Pukaskwa est tout ouïe pour les chauves-souris!
Parc national Pukaskwa
Par Sheena Parsons
Microphone et enregistreur à ultrasons au havre Simon, dans le parc national de Pukaskwa.
En 2019 et en 2020, le parc national Pukaskwa a piloté un projet de surveillance pour déterminer les espèces de chauves-souris présentes dans le parc et pour contribuer au North American Bat Monitoring Program. Il est important de contribuer à la surveillance des chauves-souris en raison des déclins massifs de population qui ont eu lieu dans toute l’Amérique du Nord au cours des 15 dernières années.
Le nombre de chauves-souris a chuté en raison de plusieurs menaces. En particulier, une maladie appelée le syndrome du museau blanc est responsable du taux élevé de mortalité des chauves-souris. Cette maladie est causée par un champignon qui se développe autour du nez et sur les ailes des chauves-souris en hibernation. Elle provoque un réveil fréquent des chauves-souris pendant l’hibernation, ce qui épuise leurs réserves de graisse; elles meurent de faim avant le printemps. Malheureusement, ce n’est pas la seule menace à laquelle les chauves-souris sont confrontées : elles sont également vulnérables au changement climatique, aux pesticides et aux éoliennes.
Le déclin des populations de chauves-souris peut être problématique pour Pukaskwa en raison de la valeur que les chauves-souris ont pour l’écosystème forestier. Les chauves-souris jouent un rôle central dans le maintien de la santé des écosystèmes en mangeant des insectes nuisibles, en pollinisant les plantes indigènes et en fournissant de la nourriture aux prédateurs.
Nous surveillons ces créatures nocturnes en enregistrant leurs chants ultrasonores (sons aigus que les humains ne peuvent pas entendre) à l’aide d’appareils spécialisés. Notre équipe d’écologistes est talentueuse, mais les ultrasons ne font pas partie de notre répertoire! Les appareils comprennent un microphone à ultrasons et une unité d’enregistrement audio. Le microphone peut « entendre » les chants ultrasonores des chauves-souris, lesquels sont ensuite enregistrés sur l’unité. Nous installons ces dispositifs à l’extérieur pendant des mois. Ils sont programmés pour s’allumer du coucher au lever du soleil afin d’enregistrer les chants nocturnes.
En 2019, nous avons installé des microphones et des appareils d’enregistrement à six endroits du parc, le long de la côte du lac Supérieur. Les appareils sont restés en place de la fin août au début septembre. Sur les huit espèces de chauves-souris présentes en Ontario, cinq ont été détectées à Pukaskwa : la chauve-souris rousse, la chauve-souris cendrée, la chauve-souris argentée, la grande chauve-souris brune et la petite chauve-souris brune (une espèce en péril). Sur les trois espèces qui n’ont pas été détectées, deux (la pipistresse de l’Est et la chauve-souris pygmée) ne vivent pas aussi loin au nord. La dernière espèce, la chauve-souris nordique, peut survivre dans cette région. Nous sommes donc optimistes et pensons qu’elle pourra y être détectée en 2020. Nous attendons avec impatience nos résultats de 2020!
Le projet de recherche de Pukaskwa appuie la conservation des chauves-souris, non seulement dans le nord de l’Ontario, mais dans toute l’Amérique du Nord. Nous faisons part de nos données dans le cadre du North American Bat Monitoring Program. Ce projet à l’échelle du continent recueille des informations auprès de scientifiques, de bénévoles et d’organismes gouvernementaux au Canada, aux États-Unis et au Mexique.
Il n’est pas nécessaire d’être un expert ou d’avoir un équipement sophistiqué pour protéger les chauves-souris de l’Ontario. Vous pouvez aider en passant le mot sur les médias sociaux, en signalant l’observation de chauves-souris avec l’application iNaturalist, en installant une boîte à chauves-souris sur votre propriété, en évitant d’utiliser des pesticides ou en faisant un don à une initiative de conservation des chauves-souris. Même de petites actions peuvent contribuer à protéger les chauves-souris pour les générations à venir!

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