression des incendies directement en bordure d’un feu.
- Équipes de type II : Équipes de soutien responsables de la création d’une zone coupe-feu, du déploiement de matériel et de la gestion des lignes de confinement.
- Équipement et ressources :
- Trois hélicoptères de transport intermédiaire utilisés pour les largages d’eau initiaux, l’observation de l’activité des incendies et la coordination des ressources.
- Citernes d’eau et pompes mobilisées pour les opérations au sol.
- Outils manuels employés pour créer des allées coupe-feu et gérer les zones de discontinuité du combustible.
- Équipement pour la protection des bâtiments, comme des systèmes d’arrosage prépositionnés autour des zones sensibles.
Des patrouilles terrestres se poursuivaient sans relâche, avec des équipes surveillant les zones à haut risque pour détecter toute fumée et prévenir les feux illégaux, conformément à l’interdiction de faire des feux instaurée le 12 juillet 2024 en raison des conditions extrêmes.
Personnel et renforts :
Environ 50 à 60 membres du personnel étaient immédiatement mobilisés à Jasper pour assurer l’intervention initiale. Alors que l’incendie s’intensifiait rapidement sous l’effet des vents violents et de la végétation sèche, des ressources supplémentaires ont été mobilisées. En l’espace de quelques heures, les premiers renforts sont arrivés, et en quelques jours, des centaines de pompier·ères ainsi que des équipements spécialisés venus de partout au Canada ont été déployés pour appuyer les efforts locaux.
Cette mobilisation initiale a permis aux pompier·ères sur place d’agir rapidement. Cependant, les conditions extrêmes du premier jour ont dépassé les capacités des ressources locales, rendant les renforts essentiels pour maîtriser la situation.
8. Quelles ressources de lutte contre les incendies sont venues prêter main-forte à Jasper, et à quel moment?
Devant l’aggravation de la menace d’incendie, une réponse coordonnée regroupant plusieurs agences et ressources a été déployée dans le cadre du Système de commandement des interventions. Les ressources ont été déployées par étapes en fonction de la progression de l’incendie, des conditions météorologiques et des menaces immédiates pour la vie humaine et les infrastructures. Voici un résumé des principales ressources utilisées et de la chronologie de leur déploiement :
Intervention locale initiale (22 juillet 2024) :
- Les pompiers et pompières spécialisés dans la lutte contre les feux de végétation de Parcs Canada sont intervenus en premier, déployant des ressources terrestres et des hélicoptères pour lutter contre les incendies détectés près de la station de transfert de Jasper et des zones environnantes.
- Deux équipes de type 1 et deux équipes de type 2, stationnées dans le parc, ont entamé des patrouilles et des efforts de suppression.
- Des équipes d’Alberta Wildfire, basées à Edson, sont arrivées en soirée le 22 juillet pour aider à combattre le feu de forêt au nord.
- Des avions-citernes ont été demandés le 22 juillet, mais leur intervention a été retardée jusqu’au 23 juillet en raison de vents violents et de l’intensité de l’incendie. Les premiers largages de produits ignifugeants ont eu un impact limité en raison de la force de l’incendie. Le 24 juillet, des conditions de vol dangereuses ont de nouveau cloué les avions-citernes au sol.
Équipes de lutte contre les incendies et soutien terrestre (23 juillet 2024)
- Les renforts demandés le 22 juillet 2024 ont commencé à arriver. Ils comprenaient des centaines de pompiers et pompières spécialisés dans la lutte contre les feux de végétation de Parcs Canada, d’Alberta Wildfire, de l’Ontario et d’autres agences à travers le Canada.
- Des équipes de protection des structures ont installé des systèmes d’arrosage à haut débit, comme des lignes de gicleurs 12 pouces, autour de la ville et des infrastructures essentielles. Des entrepreneurs ont été mobilisés pour protéger les installations et les habitations.
Soutien aérien et hélicoptères (du 23 au 24 juillet 2024)
- Des hélicoptères ont été mobilisés pour larguer de l’eau à l’aide de réservoirs héliportés et évacuer des campeurs situés dans des zones isolées.
- Un hélicoptère Blackhawk de transport lourd, fourni par Alberta Wildfire, est arrivé pour transporter des équipements lourds et effectuer des largages d’eau, et a soutenu les opérations pendant trois semaines.
Équipement terrestre spécialisé (du 23 au 24 juillet 2024)
- Des bulldozers et d’autres machines lourdes ont été utilisés pour créer des zones coupe-feu. Ces opérations ont été interrompues lorsque le comportement de l’incendie a rendu les conditions dangereuses. Elles ont repris plusieurs heures plus tard, lorsque les conditions sont redevenues sécuritaires.
- Des spécialistes de la protection des bâtiments ont installé davantage de systèmes d’arrosage à grand débit et effectué des allumages tactiques contrôlés pour éliminer le combustible devant l’incendie.
Pompier·ères et ressources de partout au Canada (à partir du 24 juillet 2024) :
- Dès le 24 juillet, des centaines de pompiers et pompières supplémentaires spécialisés dans la lutte contre les feux de végétation et les incendies de bâtiments sont arrivés de partout au Canada pour se concentrer sur la protection du lotissement urbain de Jasper, des infrastructures essentielles et des zones évacuées, comme le camping Wabasso et le camping de groupe Whirlpool.
- Des ressources aériennes supplémentaires, comprenant des hélicoptères plus petits pour des largages d’eau précis et des technologies infrarouges permettant de détecter les points chauds, ont été utilisées dans des zones inaccessibles.
Commandement unifié et soutien continu (du 23 juillet à août 2024) :
- Une équipe nationale de gestion des incidents de Parcs Canada est arrivée dans la soirée du 23 juillet et a rejoint l’équipe du commandement unifié le 24 juillet. Canada Task Force 2 a apporté son soutien à la Municipalité de Jasper à partir du matin du 25 juillet.
- Des centaines de membres du personnel se sont relayés sur des rotations de deux semaines pour gérer l’incendie.
- À mesure que les conditions se stabilisaient, certaines ressources devenues non nécessaires ont été démobilisées. Des hélicoptères, des équipes au sol et des pompier·ères sont restés pour patrouiller et éteindre les points chauds, en mettant l’accent sur des zones comme la vallée de la Maligne, le bassin versant de la rivière Whirlpool et le sentier Overlander.
Ces ressources ont joué un rôle crucial dans la protection du lotissement urbain de Jasper contre les menaces immédiates des incendies et dans le soutien des efforts de rétablissement, garantissant la sécurité des résident·es et la préservation des infrastructures clés.
9. Pourquoi a-t-on décidé de démolir certaines structures plutôt que d’autres?
Lorsqu’un incendie de forêt atteint une communauté, il peut se propager rapidement d’une structure à l’autre par des projections, des braises et la chaleur rayonnante. Si l’eau ou d’autres méthodes de suppression ne suffisent pas à empêcher la chaleur rayonnante de se propager entre les bâtiments, les équipes de lutte contre les incendies peuvent être amenées à créer des zones coupe-feu à l’aide de machinerie lourde.
Dans une communauté, cela peut signifier la démolition de certaines structures pour ralentir la progression de l’incendie et offrir aux pompier·ères des positions sécuritaires et efficaces pour reprendre le contrôle.
La décision de démanteler ou de démolir des bâtiments pendant l’incendie n’a pas été prise à la légère. Des spécialistes en milieu périurbain et des chefs des services d’incendie municipaux ont travaillé sans relâche pour empêcher que des blocs entiers de maisons et de bâtiments ne soient ravagés par la propagation de l’incendie. Dans les situations où la suppression par l’eau s’est révélée inefficace, ces professionnels expérimentés ont eu recours à la dernière stratégie possible pour empêcher l’incendie d’atteindre les structures encore intactes. Une fois les vents apaisés et la pluie tombée sur la ville de Jasper, les pompier·ères ont réussi à éteindre les incendies restants avec de l’eau. Ces actions cruciales ont été orientées par des priorités claires : sauver des vies, protéger la communauté dans la mesure du possible et contenir l’incendie.
Les décisions ont été basées sur :
- la sécurité des pompier·ères dans des conditions dangereuses et en constante évolution;
- des évaluations en temps réel du comportement de l’incendie;
- la nécessité stratégique de créer des zones coupe-feu pour empêcher l’incendie de progresser davantage dans les zones peuplées.
Ces décisions n’ont pas été motivées par une préférence pour une propriété plutôt qu’une autre. Elles étaient dictées par la nécessité de protéger l’ensemble de la communauté et de répondre aux dangers immédiats posés par l’incendie. Certaines structures ont été démolies après avoir déjà pris feu. Cette tactique a permis de contenir l’incendie à la structure touchée et d’empêcher qu’il ne se propage aux bâtiments voisins. Dans chaque situation, l’objectif principal était de minimiser les pertes et de sauvegarder les bâtiments autant que possible, malgré la rapidité et l’intensité de l’incendie.
10. Pourquoi les pompiers et pompières n’ont-ils pas utilisé d’avions-citernes le premier jour après les évacuations?
Des hélicoptères ont commencé les opérations de largage d’eau sur l’incendie au nord dès qu’il a été signalé, en se concentrant sur la protection des infrastructures essentielles.
Un soutien par avions-citernes a été demandé immédiatement le 22 juillet 2024, mais plusieurs facteurs ont empêché leur utilisation ce jour-là :
- de nombreux appareils dans la région étaient déjà affectés à d’autres incendies menaçant des communautés voisines;
- les conditions de vol dangereuses, incluant des vents violents et une mauvaise visibilité causée par la fumée, rendaient les opérations aériennes trop risquées;
- la propagation rapide et l’intensité extrême de l’incendie ont créé des conditions où les largages de produits ignifugeants auraient eu un impact minimal, même s’ils avaient été effectués.
De plus, des avions-citernes de la Colombie-Britannique avaient été demandés, mais ils n’ont pas pu voler en raison des orages bloquant les couloirs de montagnes, et d’autres étaient déjà mobilisés pour combattre des incendies dans la province. Les avions-citernes peuvent être très efficaces sur des incendies de petite taille, mais leur efficacité diminue à mesure que les incendies prennent de l’ampleur. Ils ont finalement été utilisés sur le côté ouest de l’incendie au sud de la ville le 23 juillet, dans le but de ralentir sa progression. Cependant, les courants ascendants intenses dans la zone ont créé des conditions de vol difficiles. Un officier d’attaque aérienne a décrit ces conditions comme les plus dangereuses et instables qu’il ait jamais rencontrées. La visibilité constamment réduite et les courants d’air imprévisibles rendaient les vols à proximité des montagnes et du relief inacceptablement risqués, ce qui a conduit à l’arrêt des opérations des avions-citernes pour des raisons de sécurité.
Au sol, les pompiers et pompières spécialisés dans la lutte contre les feux de végétation et les incendies de bâtiments donné la priorité à la protection des vies humaines, en déployant des ressources pour faciliter l’évacuation en toute sécurité des résident·es et des visiteur·ses. Des évacuations stratégiques ont été lancées avant l’ordre général d’évacuation, notamment à l’auberge HI Athabasca Falls, aux campings Wabasso, Snaring et auxiliaire, au Centre des Palissades, dans le secteur de la carrière Kerkeslin, ainsi que dans plusieurs campings à auto-inscription le long de la route 93. Les interventions rapides des pompier·ères, de la GRC, des préposés aux terrains de camping de Parcs Canada et des équipes d’entretien des sentiers ont été déterminantes pour sauver des vies dans la nuit du 22 juillet.
Dès le 23 juillet, les conditions de vol s’étaient légèrement améliorées, permettant aux avions-citernes de commencer les largages de produits ignifugeants. Cependant, la puissance de l’incendie et les vents dominants continuaient de limiter l’efficacité de ces interventions.
Les décisions stratégiques concernant le moment et la manière de déployer les ressources aériennes ont été prises par les chefs d’intervention et les officier·ères spécialisé·es en attaque aérienne, en se basant sur des évaluations en temps réel visant à garantir la sécurité des pompier·ères et du public.
11. Pourquoi les bombardiers d’eau n’ont-ils pas été utilisés?
Les bombardiers d’eau ont besoin de sources d’eau profondes et vastes, telles que des lacs ou des rivières, pour prélever l’eau destinée à l’arrosage. Ils ont également besoin de terrains sûrs et de conditions de vol favorables pour être efficaces. À Jasper, la combinaison de conditions de vol dangereuses le 22 juillet 2024 et de l’absence de plans d’eau appropriés à proximité a empêché l’utilisation des bombardiers d’eau pendant l’intervention de lutte contre l’incendie.
Les bombardiers d’eau sont les plus efficaces lorsqu’ils peuvent rapidement alterner entre le remplissage de leurs réservoirs et les largages d’eau sur le feu, ce qui leur permet de limiter efficacement la propagation de l’incendie. Dans ce cas, ce sont des hélicoptères qui ont été déployés à la place. Bien qu’ils transportent moins d’eau, les hélicoptères sont plus polyvalents et peuvent puiser dans des sources d’eau plus petites et plus variées, ce qui les rend mieux adaptés au terrain et aux conditions de Jasper.
Le 23 juillet, des aéronefs à voilure fixe ont été utilisés pour effectuer des largages de produits ignifugeants. Ces avions-citernes, après s’être chargés de produits ignifugeants à un aéroport, ont largué le liquide de manière stratégique pour créer des lignes de suppression du feu. Cependant, l’intensité de l’incendie et les conditions extrêmes du 23 juillet ont limité l’efficacité de ces largages.
Des largages supplémentaires de produits ignifugeants ont été demandés le 24 juillet, mais les conditions de vol dangereuses ont à nouveau empêché l’utilisation des avions à voilure fixe (avions-citernes).
12. Des lignes de gicleurs ont-elles été installées autour des maisons en rangée dans le quartier de Stone Mountain Village en plus grand nombre que dans d’autres secteurs comme Cabin Creek?
Ce n’est pas le cas. La densité des lignes de gicleurs dans le quartier de Stone Mountain Village était la même que celle du périmètre des lignes de gicleurs autour des propriétés de la zone de Cabin Creek.
13. Les entreprises privées ont-elles été priorisées pour la protection par rapport aux résidences?
Les entreprises privées n’ont pas été priorisées par rapport aux maisons résidentielles. Dans le cadre du commandement unifié, Parcs Canada et la Municipalité de Jasper ont adopté une approche d’intervention structurée pour combattre l’incendie, priorisant d’abord la sauvegarde des vies humaines, puis la protection des infrastructures essentielles et des propriétés, y compris les résidences, les entreprises et les ressources naturelles. Les décisions concernant la répartition des ressources ont été prises en fonction du comportement de l’incendie, des conditions météorologiques et des vulnérabilités géographiques, sans privilégier les propriétés commerciales par rapport aux résidentielles. Cette approche faisait partie de la planification d’incendie établie et des exercices opérationnels menés par le passé.
Les efforts de protection ont été déterminés en fonction de facteurs tels que la proximité des menaces d’incendie, la disponibilité des ressources de lutte contre l’incendie et les risques pour la sécurité publique. Dans certains cas, la protection des structures a été déployée pour des entreprises privées situées au-delà de la Municipalité de Jasper. Ces actions ont été menées de manière stratégique pour contenir la propagation de l’incendie dans les zones résidentielles et réduire la menace pesant sur la communauté.
La protection des bâtiments et la sécurité de la communauté sont restées des priorités absolues tout au long de l’intervention. Toutes les décisions ont été prises dans le but de maximiser la protection, en tenant compte des ressources disponibles et des conditions de l’incendie, qui évoluaient rapidement.
14. Système de commandement des interventions (SCI) : Qu’est-ce que c’est et comment a-t-il été mis en œuvre pendant l’incendie?
Le Système de commandement des interventions (SCI) est un cadre standardisé de gestion des urgences largement utilisé au Canada, aux États-Unis et dans le monde entier. Cette structure de commandement et de contrôle, utilisée pour gérer les incidents d’urgence, garantit que toutes les personnes impliquées connaissent leur rôle, suivent un plan commun et communiquent efficacement. Le SCI est flexible et évolutif, s’adaptant aux incidents de toutes tailles ou complexités. Pour le Feu de forêt de Jasper 2024, le système s’est élargi à mesure que l’incendie se développait, avec l’ajout de personnel et de ressources en fonction des besoins de la situation. Ce cadre structuré a permis de coordonner l’ensemble des opérations, de la lutte contre l’incendie à la logistique et la communication publique, assurant ainsi une réponse à la fois organisée et efficace.
Pendant le Feu de forêt de Jasper 2024, le SCI a permis à Parcs Canada et à la Municipalité de Jasper de travailler ensemble sous une structure de commandement unifié, tout en permettant à d’autres agences de participer à divers rôles clés du SCI. Cette approche a garanti l’alignement des objectifs, une allocation efficace des ressources et une prise de décision rapide. Plutôt que de fonctionner en équipes distinctes, le SCI a favorisé la collaboration afin de prioriser la sécurité publique, protéger les infrastructures essentielles et intervenir pour combattre l’incendie au fur et à mesure de son évolution.
Fonctionnement du SCI :
- Rôles et structure clairs :
Le SCI fournit une structure claire avec des rôles bien définis pour garantir une réponse organisée et efficace. À la tête se trouve le ou la chef des interventions, responsable de la gestion globale de l’incident, de la définition des objectifs et de la supervision de la mise en œuvre du plan. Dans un Commandement unifié, plusieurs chefs des interventions représentent chacune des agences compétentes. Dans le cas du Feu de forêt de Jasper 2024, il s’agissait de Parcs Canada et de la Municipalité de Jasper.
Autres domaines clés au sein de la structure du SCI :
- Opérations : Se concentre sur les efforts stratégiques sur le terrain, tels que la lutte contre l’incendie, la stabilisation de l’incident et l’intervention d’urgence. Le personnel des opérations met directement en œuvre les stratégies définies dans le plan et travaille en étroite collaboration avec les équipes sur le terrain.
- Planification : Collecte, analyse et partage des informations en temps réel. Cette équipe développe des stratégies à court et à long terme pour répondre aux conditions actuelles de l’incident et aux défis anticipés.
- Logistique : Assure la disponibilité des ressources essentielles, comme le personnel, l’équipement, les installations et les services, pour répondre aux besoins actuels et futurs. Cela inclut la gestion des camps de base, de la nourriture, de l’eau et des outils de communication pour soutenir l’effort d’intervention.
- Finances et administration : Gère les achats, la comptabilité, le suivi des coûts et l’analyse financière. Ce rôle veille à une distribution efficace des ressources et assure le suivi de l’impact financier de l’intervention liée à l’incident.
- Commandement : Cette section est composée de personnel chargé de la fourniture d’informations publiques, de la sécurité et des services de liaison. Ces officier·ères assurent une communication en temps opportun avec le personnel impliqué dans l’incident, les résident·es, les partenaires, les médias et les parties prenantes.
Chaque équipe est spécialisée et travaille ensemble sous une structure unifiée pour garantir que tous les aspects de l’incident sont traités efficacement.
- Coordination entre les organisations :
Le SCI facilite une communication fluide et une collaboration entre plusieurs organisations, telles que les départements de lutte contre les incendies, la police, les équipes de gestion des catastrophes, les spécialistes de l’environnement et les autorités de la santé publique. Pendant le Feu de forêt de Jasper 2024, cette coordination a été essentielle pour gérer non seulement l’incendie lui-même, mais aussi les évacuations, la sécurité communautaire et la communication publique. Par exemple, pendant que les pompier·ères se concentraient sur la suppression de l’incendie, les équipes municipales s’occupaient des fermetures de routes, de la logistique des évacuations et de la communication avec les résident·es. - Capacité d’adaptation :
L’une des plus grandes forces du SCI réside dans sa souplesse. Sa taille peut s’accroître ou se réduire en fonction de l’ampleur et de la complexité de l’incident. Lors du feu de forêt de Jasper 2024, lorsque les conditions se sont intensifiées, du personnel et des équipements supplémentaires ont été intégrés de manière fluide à la structure, sans perturber les opérations en cours. De même, à mesure que l’incendie était maîtrisé, le SCI a été réduit de manière appropriée. Cette adaptabilité a permis au système de rester efficace, même face à des conditions changeantes, en mettant l’accent sur la sécurité des intervenant·es et du public tout au long de l’incendie imprévisible.
Le Système de commandement des interventions (SCI) a joué un rôle clé dans la coordination de l’intervention face au Feu de forêt de Jasper, garantissant une gestion efficace sur plusieurs fronts, tels que la lutte contre l’incendie, les évacuations et la communication avec le public. Le SCI a permis aux intervenants d’urgence de différentes organisations de collaborer efficacement. Celles-ci comprenaient Parcs Canada, la Municipalité de Jasper, les équipes contractuelles d’hélicoptères, le personnel de lutte contre les feux de forêt et les incendies de bâtiment+ et les représentant·es d’agences provenant de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, de l’Ontario et du Yukon. Des fournisseurs de services industriels tels qu’ATCOenergy, TMX, CN Rail, ainsi que d’autres entrepreneurs, la GRC, et l’Agence de gestion des urgences de l’Alberta, ont tous opéré sous une compréhension commune des structures hiérarchiques et des responsabilités.
Sous le Commandement unifié, Parcs Canada a coordonné les interventions de lutte contre les feux de forêt et l’établissement des lignes de suppression, tandis que la Municipalité de Jasper se concentrait sur la protection de la communauté et la préparation. Parcs Canada a également collaboré avec des partenaires nationaux et provinciaux en matière d’incendies de forêt et des entrepreneurs spécialisés à l’échelle nationale, notamment avec Alberta Wildfire, pour mobiliser les ressources nécessaires. En même temps, la Municipalité de Jasper a travaillé aux côtés de l’Agence de gestion des urgences de l’Alberta pour obtenir du soutien d’autres municipalités, comtés et entrepreneurs à travers l’Alberta. Cette coordination structurée a permis à toutes les équipes de disposer d’objectifs et de stratégies clairs, tout en étant soutenues par l’équipe de la logistique nécessaire pour assurer une gestion sûre et efficace durant l’urgence prolongée.
15. Comment les décisions sont-elles prises au sein du SCI?
Dans le cadre du Système de commandement des interventions (SCI), le commandement unifié est mis en place lorsqu’il y a une compétence partagée ou lorsqu’une situation d’incident nécessite fort probablement une compétence partagée.
Ce principe, appliqué d’un incident à l’autre, permet d’assurer clarté et cohérence dans la gestion des interventions d’urgence et est essentiel pour conférer l’autorité nécessaire à la prise de décisions dans une zone relevant de la compétence des administrateurs. Dans le cas du Feu de forêt de Jasper, le commandement unifié était constitué de la Municipalité de Jasper et de Parcs Canada, en tant que gestionnaires des terres et administrateurs de Jasper. Le gouvernement de l’Alberta, par l’intermédiaire de l’Agence de gestion des urgences de l’Alberta et d’Alberta Wildfire, a été étroitement impliqué tout au long de l’incident en tant que partenaire clé.
16. Les membres de la communauté ou d’autres organisations peuvent-ils offrir de l’aide en cas de réponse à un incendie de forêt?
Bien que de nombreuses personnes soient prêtes à aider lors d’un incendie de forêt, la sécurité est la priorité. L’application du Système de commandement des interventions (SCI) assure à la fois la sécurité et l’efficacité. Il ne s’agit pas de décourager l’aide, mais de veiller à ce que tous les participants soient correctement formés, équipés, informés et intégrés dans un effort coordonné. La gestion des incendies de forêt étant complexe et dangereuse, il est essentiel que toutes les offres d’aide passent par des canaux formels afin de prévenir les risques et d’assurer une organisation efficace.
Les mécanismes d’implication incluent des accords de partage des ressources, des partenariats ou des contrats, qui devraient idéalement être établis avant un incident. Ces accords définissent les rôles, les responsabilités et les obligations juridiques, tout en garantissant que les ressources sont adaptées aux besoins de l’intervention. Si des individus ou des organisations souhaitent contribuer pendant un incendie de forêt, ils doivent contacter les autorités compétentes pour soumettre une offre formelle d’assistance, en incluant des informations sur les capacités du SCI, les qualifications du personnel et les ressources disponibles.
Cette approche est essentielle pour plusieurs raisons clés :
- La sécurité avant tout : Les interventions de lutte contre les incendies de forêt sont risquées et nécessitent une formation et un équipement spécialisés. Tous les intervenants doivent être certifiés et préparés pour leurs tâches assignées. Les bénévoles ou organisations non formés peuvent mettre en danger leur sécurité et celle des autres. Par exemple, lors de conditions de faible visibilité en raison de la fumée, un véhicule non autorisé accédant à une zone d’incendie pourrait mettre en danger les pompier·ères travaillant sur place.
- Maintien de la coordination : Le SCI fonctionne mieux lorsque tous les participants suivent le plan établi. Si des organisations ou des individus non vérifiés rejoignent l’intervention sans une intégration adéquate, cela peut perturber la communication, entraîner une mauvaise allocation des ressources ou semer la confusion, ce qui ralentirait les efforts d’intervention et mettrait des vies en danger.
- Responsabilité : : Chaque action dans une intervention du SCI est suivie et chaque participant a une structure de communication claire. Introduire de l’aide extérieure sans une intégration adéquate peut entraîner des lacunes dans la responsabilité, compliquer la gestion de la situation, la protection des biens et le contrôle des comportements dangereux ou inutiles.
By following these procedures, ICS ensures that all responders can work safely and effectively to manage the wildfire and protect communities.
17. Est-ce que Parcs Canada était préparé à un incendie de cette ampleur?
Parcs Canada dispose d’une expertise approfondie dans la gestion des incendies de forêt majeurs, grâce à des pompier·ères spécialisé·es dans la lutte contre les feux de végétation, et à des équipes de gestion d’incidents expérimentées dans la coordination d’incendies à grande échelle. Des décennies d’expérience acquise dans les parcs nationaux, ainsi que le soutien apporté aux provinces et territoires, notamment l’Alberta, la Colombie-Britannique et les Territoires du Nord-Ouest, ainsi qu'aux juridictions internationales, ont permis de construire une base solide pour intervenir face à des incendies comme celui du Feu de forêt de Jasper en 2024.
Dans le parc national Jasper, la planification proactive et les efforts de réduction des risques d’incendie de forêt, incluant la gestion des combustibles, les brûlages dirigés et la création de zones coupe-feu, ont été essentiels pour limiter les dégâts pendant cet événement sans précédent. Cependant, les conditions extrêmes observées lors de cet incendie, notamment une sécheresse record des combustibles et une propagation rapide des flammes, ont dépassé les limites de ce que toute préparation pouvait permettre d’accomplir. L’ampleur totale de cet incendie est encore en cours d’évaluation, mais aucun incendie documenté dans les montagnes Rocheuses de l’Alberta ou de la Colombie-Britannique n’a progressé aussi rapidement ni avec une telle intensité que celui-ci entre le 22 et le 24 juillet 2024.
Les principales mesures de préparation pour un événement de cette envergure comprenaient :
- Planification de l’intervention d’urgence : Le parc national Jasper et la Municipalité de Jasper ont élaboré et mis à jour régulièrement des plans d’intervention d’urgence pour les incendies menaçant la communauté, avec l’aide de l’Agence de gestion des urgences de l’Alberta. Quelques semaines avant le Feu de forêt de Jasper, Parcs Canada, la Municipalité de Jasper, l’Agence de gestion des urgences de l’Alberta, Alberta Wildfire et la GRC ont mené un exercice de simulation pour s’entraîner à intervenir face à un incendie menaçant la ville.
- Gestion des combustibles et zones coupe-feu : Depuis 1994, Parcs Canada a réduit le risque d’incendie en éclaircissant et en nettoyant plus de 1 700 hectares de terrain autour du lotissement urbain de Jasper, tout en aménageant des zones coupe-feu stratégiques, comme celles du mont Signal et de la communauté. Les allées coupe-feu ont été essentielles pour ralentir la progression de l’incendie et fournir des lignes de défense stratégiques pour les opérations de lutte contre le feu.
- Brûlages dirigés : Au cours des 30 dernières années, Parcs Canada a réalisé 45 brûlages dirigés autour de la ville de Jasper, couvrant plus de 4 600 hectares. Ces brûlages dirigés ont réduit la végétation excédentaire, contribué à restaurer la santé et la résilience des écosystèmes, et permis de limiter la quantité de combustible disponible pour les incendies de forêt.
- Initiatives Intelli-Feu : Depuis 2001, Parcs Canada et la Municipalité de Jasper ont collaboré avec les propriétaires de résidences pour appliquer les principes Intelli-Feu Canada. Ces efforts ont renforcé la résilience des propriétés en éliminant la végétation dangereuse autour des structures. Jasper a été un leader dans cette initiative : La communauté du lac Edith est devenue la première au Canada à obtenir la certification « Safe Neighbourhood » (Quartier sécurisé) d’Intelli-Feu Canada, et l’hôtel Jasper Park Lodge est devenu la première propriété commerciale du pays à recevoir cette distinction.
Les efforts de préparation approfondis de Parcs Canada ont contribué à atténuer l’impact de l’incendie, malgré des conditions extrêmes. Ces mesures ont offert une protection cruciale pour la communauté et le parc pendant cet incendie record.
Feu de forêt de Jasper 2024 :
En mi-juillet 2024, une interdiction de faire des feux a été instaurée et un indice de danger d’incendie « extrême » a été déclaré en raison d’une vague de chaleur prolongée. Les plans d’urgence ont été activés et des ressources supplémentaires ont été déployées à l’avance. L’incendie, alimenté par les niveaux de combustibles les plus secs enregistrés depuis 1962 et des vents violents, a entraîné l’évacuation de plus de 20 000 personnes. Malgré ces conditions extrêmes, des efforts coordonnés, incluant des mesures de préparation préexistantes telles que des zones coupe-feu et des projets de réduction de combustibles, ont permis de préserver plus de 70 % des bâtiments de la ville, y compris l’ensemble des infrastructures essentielles. Ce feu dévastateur a été partiellement atténué grâce à des mesures proactives en place depuis des décennies, notamment les brûlages dirigés et les initiatives Intelli-Feu.
Les préparatifs à long terme de Parcs Canada ont considérablement réduit l’impact global de l’incendie, mais l’ampleur de cet événement était sans précédent. Les efforts déployés ont assuré une protection essentielle, mais les pertes subies par la communauté ont été profondes. Parcs Canada demeure déterminé à tirer des leçons de cette expérience et à collaborer avec ses partenaires pour améliorer la préparation et les interventions face aux incendies futurs.
18. Le changement climatique a-t-il joué un rôle dans la gravité de l’incendie?
Les tendances climatiques plus chaudes ont probablement joué un rôle dans l’intensification des conditions ayant favorisé le Feu de forêt de Jasper 2024. Les périodes de sécheresse prolongées, les températures supérieures à la moyenne et les vents forts sont des facteurs en accord avec les effets du changement climatique, créant à la fin juillet 2024 des conditions qui ont exacerbé le comportement de l’incendie, contribuant de manière significative à son intensité et à sa croissance rapide.
À mesure que les tendances climatiques continuent d’augmenter la gravité des conditions des feux de forêt, Parcs Canada améliore activement ses stratégies de gestion des incendies pour répondre à ces défis. L’agence augmente ses ressources dédiées à la suppression des feux, prolonge la saison de lutte contre les incendies et met en place des mesures supplémentaires de protection grâce à des projets de réduction des risques et à des investissements dans les infrastructures. Les efforts pour réduire la vulnérabilité des structures dans la communauté sont prioritaires, tout comme l’amélioration de la formation des intervenants d’urgence et la mise à jour des modèles de risque d’incendie. Parcs Canada s’efforce également de mettre en œuvre davantage de brûlages dirigés et d’autres mesures de réduction des risques afin de briser la continuité des combustibles dans le paysage.
Les efforts collaboratifs avec la Municipalité de Jasper et les agences provinciales de gestion des incendies sont cruciaux. Ces partenariats nous aident à apprendre des incidents passés et de se préparer aux événements d’urgence futurs. En déployant la meilleure expertise disponible et en collaborant avec d’autres agences, entrepreneurs et industries, Parcs Canada vise à s’adapter aux défis croissants posés par les incendies de forêt au Canada.
19. Quand les résident·es de Jasper ont-ils été autorisé·es à revenir dans leurs résidences?
Le retour des résident·es et des entreprises à Jasper a commencé le 16 août 2024. Cet événement marquait le moment où le lotissement urbain a été jugé sécuritaire, avec les services essentiels suffisamment rétablis pour permettre aux résident·es et aux entreprises de revenir et d’entamer le processus de rétablissement.
Critères et processus pour un retour en toute sécurité : La décision d’autoriser le retour était fondée sur le respect de critères de sécurité et l’atteinte de normes spécifiques établies par le commandement unifié, dirigé par Parcs Canada et la Municipalité de Jasper. Ces critères visaient à garantir que le lotissement urbain soit suffisamment stabilisé pour permettre un retour sûr des résident·es et des propriétaires d’entreprises. Les critères comprenaient :
- Évaluations de la sécurité des bâtiments : Pour s’assurer que les bâtiments étaient structurellement sûrs et aptes à être occupés.
- Rétablissement des services publics : Vérification du rétablissement des services essentiels, tels que l’eau, l’électricité et les égouts, pour assurer leur bon fonctionnement.
- Disponibilité des services d’urgence : Disponibilité des services médicaux, d’incendie et de police pour répondre efficacement aux besoins urgents de la communauté.
- Sécurité des routes et des transports : Routes d’accès dégagées et sécurisées pour le retour des résident·es et les opérations de rétablissement en cours.
Le processus de retour a été facilité par une planification minutieuse et des efforts coordonnés impliquant divers partenaires et agences, notamment les gouvernements fédéral, provincial et municipal, ainsi que des partenaires clés tels que le Bureau d’assurance du Canada, la Croix-Rouge canadienne, les entreprises de services publics et les entrepreneurs. Cette approche collaborative a permis de traiter de manière exhaustive tous les aspects des infrastructures et des besoins en services avant que le retour ne soit autorisé.
20. Quand l’incendie a-t-il été éteint?
Le Feu de forêt de Jasper 2024 a été classé comme « maîtrisé » le 7 septembre 2024. Cela signifie que le feu de forêt a fait l’objet de mesures de suppression suffisantes pour empêcher toute propagation ultérieure. Une fois qu’un incendie de forêt est déclaré « maîtrisé », il peut falloir des semaines, voire des mois, pour s'assurer qu'aucun point chaud ne subsiste et que le feu est entièrement éteint. Tout au long de l’automne et de l’hiver, Parcs Canada a continué de surveiller et d’intervenir sur les points chauds résiduels, tout en patrouillant dans la région du sentier Overlander, la vallée de la Maligne et le bassin versant de la rivière Whirlpool, à l’aide d’hélicoptères et d’équipes au sol. Le Feu de forêt de Jasper 2024 a officiellement été classé comme « éteint » le 1er avril 2025.
Des informations mises à jour sur le Feu de forêt de Jasper 2024 sont disponibles ici.
21. Quelle est la prochaine étape du processus de rétablissement pour le parc national Jasper?
Les efforts de rétablissement sont en cours, tant au sein du lotissement urbain que dans l’ensemble du parc national. Le Centre de coordination du rétablissement de Jasper dirige et coordonne les efforts de rétablissement en ville, tandis que Parcs Canada mène également des travaux spécifiques en dehors de la ville. Des informations mises à jour sur tous les aspects du rétablissement sont disponibles sur le site Web dédié au rétablissement de Jasper.
22. Qu’est-ce que le Centre de coordination du rétablissement de Jasper (CCRJ)?
Le Centre de coordination du rétablissement de Jasper (CCRJ) a été établi le 22 août 2024, dans le cadre d’une initiative collaborative entre Parcs Canada et la Municipalité de Jasper. Ce partenariat repose sur le succès de leur approche de commandement unifié lors de l’intervention face à l’incendie. Le mandat principal du CCRJ est de coordonner le processus de rétablissement avec le soutien des gouvernements fédéral, provincial et municipal, ainsi que des partenaires clés.
Le CCRJ sert de centre névralgique, où les équipes de Parcs Canada, de la Municipalité de Jasper et d’autres partenaires collaborent quotidiennement. La collaboration est structurée autour de groupes de travail clés axés sur des objectifs spécifiques de rétablissement, avec la participation de tous les niveaux de gouvernement. Ces groupes évoluent au fur et à mesure que les besoins en matière de rétablissement changent. Les groupes de travail actuels comprennent :
De plus, Parcs Canada travaille sur des efforts de rétablissement spécifiquement liés à l’infrastructure du parc, notamment la reconstruction des campings, sentiers, attraits et logements pour le personnel.
Des informations actualisées sur ces travaux sont disponibles sur le site Web dédié au rétablissement de Jasper qui est mis à jour régulièrement.
23. Le Feu forêt de Jasper était-il une conséquence de l’infestation de dendroctones du pin ponderosa?
Non. Le Feu de forêt de Jasper a été causé par plusieurs foudroiements dans des conditions de sécheresse record et de vents forts. Bien que des arbres affectés par le dendroctone du pin ponderosa aient été présents, ils n’ont pas été la cause de l’incendie. L’intensité des incendies a été poussée par des conditions météorologiques extrêmes, incluant une sécheresse prolongée et des vents forts.
Les arbres affectés par le dendroctone du pin ponderosa ont pu contribuer à augmenter l’intensité du feu dans certaines zones. Cette intensification du feu a pu entraîner des vents plus forts et une plus grande émission de chaleur. Cependant, les zones de l’incendie où les concentrations d’arbres tués par les dendroctones étaient les plus élevées ont connu des impacts du feu moins intenses et moins graves. Ce comportement atténué du feu peut être attribué à un espacement plus important entre les cimes des arbres, ce qui ralentit la propagation du feu.
Les effets les plus intenses et graves de l’incendie à Jasper ont été observés dans des zones où la prévalence des pins était plus faible. Plus précisément, du côté ouest de la vallée de l’Athabasca, y compris les pentes de la route Edith Cavell jusqu’au mont Whistlers et les versants nord du mont Signal. Ces zones se distinguent par une proportion plus élevée d’espèces d’arbres autres que le pin.
Les combustibles associés au dendroctone du pin ponderosa (DPP) ont influencé de manière localisée le comportement de l’incendie :
- Zones en stade gris : Les arbres tués par les DPP, ayant perdu leurs aiguilles et pris une teinte grise, réduisent la densité du couvert végétal, ce qui peut limiter la propagation du feu dans les cimes et atténuer la gravité de l’incendie.
- Zones en stade rouge : Les arbres tués par les DPP, qui ont conservé leurs aiguilles et pris une teinte rouge, peuvent augmenter l’intensité de l’incendie en raison de leur forte inflammabilité. Le parc national Jasper a franchi le stade rouge des arbres affectés par le DPP aux alentours de 2019–2020.
Bien que les combustibles affectés par le DPP aient influencé le comportement du feu, la gravité de l’incendie a été principalement déterminée par des conditions météorologiques extrêmes et une sécheresse record.
24. Pourquoi les arbres morts à cause de l’infestation de dendroctones du pin ponderosa n’ont-ils pas été enlevés?
Depuis 2017, Parcs Canada enlève activement les arbres tués par le dendroctone du pin ponderosa (DPP) à proximité de la communauté de Jasper. En 2018, 300 hectares à l’ouest de la ville ont été abattus, et entre 2019 et 2022, des centaines d’hectares au sud de la collectivité ont été dégagés pour renforcer les efforts antérieurs d’éclaircissement et de gestion des combustibles.
La plupart des études sur les feux de forêt dans les zones fortement touchées par le DPP indiquent que, une fois les aiguilles tombées, notamment après la « phase des aiguilles rouges », ces forêts deviennent moins vulnérables aux incendies graves et intenses. De plus, les arbres morts sur pied fournissent un habitat et une source de nourriture essentiels à l’écosystème, contribuant au rétablissement sain des forêts.
Enlever tous les arbres morts à la suite de l’infestation de DPP dans le parc national Jasper n’est ni faisable ni écologiquement responsable, pour les raisons suivantes :
- Étendue et priorités :L’infestation de DPP a affecté de vastes zones du parc. Parcs Canada a priorisé la réduction des risques d’incendie à proximité des zones vulnérables, comme les routes, l’infrastructure et les installations essentielles de la ville, plutôt que de tenter d’éliminer les arbres à l’échelle du parc.
- Gestion ciblée : Plus de 1 700 hectares de zones prioritaires ont été traités grâce à des projets stratégiques de gestion des combustibles et aux initiatives d’Intelli-Feu Canada, afin de protéger les communautés et les infrastructures.
- Importance écologique : La plupart des canopées forestières et des jeunes arbres en régénération sont en excellente santé; ils jouent un rôle essentiel en fournissant un habitat, en régulant l’eau, en stabilisant les pentes et en réduisant le dessèchement causé par le vent et le soleil. Les arbres morts jouent un rôle crucial dans l’écosystème en favorisant la régénération naturelle des forêts. L’élimination complète des arbres endommagerait les sols, éliminerait les nutriments, modifierait les habitats et nuirait à la biodiversité.
Parcs Canada continue de gérer les impacts du DPP par le biais d’actions ciblées, en gardant un équilibre entre la protection des personnes et des infrastructures et la préservation de l’écosystème du parc.
25. Pourquoi une allée coupe-feu n’a-t-elle pas été créée au sud de la ville, comme celle de la Terrasse Pyramid?
Contrairement à la zone coupe-feu de la Terrasse Pyramid, le secteur situé au sud de Jasper disposait déjà de plusieurs lignes de suppression naturelles et artificielles, ce qui a influencé la décision de ne pas créer une allée coupe-feu similaire. Ces zones coupe-feu comprenaient :
- La ligne ferroviaire du CN et son emprise
- L’emprise dégagée de 40 mètres du pipeline Trans Mountain
- La route 16 et son emprise
- Les rivières Athabasca et Miette
- La route 93A
- Des espaces ouverts comme les prés Marmot, et les campings Whistlers et Wapiti
Ces éléments ont formé une barrière qui a considérablement limité la propagation du feu entre les cimes en direction de la collectivité. Cependant, la fumée dense et les braises transportées par le vent ont réussi à franchir ces lignes de suppression, impactant certaines zones à l’ouest de Jasper. Malgré ces défis, les barrières naturelles et artificielles au sud de Jasper, associées à l’éclaircissement stratégique de centaines d’hectares de forêt, ont permis de ramener le feu au sol, réduisant ainsi son intensité et sa propagation. Cette approche s’est avérée plus efficace que la création d’une nouvelle allée coupe-feu de forêt déboisée.
Les éclaircissements stratégiques et les barrières existantes ont non seulement réduit l’intensité de l’incendie, mais ont également joué un rôle clé dans la protection de Jasper en empêchant la propagation d’incendies graves à proximité de la communauté. Tout feu ayant touché l’ouest de la ville, notamment sur la Terrasse Pyramid, a été éteint en quelques jours, démontrant l’efficacité des mesures en place.
La gestion des incendies par Parcs Canada concilie en permanence la réduction des risques avec d’autres priorités, telles que la préservation de l’intégrité écologique, des biens culturels, des intérêts économiques et de l’expérience des visiteurs. Cet équilibre est particulièrement complexe dans un parc national, où les décisions doivent également tenir compte des incertitudes liées aux changements climatiques.
26. Quelles mesures Parcs Canada a-t-il prises pour réduire les risques d’incendie avant le Feu de forêt de Jasper 2024?
Avant le Feu de forêt de Jasper 2024, Parcs Canada a mis en place des mesures approfondies de réduction des risques d’incendie, s’appuyant sur plusieurs décennies de stratégies proactives. Bon nombre de ces mesures ont été prises à proximité immédiate de Jasper, notamment :
Initiatives Intelli-Feu et gestion des combustibles
- Les équipes travaillent toute l’année pour gérer la végétation, atténuer les dommages causés par le dendroctone du pin ponderosa et se préparer aux risques d’incendie, assurant ainsi une réactivité constante, quelle que soit la saison.
- Depuis 2001, Parcs Canada applique activement les principes Intelli-Feu pour réduire les risques d’incendie. En collaboration avec la Municipalité de Jasper, le programme a ciblé la réduction des combustibles et l’éclaircissement des forêts près de la communauté.
- Depuis 2003, plus de 2 000 hectares autour de la ville ont été éclaircis mécaniquement et la végétation morte a été enlevée pour réduire la disponibilité des combustibles. Par exemple, le projet de réduction des combustibles de la Terrasse Pyramid (2018) a permis d’éliminer des pins tordus dangereux sur 500 hectares, augmentant considérablement la sécurité de la communauté.
Zones coupe-feu stratégiques et projets de réduction des dangers
- Parcs Canada a créé des zones coupe-feu, comme celle du mont Signal (2023), et poursuivi l’entretien annuel de l’allée coupe-feu de la communauté (2023 et 2024), renforçant les lignes de défense contre les incendies.
- Des projets ciblés d’élimination des arbres dangereux dans des zones très fréquentées, comme les campings et les centres de villégiature (p. ex. Alpine Village, Sunwapta Falls, Pyramid Lake Resort), ont réduit les risques pour les infrastructures essentielles et les installations destinées aux visiteur·ses.
Collaboration avec les Autochtones
Engagement financier et ressources
Brûlages dirigés et restauration des écosystèmes
- Depuis les années 1980, Parcs Canada utilise des brûlages dirigés pour gérer la quantité de combustibles, créer des zones coupe-feu naturelles et restaurer les écosystèmes adaptés au feu. Entre 1994 et 2024, 45 brûlages dirigés ont été réalisés sur plus de 4 600 hectares dans le parc national Jasper.
- Parmi les exemples, le brûlage dirigé de Vine Creek (2014-2015), qui a brûlé 650 hectares pour créer des zones coupe-feu et réduire l’habitat du dendroctone du pin ponderosa, ainsi que celui de Henry House (2021-2022), ayant entraîné l’élimination de plusieurs hectares d’arbres et la restauration des prairies au fond de vallée, illustrent cette approche.
Ces mesures proactives jouent un rôle crucial dans l’atténuation de la gravité des incendies et renforcent la résilience de la communauté dans le parc national Jasper.
27. Que prévoit le parc national Jasper pour réduire davantage le risque d’incendies de forêt à l’avenir?
Parcs Canada poursuit ses efforts de réduction des risques de feux de forêt dans le parc national Jasper cet hiver.
Réduire le risque d’incendie de forêt pour une collectivité requiert une approche collaborative intégrant des mesures de protection à plusieurs niveaux, tant dans le paysage qu’en milieu urbain. La réduction des risques d’incendie de forêt est au cœur des préoccupations de Parcs Canada. C’est pourquoi des mises à jour régulières sont fournies concernant les progrès réalisés pour minimiser davantage les risques au sein de la ville. Parcs Canada poursuit sa collaboration avec la Municipalité de Jasper pour appliquer les initiatives d’Intelli-feu Canada et renforcer la résilience des infrastructures essentielles face aux incendies. Les résident·es peuvent également contribuer en accomplissant les actions proposées par Intelli-feu et en apportant des modifications conformes aux politiques d’aménagement de Jasper actualisées. Le Guide de construction d’Intelli-feu Canada pour les habitations comprend des informations sur la conception et la rénovation des bâtiments et des terrains pour une meilleure protection contre les incendies.
À la suite du Feu de forêt de Jasper 2024, le parc national a mis à jour sa stratégie de réduction des risques de feux de forêt pour répondre aux menaces persistantes liées à la modification du territoire. Ces actions font partie d’un engagement pluriannuel de réduction des risques visant à renforcer la résilience du lotissement urbain de Jasper, des zones d’établissements d’hébergement commercial périphériques, des infrastructures essentielles et des terres provinciales adjacentes face aux feux de forêt.
Carte des activités de réduction des risques de feux de forêt dans le parc national Jasper
Activités actuelles de réduction des risques de feux de forêt
Les travaux de réduction des combustibles devraient se poursuivre tout au long de l’hiver, en fonction des conditions météorologiques, avec une surveillance stricte de facteurs tels que la couverture neigeuse, la vitesse du vent et la qualité de l’air pour garantir un brûlage en toute sécurité.
Ouest de la villeLa réduction des risques de feux de forêt à l’ouest de Jasper demeure une priorité pour Parcs Canada. Depuis plusieurs années, Parcs Canada entretient des zones réduites en végétation dans deux secteurs situés à l’ouest :
- Coupe-feu communautaire : Il s’agit d’une zone dégagée d’environ 50 hectares le long du chemin coupe-feu du Lac-Cabin, servant de ligne de défense pour les équipes responsables de combattre les incendies de forêt.
- Terrasse Pyramid : En 2018, Parcs Canada a réduit la quantité d’arbres morts ou dépérissants, sur plus de 300 hectares de forêt affectée par le dendroctone du pin ponderosa dans le secteur de la Terrasse Pyramid. Cette zone est reliée aux secteurs traités selon les principes Intelli-Feu autour de la ville, créant ainsi une plus grande zone protégée à l’ouest de la collectivité.
Réduire les combustibles et éclaircir la forêt dans cette zone vise à ralentir la propagation des feux de forêt en limitant leur intensité, en réduisant le risque de créer de nouveaux points chauds causés par les braises transportées par le vent, et en améliorant l’efficacité des activités de suppression du feu. Un entretien régulier des secteurs éclaircis est nécessaire pour conserver les avantages du coupe-feu.
Parcs Canada effectue des évaluations continues afin d’identifier d’autres possibilités de réduction des risques de feux de forêt dans le secteur situé à l’ouest de la ville. Cet hiver, Parcs Canada prévoit de réaliser 100 hectares supplémentaires de végétation près de la Terrasse Pyramid et de la zone coupe-feu de la communauté. Cette étendue s’ajoute à plus de 400 hectares de forêt (près du double de la superficie de la municipalité de Jasper) qui ont été éclaircis ou défrichés sur la Terasse Pyramid depuis 2018. Ce travail a pour objectif de renforcer la continuité et l’efficacité du coupe-feu en tant qu’élément de suppression à l’ouest de la collectivité.
Mont WhistlersL’évaluation d’un coupe-feu au Mont Whistler a été jugée peu faisable en raison de problèmes géotechniques, de stabilité des pentes et de sécurité.
Principes d'Intelli-Feu Canada : Ce que les résident·es et les entreprises doivent savoir.
La réduction des risques de feux de forêt est une responsabilité collective. Parcs Canada demande aux résident·es et aux entreprises d’appliquer les principes Intelli-Feu afin de protéger leurs propriétés, d’assurer la sécurité de la collectivité et de réduire les risques d’incendie pour la communauté de Jasper.
Les actions proposées par Intelli-Feu Canada comprennent :
- Matériaux des toitures et terrasses : Remplacez les matériaux inflammables (p. ex. bardeaux de cèdre et terrasses en bois) par des alternatives résistantes au feu.
- Gestion de la végétation : Créez un espace de protection autour des bâtiments en retirant les conifères près des structures, en éclaircissant et élaguant les conifères denses et en coupant les branches qui surplombent les toits.
- Élimination des matériaux combustibles : Retirez tous les matériaux combustibles à moins de 1,5 m des structures. Réduisez et gérez la végétation jusqu’à 30 mètres des structures afin de limiter les sources potentielles de combustible. Entreposez le bois de chauffage et les autres matériaux combustibles loin des bâtiments et sous une couverture résistante aux étincelles. Nettoyez régulièrement les gouttières et les toits pour retirer les débris secs.
- Arrosage de la végétation : Lors des périodes sèches en été, arrosez la végétation autour des bâtiments pour la maintenir hydratée et réduire les risques d’allumage. Un apport de 2 à 5 mm d’eau par jour suffit, si appliqué tôt le matin ou en soirée.
Pour plus d’information, consultez le site Web d’Intelli-Feu Canada.
Ces initiatives, accompagnées des requises d'Intelli-Feu Canada pour les bâtiments en ville et les zones d’établissements d’hébergement commercial périphériques, visent à protéger à la fois les résident·es et l’environnement naturel. L’approche du parc national Jasper privilégie non seulement la suppression immédiate des incendies de forêt, mais aussi la gestion à long terme du territoire et la résilience de la communauté pour atténuer les risques futurs d’incendie.
Obtenir des renseignements sur les projets de réduction des risques d’incendie de forêt et de restauration menés dans le parc national Jasper.
Obtenir des renseignements sur le rétablissement de Jasper.
Perspectives futures
Parcs Canada demeure résolument engagé dans des stratégies de gestion adaptative visant à :
- Protéger les personnes : Assurer la sécurité des résident·es et des visiteur·ses à l’intérieur et autour du parc.
- Rétablir les liens culturels : Travailler en collaboration avec les communautés autochtones pour intégrer les connaissances traditionnelles dans les pratiques de gestion des incendies.
- Soutenir le rétablissement des écosystèmes : Se concentrer sur la santé à long terme des écosystèmes du parc affectés par les incendies de forêt.
Ces efforts ont pour objectif de garantir un avenir durable pour le parc national Jasper et sa communauté, en appliquant les meilleures pratiques et outils disponibles pour assurer la sécurité publique et la protection des infrastructures.
Parcs Canada demeure pleinement engagé à soutenir la communauté de Jasper face aux futurs incendies de forêt :
- Il n’existe pas de solution unique pour prévenir et gérer les risques d’incendie dans le parc national Jasper. Parcs Canada est en train de mettre à jour sa stratégie de réduction des risques d’incendie (RRI) à long terme à la suite du Feu de forêt de Jasper 2024. Ce plan s’appuie sur une approche multistratégique, intégrant la réduction des combustibles, la création de lignes de suppression du feu, l’application des pratiques Intelli-feu Canada et le soutien aux opérations d’extinction des incendies.
- La réduction des risques d’incendie est une responsabilité collective. Parcs Canada invite les résident·es et les entreprises locales à jouer leur rôle en appliquant les principes d'Intelli-Feu Canada sur leurs propriétés. Les braises issues des incendies de forêt peuvent se propager au-delà des lignes de suppression et enflammer des matériaux combustibles sur les propriétés privées. En passant à l’action, les individus et la communauté peuvent ensemble aider à réduire les risques d’incendie.
- Parcs Canada collabore avec de nombreux partenaires pour réduire les risques d’incendie : Cela inclut la Municipalité de Jasper, les zones d’établissements d’hébergement commercial périphériques, les partenaires autochtones, le gouvernement de l’Alberta et les résident·es. En travaillant ensemble, nous créons une stratégie de préparation aux incendies à l’échelle communautaire qui renforce les efforts de suppression des incendies et de protection.
- Parcs Canada s’appuie sur les 7 disciplines Intelli-FeuMC Canada pour guider son travail de réduction des risques d’incendie. Ces disciplines sont : l’éducation, la planification des mesures d’urgence, la gestion de la végétation, les lois, l’aménagement, la collaboration entre les organismes, et la formation polyvalente
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