Protéger la pruche du Canada au parc national et lieu historique national Kejimkujik
Parc national et lieu historique national Kejimkujik
Un écosystème forestier sain, auquel s’ajoutent toutes les espèces qui y vivent, commence par des arbres en santé. Le projet quinquennal (2019-2024) intitulé Ralentir la propagation était axé sur la protection des peuplements prioritaires de pruches du Canada dans le parc national et lieu historique national Kejimkujik en gérant la menace que pose le puceron lanigère de la pruche, une espèce envahissante.
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Protéger l’héritage de la pruche de Kejimkujik | Notes de terrain | Parcs Canada
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[Logo du castor de Parcs Canada]
{Erin parle] Aujourd’hui, nous sommes à Hemlocks and Hardwoods, une forêt ancienne de pruches, ici à Kejimkujik. Nous allons vous parler brièvement d’un ravageur forestier envahissant, le puceron lanigère de la pruche, qui a un impact considérable sur la santé de toutes nos pruches.
[Erin parle] Les peuplements de pruches sont très importants à Kejimkujik. Environ 10 % de notre superficie forestière comprend des pruches, ce qui en fait un élément essentiel de notre paysage. Elles créent un écosystème unique. Leur couvert forestier dense crée des environnements frais et ombragés qui abritent de nombreuses espèces qui leur sont propres.
[Erin parle] En outre, environ 90 % de la forêt ancienne de Kejimkujik est composée de pruches. Celles-ci ont donc une valeur écologique très importante pour nous ici.
[Texte : Les Mi’kmaq furent les premiers habitants de ce territoire. Ils utilisaient les forêts de pruches comme abri, ainsi que comme source de nourriture et de médicaments.]
[Erin parle] La plus récente menace qui pèse sur les dernières forêts anciennes de pruches à Kejimkujik est un nouveau ravageur forestier envahissant appelé puceron lanigère de la pruche. Cet insecte exotique, semblable à un puceron, se nourrit exclusivement de pruche du Canada. Ce sont des reproducteurs asexués prolifiques, chaque femelle pouvant pondre entre 50 et 200 œufs. De plus, ils produisent deux générations complètes annuellement.
[Texte : Le PLP est originaire de l’Asie et de l’ouest de l’Amérique du Nord. Il est arrivé dans l’est de l’Amérique du Nord pour la première fois dans les années 1950. Étiquettes : PLP adulte couvert d’une substance laineuse + PLP capable de se déplacer]
[Erin parle] Dans l’ouest de l’Amérique du Nord et dans toute l’Asie, des prédateurs s’en nourrissent naturellement et contrôlent les populations. Or, aucun de ces prédateurs indigènes naturels n’existe dans l’est de l’Amérique du Nord. La population de PLP ici est donc en mesure d’exploser et de croître de manière exponentielle, sans aucun contrôle.
[Texte : On prévoit que le PLP pourrait infecter et tuer la majorité des pruches de Kejimkujik d’ici 2030.]
C’est pourquoi Parcs Canada a mis en œuvre une stratégie de gestion du ravageur qui utilise la lutte chimique et la lutte biologique.
[Erin parle] Dans le cadre de notre stratégie intégrée de gestion du ravageur, l’un des piliers est la lutte chimique. C’est donc actuellement notre solution provisoire à court terme pour protéger les pruches.
[Brendan parle] Bonjour. Del et moi nous dirigeons aujourd’hui dans un secteur du nord du parc, le lac Frozen Ocean. Nous allons faire des pulvérisations corticales à la souche à plusieurs emplacements de camping de l’arrière-pays. Nous avons chargé le VTT sur le camion, et nous vous amenons dans cette aventure.
[Brendan parle] Nous sommes arrivés à notre premier site au lac Frozen Ocean. Del est en arrière-plan actuellement, en train de préparer les pulvérisateurs à dos. Ceci est important pour déterminer nos doses d’application et appliquer la bonne quantité de produit sur les pruches. La première chose que nous faisons est de nous approcher d’un arbre marqué pour le traitement.
Nous pouvons constater que le diamètre à hauteur de poitrine (DHP) a été enregistré. C’est donc le nombre de battements que nous comptons mentalement lors de l’application du traitement autour de l’arbre.
[Texte : Nous utilisons aussi une méthode d’application chimique appelée injection dans le tronc.]
[Texte : Parcs Canada surveille les répercussions sur d’autres espèces indigènes et les concentrations de pesticides afin de s’assurer que les traitements chimiques ne posent pas de risque à l’environnement.]
[Lucas parle] Dans un système où cohabitent prédateurs et proies, il est important que si les populations de proies sont régulées, qu’on évite qu’elles ne se multiplient au point de nuire à d’autres espèces suffisamment prédatrices pour réguler leurs populations. C’est ce que l’on appelle une régulation descendante.
[Texte : Les scientifiques étudient le coléoptère Laricobius nigrinus de la Colombie-Britannique. En tant que prédateur naturel spécialisé, il pourrait aider à contrôler la population de PLP.]
[Texte : Ce prédateur spécialisé se nourrit du PLP. Comme ce coléoptère contribue à contrôler le PLP en Colombie-Britannique, il est utilisé pour le réguler en Nouvelle-Écosse.]
[Lucas parle] Notre objectif est donc de déterminer si ces petites bêtes peuvent survivre dans l’environnement plutôt unique de la Nouvelle-Écosse. Ensuite, nous cherchons à comprendre leur impact sur le PLP en milieu fermé. L’idée est donc de placer une quantité connue de coléoptères avec le PLP en milieu fermé. Grâce à ces données et à des échantillonnages effectués tout au long de l’année, nous pouvons également nous assurer que les coléoptères affectent réellement le PLP.
[Texte : Les sites de biocontrôle sont sélectionnés en fonction de critères tels que l’absence de traitements chimiques à proximité, la proximité des corridors d’eau et des niveaux adéquats de PLP pour assurer une nourriture abondante.]
[Erin speaks] Ces méthodes fonctionnent ensemble dans le cadre d’une stratégie intégrée de lutte contre le ravageur, ce qui signifie essentiellement que nous utilisons une variété de différents types de stratégies pour assurer la protection à long terme de la pruche du Canada dans la région de Kespukwitk.
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Protéger l'héritage de la pruche de Kejimkujik, Parc national et lieu historique national Kejimkujik
Résumé du projet
L’établissement d’une population de puceron lanigère de la pruche au parc national et lieu historique national Kejimkujik constitue une menace importante pour la pruche du Canada, qui compose environ 10 % de la zone forestière du parc. La mortalité imminente des pruches aura des conséquences négatives sur l’intégrité écologique des forêts du parc Kejimkujik à l’avenir.
Le puceron lanigère de la pruche a été détecté pour la première fois au parc national et lieu historique national Kejimkujik en 2018, et Parcs Canada a saisi l’occasion pour procéder à une gestion active et à la protection des forêts de pruches du Canada tandis que l’intégrité écologique globale des écosystèmes forestiers du parc était encore bonne et stable.
En collaboration avec les Mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse et ses partenaires régionaux, Parcs Canada a eu recours à diverses méthodes pour gérer l’incidence de cet insecte :
- protéger des pruches individuelles dans des endroits prioritaires en menant une lutte chimique;
- améliorer la résilience et la diversité de la forêt au camping de la baie Jeremy grâce à un contrôle sylvicole;
- contribuer aux premières étapes de la recherche sur le contrôle biologique en tant que stratégie de gestion à long terme du puceron lanigère de la pruche.
Avec l’aide de nombreux visiteurs, bénévoles et partenaires, beaucoup de choses ont été accomplies au cours de ce projet quinquennal.
Objectifs
Le projet Ralentir la propagation avait deux objectifs principaux par rapport à la récente invasion du puceron dans le parc :
- protéger les peuplements de pruches du Canada hautement prioritaires;
- limiter les effets à long terme du déclin de la pruche sur l’intégrité écologique et la résilience de la forêt dans son ensemble.
Collaboration
Les premières années du projet ont été principalement consacrées à l’approfondissement des connaissances et à la recherche d’options pour protéger les forêts de pruches.
Dans le cadre de ce processus, un groupe de travail régional a été créé, le HWA Working Group – Maritimes (groupe de travail sur le puceron lanigère de la pruche – Maritimes), et rassemble des participants d’organismes fédéraux, provinciaux, universitaires et non gouvernementaux afin de coordonner les priorités liées aux incidences et à la gestion du puceron lanigère de la pruche et de collaborer à leur réalisation. L’esprit de collaboration de ce projet s’est prolongé dans les relations avec les partenaires autochtones, ce qui a conduit à une gestion des forêts de pruches du parc Kejimkujik fondée sur l’Etuaptmumk (l’approche à double perspective).
Résultats
Tous les aspects de la stratégie de lutte intégrée contre les parasites visant à protéger la pruche ont été menés à bien dans le cadre de ce projet, comme il est expliqué ci-dessous. Alors que des années supplémentaires de surveillance fourniront des renseignements sur les avantages globaux de la lutte intégrée, les premiers résultats suggèrent que les arbres traités sont en meilleure santé que les arbres non traités et que les agents de lutte biologique se nourrissent activement du puceron lanigère de la pruche.
Lutte chimique
Les traitements chimiques sont une importante mesure à court terme pour protéger la pruche du Canada pendant que l’on met en place des solutions de contrôle à long terme. Les premiers traitements chimiques de la pruche du Canada au parc Kejimkujik ont eu lieu à l’automne 2021, durant lequel 428 pruches ont été traitées dans la forêt ancienne à proximité du sentier Hemlocks and Hardwoods. Vu le succès de cette première phase du projet, un nombre croissant d’arbres ont été traités au cours des années suivantes dans des peuplements hautement prioritaires, recensés grâce au cadre de priorisation des peuplements de pruches. Grâce au projet Ralentir la propagation, plus de 4 000 pruches ont été protégées contre le puceron lanigère de la pruche à l’échelle du parc national et lieu historique national Kejimkujik.
Contrôle sylvicole
Par un éclaircissement de 25 % de l’étage dominant de la pruche du Canada, les autres arbres peuvent bénéficier d’une quantité accrue de lumière et de nutriments, ce qui leur permet de prendre de la vigueur. La mise en œuvre de cette stratégie au terrain de camping de la baie Jeremy permet également à Parcs Canada d’éliminer de façon préventive les arbres morts ou mourants qui posent un risque pour la sécurité des visiteurs et l’infrastructure du terrain de camping. Les zones éclaircies sont ensuite plantées de semis d’essences propre à la forêt wabanaki-acadienne afin de diversifier les espèces du sous-étage et d’accroître la résilience de la future forêt.
Depuis 2021, environ 1 300 pruches du Canada ont été enlevées du terrain de camping de la baie Jeremy et plus de 5 000 semis ont été plantés. Les mesures de protection contre le broutement ont contribué à la survie de plus de 90 % des arbres plantés tout au long de ce projet.
Lutte biologique
Comme il n’y a pas de prédateurs indigènes du puceron lanigère dans l’Est du Canada, la lutte biologique (biocontrôle) est le seul outil de gestion à long terme et à l’échelle du paysage dont on dispose pour enrayer cet insecte. Les partenaires régionaux ont mis au point un programme régional de biocontrôle pour appuyer le contrôle à long terme de la population de pucerons par la libération de quatre insectes : Laricobius nigrinus, L. osaneksis, Leucotaraxis piniperda, Le. argenticollis.
À l’automne 2023, plus de 5 000 coléoptères Laricobius nigrinus provenant de l’Ouest du Canada ont été relâchés dans le Sud-Ouest de la Nouvelle-Écosse par le Service canadien des forêts, dont environ 185 dans le parc Kejimkujik. La libération de L. nigrinus se poursuivra chaque année dans la province, et des efforts sont déployés pour faciliter les futures libérations des trois autres agents de biocontrôle.
Aucune intervention
Bien que le personnel de Parcs Canada s’efforce de protéger les peuplements prioritaires de pruche du Canada et de gérer l’incidence du puceron lanigère de la pruche, une grande partie de la forêt suivra une transition naturelle. Parcs Canada surveille attentivement ces sites afin d’évaluer les effets du ravageur sur les écosystèmes de pruches du Canada et sur les processus de succession naturelle.
Sensibilisation du public
Outre la lutte contre le puceron lanigère de la pruche au parc national et lieu historique national Kejimkujik, ce projet était axé sur une sensibilisation accrue du public et sur l’expérience du visiteur. Il y a notamment eu des campagnes de sensibilisation et d’éducation du public, des visites guidées sur le terrain et des programmes de diffusion externe, ainsi que des programmes d’interprétation visant à familiariser les visiteurs avec la conservation de la pruche.
Travaux à venir
Nous observons actuellement les premiers signes de changements généralisés dans les forêts du parc national et lieu historique national Kejimkujik découlant des effets du puceron lanigère de la pruche, des changements climatiques et de l’arrivée récente et imminente d’autres espèces forestières envahissantes (p. ex. le charançon du hêtre, l’agrile du frêne).
La protection et la conservation efficaces des forêts du parc Kejimkujik devraient être un processus à long terme qui s’étend au-delà du projet Ralentir la propagation.
Leçons tirées
Gestion de la population
Les premiers résultats montrent qu’en gérant la population de puceron lanigère de la pruche, Parcs Canada peut limiter l’incidence à long terme du déclin de la pruche sur l’ensemble de l’écosystème forestier.
Coordination régionale
La coordination régionale et la collaboration entre les organismes fédéraux, provinciaux, universitaires et non gouvernementaux ont été essentielles pour dynamiser l’acquisition de connaissances, cibler les priorités de recherche, élaborer des stratégies de gestion et sensibiliser le public au puceron lanigère de la pruche. Ces efforts ont aidé à obtenir le soutien du public pour le projet tout en garantissant que les considérations et les mesures d’atténuation appropriées soient incorporées dans la gestion du puceron à l’échelle de Kespukwitk.
Surveillance et détection précoce
Le projet Ralentir la propagation a toutefois connu son lot de difficultés. La présence du puceron lanigère de la pruche au parc national et lieu historique national Kejimkujik n’a été détectée qu’une fois les populations bien établies, ce qui a retardé l’élaboration et l’approbation des stratégies de gestion. Une sensibilisation préalable, une détection précoce et une mobilisation préventive des partenaires et des experts régionaux auraient probablement donné à Parcs Canada le temps et les ressources nécessaires pour préparer et planifier les interventions avant l’établissement de la population.
L’invasion du puceron lanigère de la pruche au parc Kejimkujik a renforcé la compréhension de Parcs Canada de l’importance de la surveillance continue des espèces envahissantes et de la mobilisation des partenaires régionaux pour favoriser une planification préalable et une intervention rapide face aux espèces envahissantes.
Projets futurs
Le projet Ralentir la propagation a contribué à transformer la façon dont le public perçoit la gestion des espèces envahissantes dans le parc national et lieu historique national Kejimkujik.
Les réussites et les leçons tirées dans le cadre de ce projet seront utilisées par Parcs Canada et ses partenaires pour orienter la gestion du parc et les futurs efforts de conservation.
Le projet a fait ressortir la possibilité de limiter les incidences sur l’intégrité écologique dans un écosystème menacé grâce à une gestion adéquate et à une collaboration régionale.
Demander le rapport complet
Pour obtenir une copie du rapport Ralentir la propagation, écrivez à : kejimkujik@pc.gc.ca
Nous joindre
Demandes de renseignements et demandes de la part des médias : kejimkujik@pc.gc.ca
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