Huit ans dans l’arrière-pays de Pukaskwa
Parc national Pukaskwa
Par Courtney Irvine
Lorsque je me suis présentée à mon premier jour de travail au parc national Pukaskwa en 2014, j’étais nerveuse. J’avais accepté une offre pour un stage d’été de 6 mois en tant qu’« agente de la gestion des ressources ». Qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire, d’ailleurs? Au cours de ce qui est devenu huit années d’aventure, j’ai appris exactement ce que cela signifie... de la variété!
Chaque jour offre une expérience et une occasion d’apprentissage différentes, souvent dans des endroits reculés du parc. La liste des projets sur lesquels j’ai travaillé pendant mon séjour à Pukaskwa est incroyablement variée. J’ai étudié la flore et la faune de presque tous les grands taxons : des minuscules plantes aquatiques aux faucons pèlerins en vol, et tout ce qui existe entre les deux. J’ai participé à la surveillance de l’intégrité écologique, à des évaluations d’impact des infrastructures, à des opérations de recherche et de sauvetage, à des projets de recherche externes, et même à des expériences de qualité pour les visiteurs. À travers tout cela, le clou pour moi était de passer du temps dans le vaste et impressionnant arrière-pays de Pukaskwa.
« Le rivage sauvage d’une mer intérieure » est une description appropriée pour ces 1 878 km2 de terre et 120 km de littoral du lac Supérieur. Chaque coin et recoin du parc est à couper le souffle, et chaque jour est imprévisible. Bien que les journées soient longues, les insectes parfois impitoyables et l’équipement de terrain souvent lourd, les défis liés au travail dans les endroits reculés du parc apportent un sentiment de détente, de satisfaction et un aspect gratifiant. Hors des sentiers battus, les lieux concrets du travail écologique offrent des possibilités inégalées d’apprécier le caractère spécial de Pukaskwa. Voici quelques-uns de mes endroits préférés dans le parc :

Les eaux calmes de la rivière North Swallow (Giiwednong zhaaashawinibiis wi ziibi)
Credit: Courtney Irvine
North Swallow est une baie sablonneuse protégée, parfaite pour accoster en bateau et faire une pause avant de se mettre au travail! Nous prélevons des échantillons dans la rivière adjacente trois fois par an pour évaluer la qualité de l’eau, et une fois chaque automne pour étudier les invertébrés aquatiques. Nous avons également installé des stations d’enregistrement audio pour les oiseaux et les chauves-souris, ainsi qu’une caméra pour enregistrer les animaux qui fréquentent les parages.
L’anse Otter (Nigi shtgwaaning) enveloppée dans le brouillard
Credit: Courtney Irvine
Lorsque nous travaillons dans la partie sud du parc, nous logeons dans une cabane de patrouille à l’anse Otter. Nous nous endormons en écoutant les grives de Swainson, les huards et les rainettes printanières. Cette fois-là, nous nous sommes réveillés dans un épais brouillard qui ondulait depuis l’anse après une tempête. Le brouillard rend la navigation difficile, mais la sensation de brume et les eaux calmes du lac Supérieur qui l’accompagnent sont d’une beauté unique.
Arrivée du printemps dans la baie de l’Oiseau (Wiso wikwedon)
Credit: Courtney Irvine
Le vert vibrant du printemps, lorsque les feuilles des arbres à feuilles caduques naissent des bourgeons qui ont enduré huit mois d’hiver, est une vue spectaculaire à Pukaskwa. Avec cela vient toujours l’apparition des insectes, et le retour fidèle des oiseaux migrateurs. Ce jour-là, j’ai eu la chance de voir une barge marbrée, un oiseau de rivage rare dans le parc, en train de se nourrir le long de la plage. L’observation de la faune et de la flore est un grand « plus » dans une journée.
L’anse Hattie (Bii to bii gong) vue d’en haut
Credit: Parcs Canada
À seulement 2 km du centre d’accueil, la zone humide située à l’arrière de l’anse Hattie est un écosystème peu commun et remarquable au sein de Pukaskwa. Les zones humides côtières des Grands Lacs sont d’importantes alevinières et abritent une grande diversité de plantes et d’animaux. Récemment, nous avons utilisé un drone pour créer des cartes à haute résolution des zones humides du parc. Voir les communautés végétales depuis les airs a vraiment amélioré ma compréhension et mon respect de ces environnements complexes.
Échantillonnage de la qualité de l’eau dans la rivière Pukaskwa (Bii-skikaag saateg ziibi)
Credit: Parcs Canada
En travaillant au parc, j’ai collaboré avec des collègues et des partenaires attentionnés, aimables et compétents. Aucune de mes expériences n’aurait été la même sans leur coopération et leur compagnie. Merci, thank you, miigwetch pour votre dévouement dans l’intendance partagée de ce rivage grandiose.
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