Les forêts de varech
Réserve de parc national Pacific Rim
Aperçu
La réserve de parc national Pacific Rim est composée à 44 % de milieux marins, y compris des eaux subtidales et des zones intertidales. Elle s’étend sur plus de 125 kilomètres de littoral et abrite une grande diversité d’habitats côtiers, notamment des forêts de varech.
À l’image des forêts terrestres, les forêts de varech créent des habitats sous-marins qui produisent de l’oxygène, stockent du carbone et contribuent à réduire les effets des changements climatiques. Les habitats de varech favorisent la diversité des écosystèmes marins et soutiennent le rétablissement d’espèces culturellement importantes et d’espèces à risque, telles que la loutre de mer (k̓ʷak̓ʷaƛ), l’ormeau nordique (ʕapy̓in), le saumon chinook (suuḥaa) et le sébaste (ƛiḥapiiḥ).
Pour les Premières Nations, les forêts de varech sont essentielles au développement économique, à la sécurité alimentaire et à la connexion au ḥaḥuułi (territoire). Guidée par le principe Nuu-chah-nulth hišukma c̓awaak qui signifie « tout est un, tout est connecté », la réserve de parc national Pacific Rim reconnaît les forêts de varech comme un lien vital entre le milieu marin en dessous et les populations au-dessus.
Facteurs de stress
Les forêts de varech sont en déclin dans la baie Barkley, y compris dans le secteur de l’archipel Broken Group de la réserve de parc national Pacific Rim, selon des recherches, les savoirs autochtones et les connaissances locales. Une combinaison de changements environnementaux et de dynamiques évolutives des écosystèmes a modifié la répartition des varechs formant une canopée dans la région et le long de la côte Pacifique.
Changements climatiques
Les forêts de varech sont de plus en plus menacées par des épisodes de vagues de chaleur marine. Ces périodes de températures océaniques anormalement élevées deviennent plus intenses et plus fréquentes avec les changements climatiques. Deux vagues de chaleur majeures ont touché la région au cours de la dernière décennie : l’événement de 2013 à 2016 connu sous le nom de « Blob » et la vague de chaleur marine de 2019 à 2021. Dans certaines zones, ces événements ont entraîné des pertes importantes de varech formant une canopée, des changements dans la répartition des espèces et une diminution de la santé des écosystèmes.
Déséquilibre des écosystèmes
Les forêts de varech évoluent également en raison de facteurs écologiques à mesure que les eaux océaniques se réchauffent. Le surpâturage par les oursins transforme des forêts de varech autrefois diversifiées en zones désertiques. La surabondance d’oursins est liée à la disparition d’espèces prédatrices qui régulaient autrefois leurs populations, ainsi qu’à l’abandon de pratiques traditionnelles, comme la récolte des oursins (t̓uc̓up), par les Premières Nations locales.

Loutre de mer(Enhydra lutris)
La loutre de mer (k̓wak̓waƛ) est une espèce clé qui consomme chaque jour l’équivalent d’environ le quart de son poids en nourriture. Elle joue un rôle déterminant dans la dynamique des écosystèmes de forêts de varech le long de la côte nord du Pacifique. Autrefois disparue (localement éteinte) de la Colombie-Britannique pendant la traite des fourrures, puis réintroduite dans les années 1980, la loutre de mer est aujourd’hui en voie de rétablissement et étend progressivement son aire de répartition.

Soleil de mer (Pycnopodia helianthoides)
L’épisode de vague de chaleur marine de 2013 a coïncidé avec l’émergence du syndrome du dépérissement de l’étoile de mer, une maladie liée à une souche bactérienne qui a provoqué une mortalité massive chez les étoiles de mer. Le soleil de mer a été l’espèce la plus sévèrement touchée. Ce prédateur, qui peut atteindre jusqu’à un mètre de diamètre, jouait autrefois un rôle clé dans le contrôle des populations d’oursins dans l’archipel Broken Group. Selon des relevés sous-marins effectués avant et après la vague de chaleur marine appelée « Blob », le nombre de soleils de mer a fortement chuté, tandis que la densité des oursins rouges a été multipliée par dix.
Comment Parcs Canada surveille-t-il les forêts de varech?
La réserve de parc national Pacific Rim a mis en place un programme de surveillance du varech en 2022. Il comprend les objectifs suivants :
- rendre compte de l’intégrité écologique de la réserve de parc national en utilisant le varech de canopée comme indicateur de la santé des écosystèmes marins;
- déterminer l’état et l’évolution des habitats de varech, et recenser les facteurs de changement;
- travailler en partenariat avec les communautés autochtones, en intégrant à la fois les savoirs culturels et écologiques dans les initiatives de surveillance;
- orienter les mesures de cogestion et les efforts de restauration.
Pour obtenir de plus amples détails sur les méthodes et outils de surveillance du varech, consultez l’étude de cas de Parcs Canada sur Coast Connect de l’Institut Hakai.
Cartographie du varech par voie aérienne
La réserve de parc national Pacifique Rim utilise des systèmes aériens sans pilote (drones) pour recueillir chaque année des données sur la santé des forêts de varech. Les méthodes de surveillance, élaborées conjointement avec le Marine Planning Partnership (MaPP), font partie des protocoles de surveillance du varech sur la côte ouest de l’île de Vancouver.

La collecte d’images à haute résolution, prises à des moments comparables et dans des conditions de marée similaires, permet de déterminer où se trouvent les forêts de varech et de suivre leur évolution dans le temps. Les photos aériennes prises par drones sont assemblées en une grande image géoréférencée appelée orthomosaïque, qui peut ensuite être analysée à l’aide d’un logiciel de système d’information géographique. Grâce à une collaboration avec l’Institut Hakai, ce processus est automatisé par l’outil de segmentation Habitat Mapper. La superficie du varech est utilisée comme indicateur écologique pour déterminer l’état et l’évolution des habitats de varech dans la réserve de parc national Pacific Rim.
Collecte de données à partir de l’eau
En complément de la cartographie par drone, des données sont également recueillies directement dans l’eau.

Évaluer la densité du varech, son état et la présence d’épiphytes tels que les bryozoaires.


Un appareil de mesure de la conductivité, de la température et de la profondeur.

Recenser les communautés subtidales (densité d’invertébrés, de poissons, d’oursins) et le type de substrat à l’aide de vidéos sous-marines.
Travailler ensemble
Le programme de surveillance du varech à la réserve de parc national Pacific Rim a été élaboré en étroite collaboration avec des partenaires issus des Premières Nations.En plus des données de surveillance scientifique, l’indicateur d’intégrité écologique du varech intègre les savoirs autochtones et les connaissances locales. Cet objectif était au cœur de la table ronde sur le varech de la baie Barkley, coorganisée par Parcs Canada et la Kelp Rescue Initiative, et accueillie par la Première Nation Tseshaht. Cette rencontre a réuni des Premières Nations, des chercheurs et des organismes de conservation et de restauration, afin de mettre en commun leurs connaissances et de promouvoir des approches collaboratives pour la recherche et le rétablissement du varech.

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