Ébauche du plan directeur du Parc national du Canada Auyuittuq, 2026

Parc national Auyuittuq


1.0 Introduction

Le parc national du Canada Auyuittuq, un endroit exceptionnel au sein de l’Inuit Nunangat (la patrie des Inuit), est situé dans la région de Qikiqtaaluk au Nunavut (carte 1), où les Inuit et leurs ancêtres sont les intendants des terres, des glaces et des eaux depuis des temps immémoriaux. La gestion conjointe par Parcs Canada et les Inuit s’articule autour d’une vision de la gouvernance qui favorise l’intendance continue par les Inuit, respecte les engagements communs, fait progresser la réconciliation et appuie la mise en œuvre de la Loi sur Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Le mandat de Parcs Canada consiste à protéger et à mettre en valeur les lieux patrimoniaux pour que les générations d’aujourd’hui et de demain puissent en profiter. En vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, Parcs Canada doit préparer un plan directeur pour chaque parc national où il joue un rôle d’administrateur. En ce qui concerne le parc national Auyuittuq, l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik (l’ERAI de Baffin) oriente le processus d’élaboration du plan directeur et exige que les Inuit participent à la prise de décisions sur la gestion du parc.

Le Plan directeur du parc national du Canada Auyuittuq aide Parcs Canada à rendre des comptes à la population canadienne, donne des orientations claires pour l’intendance à long terme et précise comment la gestion du parc national permettra d’obtenir des résultats mesurables. Il s’agit du deuxième plan directeur pour le parc national Auyuittuq, après un premier plan mis en œuvre en 2010. Le plan sert de feuille de route et décrit les priorités pour les dix prochaines années. Il présente le contexte du parc, établit une vision, définit des stratégies clés, fixe des objectifs mesurables et décrit le zonage appliqué au parc. Une évaluation environnementale stratégique, résumée dans le plan, a été réalisée pour examiner les résultats attendus de la mise en œuvre du plan ainsi que d’autres activités et changements susceptibles d’avoir une incidence sur le parc.

Le parc national Auyuittuq, comme d’autres lieux patrimoniaux nationaux du Canada, est confronté à d’importants défis environnementaux. Les changements climatiques entraînent une transformation des écosystèmes, perturbent les traditions culturelles et le patrimoine culturel associé au paysage, menacent les infrastructures et les ressources et modifient l’expérience que les gens vivent dans ces lieux. Pour s’adapter à ces défis et accroître sa résilience, Parcs Canada adopte une approche proactive et souple. Pour le parc national Auyuittuq, il s’agit notamment d’évaluer régulièrement les conditions et les tendances, de déterminer les mesures qui doivent être prises et de travailler avec les partenaires inuits et les intervenants pour prendre et communiquer les décisions de gestion. Parcs Canada demeure fermement résolu à assurer la conservation des écosystèmes, à préserver le patrimoine culturel et à offrir des expériences enrichissantes aux générations d’aujourd’hui et de demain, et il le fera d’une manière durable en fonction des limites opérationnelles, financières et écologiques.

Le Plan directeur du parc national du Canada Auyuittuq est un outil qui permet aux décideurs de gérer les activités ayant lieu dans le parc et d’orienter la planification et la production de rapports plus détaillés au cours de la prochaine décennie. Le plan sert d’assise à la mobilisation continue, à la participation des communautés à l’appréciation et à la protection du parc et, le cas échéant, aux consultations sur la gestion du parc national Auyuittuq pour les années à venir.

Carte 1 : Cadre régional du parc national Auyuittuq

Carte 1 : Cadre régional du parc national Auyuittuq, version textuelle suit.
Carte 1 : Cadre régional du parc national Auyuittuq — Version textuelle

Cette carte montre l’est de l’Arctique canadien, principalement Qikiqtaaluk (île de Baffin) dans le territoire du Nunavut. Elle montre les aires protégées administrées par Parcs Canada, les communautés, les îles et les cours d’eau. Un petit carton au bas situe le Nunavut dans le Nord-Est du Canada.

Région principale et orientation

Sur la carte, le nord est en haut, et Qikiqtaaluk occupe le centre. À l’est, de l’autre côté d’une vaste étendue d’eau appelée Qikiqtaaluup Ikinga (détroit de Davis), se trouve le Groenland. Au sud se trouve Ikirasajjuaq (détroit d’Hudson), et au-delà, le Nord-du-Québec.

Parcs nationaux

  • Le parc national Auyuittuq est représenté en vert foncé sur la côte sud-est de l’île de Baffin. Il s’étend depuis la côte près de la baie Cumberland jusqu’à la côte de Qikiqtaaluup Ikinga;
  • Les autres parcs nationaux de la région sont représentés en vert pâle :
    • Parc national Sirmilik près de Pond Inlet et d’Arctic Bay;
    • Parc national Qausuittuq loin au nord-ouest, au-delà de Resolute;
    • Parc national Ukkusiksalik sur la partie continentale au sud de Naujaat.

Aires marines nationales de conservation

  • L’aire marine nationale de conservation Tallurutiup Imanga, en bleu moyen, se trouve au nord de Qikiqtaaluk, entre Resolute et Pond Inlet;
  • Les zones hachurées en bleu foncé indiquent les projets d’aire marine de conservation près des côtes sud et est de Qikiqtaaluk, notamment certaines parties de la baie Cumberland et les eaux près d’Amettuup Tariungga (bassin Foxe).

Communautés indiquées sur Qikiqtaaluk

  • Iqaluit, dans la partie sud (capitale territoriale);
  • Pangnirtung, au sud du parc national Auyuittuq et au nord-est de la baie Cumberland;
  • Qikiqtarjuaq, à l’est du parc national Auyuittuq, sur la côte est de Qikiqtaaluk;
  • Clyde River, plus au nord le long de la côte est;
  • Pond Inlet et Arctic Bay, à l’extrême nord.

Autres caractéristiques géographiques

  • Le cercle polaire arctique est représenté par une ligne de tirets traversant la partie sud de l’île de Baffin, le long de l’extrémité sud du parc national Auyuittuq;
  • Les principaux plans d’eau environnants sont indiqués, notamment Sannirutiup Imavik (baie de Baffin) au nord-est et Tallurutiup Imanga (détroit de Lancaster) au nord-ouest.

Légende (expliquée en mots)

  • Vert foncé : parc national Auyuittuq;
  • Vert pâle : autres parcs nationaux;
  • Bleu moyen uni : aire marine nationale de conservation Tallurutiup Imanga;
  • Hachures bleu foncé : projets d’aire marine nationale de conservation;
  • Points noirs : communautés.

Une barre d’échelle (de 0 à 200 km) apparaît en bas.

 

2.0 Importance du parc national Auyuittuq

Cinquième parc national en importance au Canada, Auyuittuq est constitué de 19 089 km2 de terres, de glaces et d’eaux (carte 2). Qikiqtarjuaq et Pangnirtung sont les deux communautés situées à proximité. Les Inuit ont choisi le nom Auyuittuq, qui signifie « terre qui ne fond jamais » en inuktitut, pour ce parc arctique où la glace, présente sous de nombreuses formes, façonne l’environnement et les interactions qu’ont les gens avec lui.

Auyuittuq revêt une importance culturelle pour les Inuit en tant que lieu de vie, que ce soit pour les voies de passage, la récolte de nourriture ou les lieux spirituels. Le territoire qui constitue aujourd’hui le parc est habité depuis plus de 3 500 ans, soit depuis l’arrivée des Paléo-Inuit en provenance de l’Arctique occidental. Les sites archéologiques montrent que les Tuniit (Dorset) étaient présents dans la région il y a environ 2 800 ans, et qu’ils ont été suivis par les Inuit thuléens il y a environ 700 ans. Les récits oraux font état de nombreux déplacements dans la région par les Inuit et les peuples de chasseurs qui les ont précédés; beaucoup d’endroits que les familles inuites fréquentent aujourd’hui sont ainsi utilisés sans interruption depuis des générations. Le col Akshayuk, une voie de passage importante qui traverse le parc, est depuis plusieurs décennies un axe majeur du commerce régional; il servait autrefois à transporter les habitants des environs jusqu’à l’ancien hôpital de la mission St. Luke’s à Pangnirtung pour y recevoir des soins, et continue aujourd’hui encore à relier les communautés entre elles. L’Inuit Qaujimajatuqangit, les toponymes traditionnels et les homonymes favorisent des liens durables entre les Inuit, leurs ancêtres et le parc national Auyuittuq.

Grâce à son militantisme et à son leadership, l’organisation nationale Inuit Tapiriit Kanatami a joué un rôle déterminant dans la modification de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, ce qui a mené à la création d’Auyuittuq en tant que première réserve de parc national du Nunavut en 1976. Le nouveau régime des réserves de parc national permettait aux Inuit locaux de poursuivre leurs activités de chasse, de pêche et de piégeage à Auyuittuq, tout en retardant l’établissement d’un parc national à part entière jusqu’à la conclusion de l’Accord sur le Nunavut. Au cours des années suivantes, les membres du personnel inuit et des communautés ont continué à partager leurs connaissances et à fournir des conseils essentiels à une exploitation efficace du parc, notamment dans le cadre d’un système officiel de gestion coopérative en place depuis 2001. Les Inuit demeurent indissociables du patrimoine culturel vivant du parc et de ses écosystèmes.

Dans le Plan du réseau des parcs nationaux, Auyuittuq représente la région naturelle de Davis du Nord, un environnement composé de montagnes, de glaciers, de fjords et d’une faune marine abondante. Les hautes terres comptent de vastes glaciers ainsi que certains des sommets les plus hauts et les plus remarquables du Bouclier canadien, comme la face abrupte de Qaiqsualuk (sommet Thor) ainsi que Qattaujannguaq (mont Asgard), qui ressemble à un tonneau. Les basses terres et les cours d’eau de la toundra fournissent un habitat à plusieurs espèces importantes pour les Inuit, notamment des caribous, des ombles chevaliers, des oiseaux, des lièvres arctiques, des loups arctiques et des renards. Pêches et Océans Canada considère les fjords d’Auyuittuq comme un élément de la zone d’importance écologique et biologique du littoral de l’île de Baffin. Ces riches écosystèmes marins abritent des ours polaires, des oiseaux marins, des baleines boréales, des coraux, des narvals, des poissons, des phoques, des morses et des bélugas. L’environnement marin directement adjacent aux limites du parc fait partie du projet d’aire marine nationale de conservation de la baie Cumberland et de la baie Merchants.

Les visiteurs viennent de partout au Canada et du monde entier pour découvrir Auyuittuq. Le trajet spectaculaire du col Akshayuk attire randonneurs, skieurs et alpinistes depuis des décennies. Le parc favorise les occasions pour les Canadiens de découvrir auprès des Inuit leur patrimoine et leur culture, tandis que les activités virtuelles de diffusion externe permettent de faire connaître le parc national Auyuittuq au monde entier.

Carte 2 : Cadre local du parc national Auyuittuq

Carte 2 : Cadre local du parc national Auyuittuq , version textuelle suit.
Carte 2 : Cadre local du parc national Auyuittuq — Version textuelle

Cette carte montre le parc national Auyuittuq entre la baie Cumberland au sud-ouest et Qikiqtaaluup Ikinga (détroit de Davis) au nord-est. Le territoire du parc est montré en vert pâle et comprend des reliefs, des glaciers et des cours d’eau ombragés.

La communauté de Qikiqtarjuaq se trouve à environ 25 km à l’est de la limite du parc, tandis que Pangnirtung est à environ 25 km au sud. Une ligne de tirets bruns montre une voie de passage de 100 km de long qui traverse le col Akshayuk du nord au sud dans la partie sud-est du parc. Les parcelles de terre appartenant aux Inuit autour du parc sont ombragées en gris. Une barre d’échelle (de 0 à 40 km) apparaît en haut à droite.

Sur la carte, le nord est en haut. La légende comprend une liste numérotée de toponymes inuktituts et officiels pour les cours d’eau du parc. Chaque toponyme numéroté correspond à un emplacement sur la carte.

Limite nord du parc

  1. Sarvalik – fjord Confederation
  2. Qikiqtalujjuap Kangiqturuluk Ungalliq
  3. Qikiqtalujjuaq Kangiqturuluk Missiqti
  4. Nalluqsiaq Ungalliq – fjord Nedlukseak
  5. Kangiqtullualuk – baie Okoa
  6. Naaqpait – fjord Narpaing
  7. Kuannilik
  8. Qaajurnaq – fjord Quajon

Limite ouest du parc

  1. Mattaatujjana – fjord Maktak
  2. Illaulittuuq – fjord Coronation
  3. Panniqtuuruluk – fjord Pangnirtung Nord

Limite est du parc

  1. Piqalujaqtuuq – lac Greenshield

Limite sud du parc

  1. Panniqtuup Kangiqtunga – fjord Pangnirtung

Légende (expliquée en mots)

  • Ligne de tirets bruns : voie de passage;
  • Vert : parc national;
  • Gris : Terres appartenant aux Inuit.
 

3.0 Contexte de planification

Cadre juridique et de gouvernance

L’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut a préséance en cas d’incohérences ou de contradictions juridiques dans la gestion du parc national Auyuittuq, qui est régi par la Loi sur les parcs nationaux du Canada. En 1999, la Qikiqtani Inuit Association et le gouvernement du Canada ont signé l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik (ERAI de Baffin), qui établit un système de gouvernance pour une gestion coopérative. Un Comité mixte de planification et de gestion du parc, composé d’un nombre égal de membres nommés par la Qikiqtani Inuit Association et par le ministre responsable de Parcs Canada, se réunit régulièrement et conseille Parcs Canada sur les questions liées à la gestion. L’ERAI de Baffin offre également aux Inuit des communautés voisines de Qikiqtarjuaq et de Pangnirtung la possibilité de profiter d’avantages économiques liés au parc. Parmi ces avantages figurent entre autres la promotion des entreprises appartenant à des Inuit et l’obtention de marchés par elles, ainsi que l’embauche d’employés inuits et le soutien à leur perfectionnement professionnel.

Pendant la période de validité du présent plan, quelques ententes importantes devraient influencer le contexte de gestion du parc national Auyuittuq. Dans le contexte du Financement de projets pour la permanence (FPP) Qikiqtani, la Qikiqtani Inuit Association a fait valoir une approche de la conservation régionale dirigée par les Inuit dans l’accord SINAA conclu en 2025 (dont le nom reflète le terme inuktitut désignant le bord de la banquise). Parcs Canada est déterminé à travailler avec la Qikiqtani Inuit Association pour mettre en œuvre les divers aspects de l’accord SINAA, selon le cas. La renégociation de l’ERAI de Baffin devrait également commencer dans les années à venir. Même si aucune terre de Parcs Canada ne sera transférée dans le cadre de l’Entente sur le transfert des responsabilités relatives aux terres et aux ressources du Nunavut de 2024, les terres de la Couronne adjacentes aux limites du parc feront l’objet d’un changement de compétence. En effet, l’Entente prévoit le transfert des terres publiques, des ressources connexes et des droits sur l’eau du gouvernement du Canada au gouvernement du Nunavut d’ici le 1er avril 2027. Ce changement ne s’appliquera pas aux terres appartenant aux Inuit, qui continueront d’être administrées par la Qikiqtani Inuit Association en tant qu’association inuite régionale dans la région de Qikiqtaaluk.

Inuit Qaujimajatuqangit et culture inuite

Le terme Inuit Qaujimajatuqangit désigne l’ensemble des valeurs, croyances, expériences, perceptions et connaissances traditionnelles, actuelles et en évolution des Inuit à l’égard de l’environnement, notamment les terres, les eaux, la faune, la flore et les humains, dans la mesure où ceux-ci font partie de l’environnement. Il s’agit d’un savoir qui a nourri le passé et qui doit être utilisé aujourd’hui pour assurer un avenir viable. Dans le parc national Auyuittuq, l’Inuit Qaujimajatuqangit représente un moyen fondamental de comprendre les terres, les eaux, les glaces, les espèces sauvages, les écosystèmes, l’histoire et les lieux d’importance culturelle en fonction des expériences vécues par les Inuit au fil des générations. Les Inuit continuent de pratiquer leur culture et d’exercer leurs droits dans le parc et dans les environs, les valeurs sociétales inuites et l’inuktitut étant des aspects importants de la vie quotidienne. Les groupes de travail sur le savoir inuit de Qikiqtarjuaq et de Pangnirtung apportent leurs connaissances et leur expertise dans le cadre de diverses activités, notamment une carte des toponymes traditionnels pour le parc qui a été achevée en 2018. Les travaux menés par le personnel inuit et auxquels participe le Comité mixte de planification et de gestion du parc contribuent également à intégrer les principes et les approches de l’Inuit Qaujimajatuqangit. Ce plan renforce l’engagement de Parcs Canada à concrétiser l’Inuit Qaujimajatuqangit dans l’ensemble de la gestion et de l’exploitation du parc.

Histoires des communautés

Les politiques passées du gouvernement ont profondément marqué les Inuit, et leurs répercussions se font encore sentir aujourd’hui. Jusque dans les années 1950, de nombreux Inuit de la région de Qikiqtaaluk résidaient dans des nunaliit, de petites communautés dirigées par un chef. La Commission de vérité du Qikiqtani appelle la décennie qui a suivi nunalinnguqtitauliqtilluta, « le moment où nous avons été activement (par une force extérieure) formées en communautés ». Les autorités gouvernementales ont contraint les Inuit à s’établir à Pangnirtung et à Qikiqtarjuaq en leur promettant une éducation, des soins de santé, des logements, des emplois et de l’aide financière. À Qivittuuq (Kivitoo), des bâtiments et des biens ont été rasés lors d’une réinstallation forcée en 1963, puis, en 1968, encore plus d’Inuit ont été obligés de déménager de Paallavvik (île Padloping) à Qikiqtarjuaq. La police a abattu de nombreux chiens de traîneau pendant cette période, privant ainsi les familles inuites de leurs moyens de déplacement et de récolte. Dans les années 1970, la plupart des Inuit vivaient dans des communautés, mais ils avaient le sentiment d’avoir été trompés : leur qualité de vie ne s’était pas améliorée et les services restaient insuffisants. Les autorités canadiennes ont conçu et mis en œuvre ces politiques sans consultation adéquate, sans explications et sans un financement suffisant pour soutenir les programmes. Le rapport final de la Commission de vérité du Qikiqtani, qui comprend de nombreux témoignages de survivants, décrit ces premières années difficiles à Qikiqtarjuaq et à Pangnirtung. Les Inuit ont dû continuellement s’adapter et surmonter les défis liés aux effets systémiques des politiques coloniales et au sous-investissement chronique dans les communautés du Nunavut.

Contexte environnemental, y compris les changements climatiques

Bien que le parc national Auyuittuq contribue à la conservation des espèces sauvages et des écosystèmes de l’Arctique, les changements climatiques ont des répercussions sur le parc et l’ensemble de la région. On trouve des espèces en péril dans le parc, notamment l’ours polaire, le harfang des neiges, le caribou de la toundra et le morse de l’Atlantique. Le programme de surveillance de l’intégrité écologique d’Auyuittuq est axé sur les écosystèmes de toundra et de glaciers qui constituent une grande partie du parc, et aide à suivre les changements au fil du temps. Au cours des dernières années, les changements climatiques ont entraîné des conditions météorologiques plus imprévisibles, exceptionnellement chaudes et plus extrêmes, et on s’attend à ce que les températures continuent de grimper. Parmi les effets observés des changements climatiques figurent notamment l’accélération du dégel du pergélisol et de la fonte des glaciers, l’allongement de la saison des eaux libres, l’instabilité des terres, la modification de la répartition des animaux sauvages, les épisodes de précipitations extrêmes et le décalage des événements saisonniers comme l’englacement. Les inondations, dont les plus récentes ont eu lieu à l’été 2023, ont entraîné la fermeture temporaire du col Akshayuk et modifié l’état des voies de passage. Les activités et les développements dans l’ensemble de la région pourraient également avoir des répercussions sur les écosystèmes et les espèces sauvages du parc. L’évaluation environnementale stratégique réalisée pour le présent plan directeur (voir la section 9.0) indique que l’augmentation de la circulation des navires commerciaux, l’exploration minière, les pêches commerciales ainsi que l’aménagement et l’exploitation d’un port en eau profonde à Qikiqtarjuaq pourraient entraîner des effets cumulatifs provenant de l’extérieur du parc, même si l’on s’attend à ce que les changements climatiques demeurent l’un des principaux facteurs de changement dans les années à venir.

Relations et mobilisation communautaires

Les membres des communautés de Qikiqtarjuaq et de Pangnirtung s’intéressent beaucoup au parc. De nombreux Inuit ont des liens familiaux avec le parc et continuent de s’y rendre et d’y pratiquer la récolte. Les bureaux du parc à Qikiqtarjuaq et à Pangnirtung, où le taux d’employés inuits a atteint 100 % au cours des dernières années, offrent un environnement accueillant et soutiennent les relations avec les partenaires locaux. Les membres des communautés souhaitent que Parcs Canada organise davantage d’activités qui mobilisent les jeunes et favorisent la transmission des connaissances, en particulier sur le territoire, et que les capacités et les possibilités relatives au secteur touristique local soient davantage développées. Au cours des dernières années, le roulement du personnel de gestion a parfois mis à l’épreuve la capacité de Parcs Canada à mobiliser les partenaires et à transmettre l’information de façon constante. Il est essentiel de communiquer des messages clairs à l’appui des droits des Inuit et au sujet de la réglementation des activités liées au commerce et aux visiteurs pour sensibiliser la population et établir des relations solides.

Fréquentation du parc

De 2010 à 2025, Auyuittuq a reçu en moyenne 319 visiteurs par année. Il y a deux grandes saisons de fréquentation : de la fin de l’hiver au printemps pour le ski, et l’été pour la randonnée et l’escalade. Les deux communautés adjacentes sont accessibles par des vols réguliers à partir d’Iqaluit. Des pourvoyeurs situés à Qikiqtarjuaq et à Pangnirtung assurent le transport jusqu’au parc pour les visiteurs et les membres du personnel. Cependant, peu d’entreprises offrent ce service, ce qui limite la disponibilité des transports, y compris pour le personnel qui intervient en cas d’urgence. La plupart des visiteurs suivent le trajet du col Akshayuk, un couloir pittoresque où l’on trouve les seules infrastructures aménagées du parc : des chalets destinés au personnel, une série d’abris rudimentaires d’urgence, de caches et de toilettes sèches. En 2025, le réseau radio du parc a été mis à niveau pour devenir un système par satellite, assurant ainsi une liaison plus fiable entre les bureaux du parc et les abris d’urgence du col. Seul un petit nombre de visiteurs se rendent dans d’autres parties d’Auyuittuq, bien qu’il y ait un intérêt accru pour les possibilités de tourisme en milieu marin dans la région. En raison de la situation éloignée du parc et des coûts élevés des déplacements, les activités virtuelles de diffusion externe peuvent jouer un rôle majeur pour faire découvrir Auyuittuq à un plus grand nombre de personnes.

Contexte opérationnel

L’éloignement, les conditions variables et les services locaux limités doivent tous être pris en compte dans la planification opérationnelle d’Auyuittuq, mais le parc bénéficie d’une équipe dont les connaissances et l’expérience aident à gérer efficacement divers changements et défis. Comme il n’y a pas de routes à partir de l’une ou l’autre des communautés, on accède au parc en bateau, en motoneige ou encore par les airs ou à pied. Pendant la saison des eaux libres, puisque Parcs Canada n’a actuellement aucune flotte maritime basée dans l’une ou l’autre des communautés, les membres du personnel doivent se déplacer avec l’aide d’un pourvoyeur ou par aéronef nolisé pour se rendre au parc, y compris lors d’interventions d’urgence. Les déplacements peuvent être difficiles, voire impossibles, pendant la formation et la fonte de la glace de mer ainsi que par mauvais temps. Tout matériel qui n’est pas disponible à Pangnirtung ou à Qikiqtarjuaq doit être transporté par voie aérienne ou maritime, ce qui nécessite une planification préalable et augmente considérablement les coûts. Il peut être difficile pour le personnel sur place de gérer la logistique complexe des grands projets parallèlement à d’autres tâches, comme la prestation de services aux visiteurs et la surveillance dans le parc, en particulier pendant la saison touristique, qui est de courte durée, mais très chargée. En raison de la pénurie chronique de logements dans les deux communautés, il est essentiel de disposer de logements suffisants et appropriés pour le personnel de Parcs Canada pour exploiter le parc national Auyuittuq. Des logements supplémentaires seront également nécessaires pour soutenir les opérations futures de l’éventuelle aire marine nationale de conservation de la baie Cumberland et de la baie Merchants.

Contexte régional de la conservation

Le parc national Auyuittuq fait partie d’une mosaïque plus vaste de terres gérées par différentes administrations, notamment des aires protégées. Dans la région de Qikiqtaaluk, Parcs Canada administre trois autres parcs nationaux (Sirmilik, Qausuittuq et Quttinirpaaq) ainsi que l’aire marine nationale de conservation Tallurutiup Imanga. En 2025, une nouvelle aire protégée autochtone et aire marine nationale de conservation à double désignation a été proposée pour la baie Cumberland et la baie Merchants dans le cadre de l’accord SINAA. Cette double aire protégée permettrait de préserver les milieux marins entourant le parc. La Qikiqtani Inuit Association administre plusieurs parcelles de terre appartenant aux Inuit dans les zones côtières adjacentes aux limites du parc. Environnement et Changement climatique Canada gère également des aires protégées à proximité : les réserves nationales de faune Akpait et Qaqulluit, situées au sud et à l’est d’Auyuittuq protègent de grandes colonies d’oiseaux marins comprenant des habitats de nidification et d’alimentation. Près de Pangnirtung, le gouvernement du Nunavut gère deux parcs territoriaux : Kekerten (Qikiqtat), un lieu patrimonial où l’on trouve une ancienne station baleinière, et Pisuktinu Tunngavik, une aire de camping au bord d’une rivière.

 

4.0 Élaboration du plan directeur

Le présent plan directeur du parc national Auyuittuq a été élaboré par une équipe de planification du parc composée de membres nommés par la Qikiqtani Inuit Association et Parcs Canada, conformément à l’ERAI de Baffin.

Le processus d’élaboration d’un plan directeur commence par l’évaluation de l’état du parc national et la détermination des principaux points à prendre en considération pour le prochain cycle de dix ans. Après la réalisation de l’Évaluation de l’état du parc national Auyuittuq en 2019, l’équipe de planification du parc a cerné les enjeux et les possibilités à aborder dans le cadre du nouveau plan directeur, bien que la pandémie de COVID-19 ait retardé ce travail. L’équipe de planification du parc a demandé conseil au Comité mixte de planification et de gestion du parc pendant le processus d’établissement de la portée, et les membres des deux groupes se sont rendus dans le parc en 2023 pour y tenir des discussions sur la planification.

En 2024, l’équipe de planification du parc a mené des consultations auprès des organisations et des membres des communautés de Qikiqtarjuaq et de Pangnirtung, ainsi qu’auprès des principaux intervenants. Le contenu de l’ébauche du plan directeur a été adapté aux commentaires reçus de la part du Comité mixte de planification et de gestion du parc, des titulaires de droits inuits, des organisations de chasseurs et de trappeurs, des conseils de hameau, des groupes de travail sur le savoir inuit, des entreprises locales, du gouvernement du Nunavut, du secteur du tourisme et du personnel Parcs Canada. Les intérêts exprimés par les membres des communautés ont été directement intégrés à la vision, aux stratégies clés, aux objectifs et aux cibles du plan.

 

5.0 Vision

Le parc national Auyuittuq protège de magnifiques paysages arctiques de renommée mondiale où la culture inuite s’épanouit depuis des temps immémoriaux. La glace, l’eau et le vent façonnent constamment le territoire et les relations qu’entretiennent les gens avec celui-ci. Les processus naturels y créent des paysages escarpés et diversifiés qui comprennent des icebergs, des chutes d’eau, des glaciers, des lacs, des fjords, des rivières, de larges vallées et des montagnes. L’intégrité écologique est préservée afin que le parc offre un habitat de qualité aux espèces sauvages ainsi qu’une connectivité avec le milieu environnant. Parmi les principales espèces arctiques que l’on trouve ici figurent l’ours polaire, le narval, le caribou, le phoque, le béluga et le morse. Les Inuit viennent au parc pour pratiquer la récolte et passer du temps en famille, afin de perpétuer des traditions de longue date et de transmettre les connaissances aux jeunes générations.

Les Inuit dirigent tous les aspects de la gestion du parc national Auyuittuq par l’intermédiaire de son système de gouvernance, en tant que membres des organisations communautaires et partenaires, et en tant qu’employés de Parcs Canada. La gestion coopérative permet de respecter les engagements communs, favorise les possibilités et les avantages pour les Inuit, et renforce la confiance mutuelle. L’Inuit Qaujimajatuqangit, en tant que système de connaissances exhaustif, guide l’intendance et la protection continues des ressources importantes.

Des gens du Canada et du monde entier viennent découvrir le patrimoine culturel et naturel du parc national Auyuittuq. Ils sont invités à se déplacer dans le parc de façon sécuritaire et respectueuse, en harmonie avec les utilisations inuites. La fréquentation du parc soutient les entreprises locales de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq, dont les services aident les gens à découvrir cet endroit précieux et à l’apprécier à sa juste valeur. Les Canadiens acquièrent une meilleure compréhension du patrimoine d’Auyuittuq grâce à des activités de diffusion externe qui mettent en valeur les points de vue et les récits des Inuit, ainsi que les termes et les toponymes en inuktitut.

Le parc est également un endroit où l’on peut observer les effets des changements climatiques dans l’Arctique canadien et en apprendre davantage à ce sujet. La surveillance continue aide Parcs Canada à prendre des mesures pour assurer la sécurité des utilisateurs du parc et favoriser à la fois la résilience écologique et culturelle. Les exemples concrets de changements et d’adaptations dans le parc national Auyuittuq incitent les gens à réfléchir et à agir dans leur propre vie.

 

6.0 Stratégies clés

La gestion du parc national Auyuittuq sera orientée par trois stratégies au cours de la prochaine décennie. Ensemble, ces stratégies guideront la gestion des activités dans le parc et l’affectation des ressources humaines, financières et autres pendant la durée du présent plan afin de concrétiser la vision du parc national Auyuittuq.

Stratégie clé 1
Respecter les engagements et mobiliser les communautés

Les liens étroits qui unissent les Inuit au parc national Auyuittuq se sont tissés au fil des générations qui ont vécu sur ce territoire, au gré des déplacements, des récoltes, du maintien des traditions et du partage du savoir. Les Inuit exercent leurs droits au titre de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut et poursuivent leur rôle d’intendants des écosystèmes à l’intérieur et à l’extérieur du parc. Le parc est géré conjointement avec les conseils du Comité mixte de planification et de gestion du parc, ce qui garantit la participation des Inuit à la planification et à la prise de décisions. D’autres mesures peuvent être prises pour favoriser les liens des communautés avec le parc, notamment en créant des occasions de transmission des connaissances, en collaborant plus régulièrement avec les organisations communautaires et en harmonisant les programmes avec les priorités inuites. Soutenir le renforcement des capacités, consolider les relations, collaborer avec les organisations inuites, et écouter les intérêts des communautés sont autant de moyens par lesquels Parcs Canada peut contribuer à créer des conditions qui encouragent les Inuit à en tirer des avantages.

Objectif 1.1

Les Inuit participent de façon significative à tous les aspects de la gestion du parc national Auyuittuq.

  • 1.1.1 : Les membres du Comité mixte de planification et de gestion du parc participent aux activités de gestion et d’exploitation du parc d’une manière qui respecte ou dépasse les exigences de l’ERAI de Baffin en ce qui concerne le nombre minimal de réunions par année (tel que défini à l’article 5.1.13 de l’ERAI de Baffin);
  • 1.1.2 : Les activités menées avec les groupes de travail sur le savoir inuit à Pangnirtung et à Qikiqtarjuaq répondent aux priorités inuites pour ce qui est de préserver et de faire connaître le patrimoine du parc;
  • 1.1.3 : Des réunions du Comité mixte de planification et de gestion du parc et des groupes de travail sur le savoir inuit ont lieu dans le parc lorsque cela est possible sur le plan opérationnel, et au moins deux fois pendant la mise en œuvre du présent plan directeur. Ces rencontres permettront aux membres de la communauté de tisser des liens avec le territoire;
  • 1.1.4 : Tous les changements de gouvernance requis à la suite de l’accord SINAA, de la renégociation de l’ERAI de Baffin et de tout autre nouvel accord sont mis en œuvre par Parcs Canada en temps opportun.

Objectif 1.2

Les Inuit de Qikiqtarjuaq et de Pangnirtung tirent parti des possibilités économiques liées au parc.

  • 1.2.1 : Les entreprises inuites et locales font l’objet d’une promotion au moyen de la trousse d’information à l’intention des visiteurs, du site Web du parc et des communications avec les visiteurs;
  • 1.2.2 : Parcs Canada fournit un soutien aux pourvoyeurs inuits pour la présentation de demandes de permis d’exploitation d’un commerce et offre des possibilités de formation lors de l’organisation de cours pertinents pour les membres du personnel (comme les premiers soins en milieu sauvage) à Qikiqtarjuaq et à Pangnirtung;
  • 1.2.3 : Grâce à la mise en œuvre du Plan d’emploi des Inuits 2026-2036, le parc national Auyuittuq atteint le taux de 100 % d’emplois inuits et soutient le bien-être des membres du personnel inuits;
  • 1.2.4 : Parcs Canada fera la promotion des avantages offerts aux Inuit par l’ERAI;
  • 1.2.5 : Conformément aux exigences de l’article 24 de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut, les entreprises appartenant à des Inuit sont encouragées à soumissionner pour des contrats, et les fournisseurs de matériaux et de services à Qikiqtarjuaq et à Pangnirtung sont connus et contactés dès le début du processus d’approvisionnement;
  • 1.2.6 : Les discussions avec les organisations de chasseurs et de trappeurs ainsi qu’avec le ministère des Pêches et des Océans reflètent l’intérêt constant pour la pratique de la pêche commerciale fondée sur les droits par des Inuit au sein du parc, et Parcs Canada mène à bien les étapes d’examen interne en temps opportun afin d’appuyer l’évaluation des pêches réalisée par le ministère des Pêches et des Océans.

Objectif 1.3

Le dialogue continu avec les communautés de Qikiqtarjuaq et de Pangnirtung favorise le maintien des liens avec le parc.

  • 1.3.1 : Au moins une activité pour les jeunes de Qikiqtarjuaq et de Pangnirtung est organisée chaque année, et des activités ont lieu dans le parc chaque fois que cela est possible sur le plan opérationnel;
  • 1.3.2 : Les membres et les organisations des communautés sont tenus au courant de l’exploitation du parc au moyen de mises à jour communiquées lors d’assemblées annuelles (notamment avec les organisations de chasseurs et de trappeurs et les conseils de hameau), de manière opportune lors d’événements communautaires et dans la correspondance régulière;
  • 1.3.3 : Les produits de diffusion externe destinés aux communautés transmettent des renseignements clairs sur les droits des Inuit dans le parc et mettent en évidence les règlements qui s’appliquent aux visiteurs, y compris les résidents qui ne sont pas des Inuit visés par l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut, et aux activités commerciales.

Stratégie clé 2
Favoriser le rapprochement avec le parc au moyen d’expériences sécuritaires et enrichissantes

Le parc national Auyuittuq soutient diverses utilisations continues : les Inuit se déplacent et pratiquent des activités fondées sur les droits dans le parc pendant toute l’année, les visiteurs viennent pour des activités récréatives saisonnières, et d’autres activités comme la recherche et le tournage ont lieu périodiquement. Il est prioritaire de continuer d’accueillir les visiteurs pour qu’ils puissent découvrir le parc d’une manière qui soit en harmonie avec les activités et les valeurs des Inuit. Pour préserver l’authenticité et la qualité exceptionnelle de l’expérience offerte aux visiteurs à Auyuittuq, il faut que les possibilités, les produits d’interprétation, les infrastructures et les programmes destinés aux visiteurs puissent être adaptés à l’évolution des besoins. En mobilisant régulièrement les organisations communautaires et territoriales, Parcs Canada peut participer aux discussions en cours sur le développement du tourisme local et trouver des moyens de favoriser le renforcement des capacités. La sécurité publique est une considération primordiale, car les effets des changements climatiques influencent les conditions de déplacement dans le parc; la détection, la surveillance et la communication des dangers peuvent aider les utilisateurs du parc à bien planifier et à se préparer de manière adéquate.

Objectif 2.1

Les visiteurs vivent des expériences mémorables enrichies par des occasions d’en apprendre davantage sur le patrimoine culturel et naturel du parc.

  • 2.1.1 : Des présentoirs renouvelés au bureau du parc à Pangnirtung sont élaborés et installés pendant la durée du présent plan;
  • 2.1.2 : Parcs Canada soutient l’examen de nouvelles possibilités à offrir aux visiteurs, y compris des possibilités pour les zones marines du parc, qui sont proposées et dirigées par des pourvoyeurs et des voyagistes;
  • 2.1.3 : La collaboration avec les municipalités de Qikiqtarjuaq et de Pangnirtung permet de cerner et de concrétiser des possibilités offertes aux visiteurs qui correspondent aux priorités de développement touristique des communautés et aux objectifs de gestion du parc;
  • 2.1.4 : Les visiteurs sont encouragés à passer du temps à Qikiqtarjuaq et à Pangnirtung pendant leur séjour et sont mis en contact avec des fournisseurs de services offrant des programmes culturels inuits.

Objectif 2.2

Le parc national Auyuittuq tient compte des commentaires reçus et offre un niveau de service approprié pour que les utilisateurs du parc restent en sécurité, profitent pleinement de leur séjour et apprécient la région.

  • 2.2.1 : Les expériences et les produits destinés aux visiteurs sont réexaminés aux trois ans afin qu’ils demeurent pertinents et qu’ils continuent de favoriser des expériences exceptionnelles;
  • 2.2.2 : L’appui à l’application de la loi dans le parc national Auyuittuq est maintenu ou augmente grâce à une coopération continue avec la Direction de l’application de la loi de Parcs Canada et le gouvernement du Nunavut;
  • 2.2.3 : Les résultats de la surveillance de la fréquentation maritime du parc sont examinés afin de déterminer si des mesures d’atténuation ou des restrictions devraient être mises en œuvre pour réduire le plus possible les effets négatifs;
  • 2.2.4 : Des mesures d’atténuation appropriées sont déterminées au cours de l’évaluation de toute nouvelle possibilité pour les visiteurs afin d’aider à rationaliser le processus de demande et d’examen des permis.

Objectif 2.3

Le programme de sécurité publique comprend une évaluation et une communication efficaces des dangers afin de favoriser des expériences sécuritaires dans le parc.

  • 2.3.1 : Les documents sur la sécurité des visiteurs et du public intègrent l’Inuit Qaujimajatuqangit pour aider à planifier des déplacements sécuritaires à différents endroits et en différentes saisons;
  • 2.3.2 : Grâce à une évaluation continue des dangers dans le parc, tous les utilisateurs du parc ont accès à des renseignements à jour sur la sécurité;
  • 2.3.3 : L’Inuit Qaujimajatuqangit et des recommandations basées sur la science orientent la planification continue de la sécurité et guident la mise en œuvre du Plan de sécurité publique dans le parc national Auyuittuq;
  • 2.3.4 : La collaboration avec les partenaires du domaine de la sécurité à l’échelle communautaire, territoriale et fédérale favorise la préparation aux situations d’urgence, notamment par des possibilités de formation conjointe.

Objectif 2.4

Les biens et l’infrastructure du parc sont gérés dans un souci de durabilité afin d’exécuter les programmes et de répondre aux besoins opérationnels à long terme.

  • 2.4.1 : La planification de l’entretien des installations tient compte des impacts prévus associés aux changements climatiques;
  • 2.4.2 : Avant la création de l’aire marine nationale de conservation proposée dans la baie Cumberland et la baie Merchants, les biens immobiliers et les biens meubles du parc national Auyuittuq font l’objet d’une évaluation visant à cerner toute sous-utilisation et à déterminer et à combler les besoins éventuels en infrastructures ou en véhicules supplémentaires requis pour soutenir la sécurité des opérations et l’efficacité de la prestation des programmes;
  • 2.4.3 : Un protocole de mise à jour régulière des données sur les biens est établi avec le personnel sur place afin que l’information sur l’état des biens et leur entretien soit facilement accessible.

Stratégie clé 3
Générer et diffuser des connaissances

L’Inuit Qaujimajatuqangit, qui est une compréhension globale fondée sur les expériences vécues et communes des Inuit, sert de fondement aux connaissances sur le parc national Auyuittuq. Cette compréhension comprend des observations sur la santé des écosystèmes du parc et les changements qui y sont observés, lesquels sont pris en compte conjointement avec les données recueillies dans le cadre du programme de surveillance de l’intégrité écologique du parc national Auyuittuq. Un énoncé de valeur des ressources culturelles pour le parc a été élaboré en 2014, mais d’autres travaux sont nécessaires pour documenter et comprendre les ressources culturelles et archéologiques du parc, et déterminer la meilleure façon d’en prendre soin. La recherche offre aux Inuit la possibilité de renforcer leurs capacités dans différents domaines appliqués, d’élargir leur compréhension des sujets prioritaires et d’encourager l’échange de connaissances. Les installations de la nouvelle station de recherche de Qikiqtarjuaq pourraient contribuer à attirer davantage d’intérêt pour la recherche dans la région au cours des prochaines années. Les activités de diffusion externe permettent de transmettre les connaissances sur le parc national Auyuittuq à plus grande échelle, notamment en ce qui concerne le patrimoine inuit et les résultats de diverses activités opérationnelles.

Objectif 3.1

La surveillance continue des écosystèmes et la participation aux initiatives relatives aux espèces en péril contribuent au maintien de l’intégrité écologique du parc.

  • 3.1.1 : La compréhension de l’intégrité écologique du parc est orientée par l’Inuit Qaujimajatuqangit et les méthodes fondées sur la science occidentale;
  • 3.1.2 : Des méthodes économiques, stables et sécuritaires de surveillance des glaciers du parc sont mises en œuvre dans un délai de cinq ans;
  • 3.1.3 : Parcs Canada participe à la planification du rétablissement et de la gestion des espèces en péril du parc.

Objectif 3.2

La participation des Inuit à la gestion du patrimoine culturel favorise une intendance continue et une compréhension commune du patrimoine du parc.

  • 3.2.1 : D’ici cinq ans, les priorités pour la surveillance de l’intendance du patrimoine culturel dans le parc sont établies et servent à orienter les mesures prises par la direction;
  • 3.2.2 : Tous les protocoles de surveillance des sites culturels et archéologiques sont conçus et mis en œuvre selon les conseils du Comité mixte de planification et de gestion du parc et conformément à l’article 4.1.2 de l’ERAI de Baffin;
  • 3.2.3 : Les activités de diffusion externe permettent de mieux faire connaître l’histoire, les pratiques et les récits inuits associés au parc, notamment les résultats du programme du patrimoine culturel;
  • 3.2.4 : Les activités liées au patrimoine culturel comprennent un mécanisme permettant aux Aînés de transmettre leurs connaissances aux jeunes générations.

Objectif 3.3

La recherche menée dans le parc national Auyuittuq porte sur des sujets prioritaires et permet de renforcer la participation des Inuit aux activités de recherche.

  • 3.3.1 : La liste des priorités de recherche pour Auyuittuq est révisée dans un délai d’un an et au moins tous les cinq ans par la suite;
  • 3.3.2 : À mesure que la compréhension des effets des changements climatiques sur les écosystèmes du parc, les ressources culturelles et la sécurité du public s’améliore, Parcs Canada met en œuvre des mesures, lorsque cela est réalisable, pour atténuer ces effets et favoriser la durabilité;
  • 3.3.3 : La collaboration avec d’autres ministères, des organisations inuites et les institutions de gouvernement populaire du Nunavut fait en sorte que la recherche prioritaire est traitée de manière appropriée;
  • 3.3.4 : La recherche qui concerne directement les Inuit et qui leur profite, y compris les projets qui cadrent avec les priorités de recherche du parc et reposent sur l’Inuit Qaujimajatuqangit, est fortement encouragée;
  • 3.3.5 : Les autorisations de recherche prévoient que les résultats soient communiqués de manière appropriée aux communautés concernées (par exemple, au moyen de présentations en personne, d’émissions de radio ou des médias sociaux) dans l’année suivant l’achèvement du projet, et que les commentaires recueillis auprès des communautés soient consignés afin d’éclairer les futures activités de recherche et de surveillance;
  • 3.3.6 : Un protocole régissant la collecte, l’utilisation et la protection de l’Inuit Qaujimajatuqangit et des connaissances inuites à des fins de recherche est élaboré conjointement avec les communautés dans un délai de cinq ans.

Objectif 3.4

Grâce à des activités efficaces de diffusion externe, les Canadiens connaissent mieux le parc national Auyuittuq et apprécient davantage sa valeur patrimoniale.

  • 3.4.1 : Les produits de diffusion externe et de promotion permettent de communiquer de l’information sur le parc du point de vue des Inuit, et utilisent les toponymes inuits et la terminologie inuktitute pour raconter l’histoire de l’endroit;
  • 3.4.2 : Les activités et les programmes opérationnels, comme la surveillance des ressources et les initiatives dirigées par les groupes de travail axés sur le savoir inuit, sont communiqués dans le cadre des activités de diffusion externe et intégrés aux documents d’interprétation;
  • 3.4.3 : Les activités de diffusion externe sur le Web et dans les médias sociaux pour le parc national Auyuittuq permettent d’offrir des expériences virtuelles à un public international.
 

7.0 Zonage

7.1 Plan de zonage

Le système de zonage adopté par Parcs Canada pour les parcs nationaux est le fruit d’une démarche intégrée de classification des terres et des eaux qui sert à déterminer les endroits où des activités particulières peuvent avoir lieu, selon la capacité de soutenir ces activités. Le parc national Auyuittuq comprend trois types de zones (carte 3) :

  • Zone I – Préservation spéciale;
  • Zone II – Milieu sauvage;
  • Zone III – Milieu naturel.

Conformément à l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut, les zones I et II prédominent dans le parc national Auyuittuq, tandis que quelques secteurs sont désignés zone III. Il est important de noter que ces dispositions de zonage ne s’appliquent pas aux Inuit qui exercent leurs droits en vertu de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut.

Ce plan attribue un zonage au secteur des fjords du Nord, qui s’étend au nord et à l’est de Qaajurnaq (fjord Quajon) et qui avait été laissé sans zonage dans le plan directeur de 2010. Les consultations à Qikiqtarjuaq, notamment avec la Nattivak Hunters and Trappers Association et le conseil de hameau, ont orienté l’approche en matière de zonage, laquelle encourage les Inuit à prendre la direction et à tirer profit d’expériences appropriées pour les visiteurs tout en veillant au maintien de la santé de l’écosystème.

Zone I : Préservation spéciale

La préservation est la principale considération dans les secteurs de zone I; dans le parc national Auyuittuq, on y trouve des endroits qui renferment des sites culturels bien préservés représentant des périodes d’occupation distinctes. Pour protéger ces secteurs et prévenir les perturbations involontaires, les visiteurs doivent être accompagnés d’un guide culturel qualifié, d’un employé de Parcs Canada ou d’un Inuk membre de la communauté de Qikiqtarjuaq ou de Pangnirtung. L’accès en véhicule motorisé est interdit, à l’exception des accès motorisés strictement contrôlés pour la recherche et les activités dans le parc autorisées par un permis de Parcs Canada.

Il y a deux secteurs de zone I dans le parc.

Rive nord de Mattaatujjana (fjord Maktak)

Le long de la rive nord de Mattaatujjana (fjord Maktak), on trouve de nombreux sites culturels des périodes tuniit (dorset), inuite thuléenne et inuite moderne. Une zone tampon de 550 m s’étendant à l’intérieur des terres à partir du littoral protège neuf regroupements de sites de ce côté du fjord. Les sites présentent des caractéristiques diverses, mais comprennent une variété d’habitations et d’autres caractéristiques, et les Inuit continuent d’utiliser certains endroits de façon saisonnière.

Étroite péninsule au sud de Nalluqsiaq

Une étroite péninsule au sud de Nalluqsiaq, qui sépare les embouchures de Nalluqsiaq Ungalliq (fjord Nedlukseak) et de Kangiqtullualuk (baie Okoa), abrite un site culturel éloigné et intact qui témoigne d’une longue histoire d’habitation et d’utilisation traditionnelle. On sait que des caribous traversent ce secteur lorsqu’ils se déplacent vers ou depuis Nalluqsiaq, une île située de l’autre côté d’un étroit chenal au nord.

Zone II : Milieu sauvage

Les secteurs de zone II préservent des exemples d’écosystèmes arctiques intacts dans la région naturelle de Davis du Nord. Ils offrent aux visiteurs des possibilités de déplacement non motorisé dans des endroits où il n’y a pas d’installations. À ce titre, l’autonomie, les compétences en navigation et une planification minutieuse sont essentielles à la sécurité. L’accès en véhicule motorisé est interdit, à l’exception des accès motorisés strictement contrôlés pour la recherche et les activités dans le parc autorisées par un permis de Parcs Canada.

À l’exception des secteurs expressément désignés zone I ou zone III, le reste du territoire, qui représente la majeure partie du parc national Auyuittuq, est une zone II.

Zone III : Milieu naturel

Les secteurs qui présentent des possibilités d’activités à faible impact pour les visiteurs sont désignés zone III. L’accès des visiteurs par véhicules motorisés est contrôlé.

Le parc compte deux secteurs de zone III.

Les fjords

Les fjords comprennent des zones marines à l’intérieur du parc qui sont accessibles à partir de Qikiqtarjuaq, notamment les eaux de Panniqtuuruluk (fjord Pangnirtung Nord) au sud jusqu’à Sarvalik (fjord Confederation) au nord. Une île située à l’intérieur d’Illaulittuuq (fjord Coronation), appelée Uummannaq, fait également partie de la zone III. Reliant l’océan aux secteurs intérieurs, y compris les vallées adjacentes et les systèmes glaciaires, les fjords du parc facilitent les déplacements à l’intérieur des terres et offrent des possibilités de visites touristiques en milieu marin. Un itinéraire saisonnier de zone III à Itillikuluk, entre Qivittuuq (Kivitoo) et Naaqpait (fjord Narpaing), permet aux pourvoyeurs titulaires d’un permis de traverser cette pointe de terre en motoneige lorsque les autres itinéraires menant aux fjords du Nord ne sont pas praticables en raison de mauvaises conditions de neige ou de glace.

Le col Akshayuk

Le col Akshayuk, l’endroit le plus visité du parc, est l’une des principales voies de passage pour la traversée entre Qikiqtarjuaq et Pangnirtung, ainsi qu’une destination en soi. Le trajet n’est pas balisé et suit une large vallée sillonnée de canaux fluviaux entrelacés et de lacs. La section 8.0 du présent plan fournit de plus amples renseignements sur les considérations et les objectifs de gestion associés au secteur de gestion du col Akshayuk.

Les visiteurs doivent faire appel à un pourvoyeur autorisé pour tout déplacement motorisé à destination ou à l’intérieur des secteurs de zone III. Les pourvoyeurs de Qikiqtarjuaq et de Pangnirtung ont l’expérience et les connaissances nécessaires pour faciliter des déplacements sécuritaires et à faible impact dans le parc par motoneige et par bateau. Il est interdit aux visiteurs de conduire des véhicules motorisés ou des embarcations (y compris des voiliers) dans le parc. Les véhicules tout-terrain et les véhicules côte à côte (véhicules utilitaires tout-terrain) ne sont pas autorisés pour le transport de visiteurs dans le parc national Auyuittuq.

À titre d’exception, les résidents de longue date de Qikiqtarjuaq et de Pangnirtung qui ne sont pas des Inuit inscrits au titre de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut, mais qui vivent dans la communauté depuis plus de cinq ans, peuvent demander un permis les autorisant à conduire leur propre motoneige ou bateau dans les secteurs de zone III. Cette exception vise à faciliter la participation de ces résidents non titulaires de droits des deux communautés à des activités sociales et culturelles avec les Inuit. En plus du permis valide délivré par Parcs Canada pour conduire une motoneige ou un bateau dans le parc, les résidents non titulaires de droits admissibles doivent s’inscrire avant leurs déplacements et recevoir une séance d’orientation, tout comme les autres visiteurs. Parcs Canada surveillera ce processus, et d’autres lignes directrices opérationnelles devront peut-être être élaborées en consultation avec le Comité mixte de planification et de gestion du parc et les communautés adjacentes.

Il pourrait être envisagé de permettre à des navires de croisière d’entrer dans certains fjords du parc, selon les priorités établies par les communautés pour le développement touristique local.

Les restrictions et les fermetures qui ont une incidence sur l’accès des visiteurs à certains secteurs à certaines périodes de l’année sont indiquées à la section 7.2 et à la section 7.3.

Carte 3 : Zonage dans le parc national Auyuittuq

Carte 3 : Zonage dans le parc national Auyuittuq, version textuelle suit.
Carte 3 : Zonage dans le parc national Auyuittuq — Version textuelle

La carte montre le zonage du parc national Auyuittuq. Elle contient une image, intitulée Zonage de l’ensemble du parc, qui montre le parc dans son intégralité, plus quatre cartons, intitulés 1 Nalluqsiaq, 2 Voie de passage Itillikuluk, 3 Mattaatujjana, et 4 Col Akshayuk. Dans toutes les parties de la carte, le nord est en haut.

Zonage de l’ensemble du parc

La carte de l’ensemble du parc montre le parc national Auyuittuq qui s’étend de la baie Cumberland au sud-ouest à Qikiqtaaluup Ikinga (détroit de Davis) au nord-est. Le territoire du parc est montré en vert pâle et comprend des montagnes, des glaciers et des cours d’eau ombragés. La communauté de Qikiqtarjuaq se trouve à environ 25 km à l’est de la limite du parc, tandis que Pangnirtung est à environ 25 km au sud. Les parcelles de terre appartenant aux Inuit sont montrées en gris. Une barre d’échelle de 0 à 40 km apparaît en haut à droite.

Quatre secteurs sont numérotés et indiqués sur cette carte dans le parc :

  • 1 Nalluqsiaq est situé à la limite nord du parc;
  • 2 La voie de passage Itillikuluk est située à la limite est du parc;
  • 3 Mattaatujjana est situé à la limite sud-est du parc;
  • 4 Le col Akshayuk est situé à la limite sud du parc.

1 Nalluqsiaq

Le premier carton montre une péninsule étroite au sud de Nalluqsiaq. L’extrémité de cette péninsule étroite est montrée en rouge, tandis que les terres au sud sont montrées en vert pâle. L’île Nalluqsiaq est montrée à l’extérieur des limites du parc. Une barre d’échelle de 0 à 1 km apparaît en haut à droite.

2 Voie de passage Itillikuluk

Le deuxième carton montre une ligne de tirets verts représentant une voie de passage est-ouest entre Naaqpait (fjord Narpaing) et Kangiqtuluk dans le secteur de Qivittuuq (Kivitoo). Cette voie traverse des terres à l’intérieur du parc, montrées en vert pâle. Juste au nord de la voie se trouve la limite du parc, et des terres appartenant aux Inuit sont situées au-delà.

3 Mattaatujjana

Le troisième carton montre Mattaatujjana (fjord Maktak), Illaulittuuq (fjord Coronation) et l’embouchure de Panniqtuuruluk (fjord Pangnirtung Nord). Une étroite bande de terre le long de la rive nord de Mattaatujjana est montrée en rouge. Les fjords sont indiqués en bleu foncé, et les terres situées dans le parc sont indiquées en vert pâle. Une barre d’échelle de 0 à 10 km apparaît en haut à droite. Les toponymes inuktituts suivants sont indiqués :

  • Ujarasujjulik et Aulattivik, sur la côte centre-nord de Mattaatujjana;
  • Akuliaqattaq, à la pointe de terre entre Mattaatujjana et Illaulittuuq;
  • Uummaanaq, une petite île à l’embouchure d’Illaulittuuq;
  • Attinniruluk, sur la côte centre-nord d’Illaulittuuq;
  • Aupalukisaak, à la pointe de terre entre Illaulittuuq et Panniqtuuruluk;
  • Ukialliviminiq, sur le côté est de la rive nord de Panniqtuuruluk, où l’on voit un abri d’urgence.

4 Col Akshayuk

Un quatrième carton montre le col Akshayuk. Le col est un couloir de 2,7 km de large et de 100 km de long montré en vert foncé. Il comprend la vallée de la rivière Owl du côté nord, Tasiruluk (lac Summit) près du centre, et la vallée de la rivière Weasel au sud. Un trajet est représenté par une ligne de tirets bruns sur toute la longueur du col. On trouve dans le col Akshayuk neuf abris d’urgence espacés d’environ 10 km (du nord au sud) : Pangnirtung Nord, rivière Owl, vallée June, lac Glacier, lac Summit, Thor, lac Windy, Ulu et Overlord. On trouve également des chalets pour le personnel aux lacs Summit et Windy. Des flèches pointent vers Pangnirtung au sud-ouest et vers Qikiqtarjuaq au nord. Une barre d’échelle de 0 à 10 km apparaît en haut à droite.

Légende (expliquée en mots)

  • Rouge : zone I – Préservation spéciale;
  • Vert pâle : zone II – Milieu sauvage;
  • Vert foncé : zone III – Milieu naturel (terres);
  • Bleu foncé : zone III – Milieu naturel (eaux);
  • Gris : terres appartenant aux Inuit;
  • Ligne épaisse vert foncé : limite du parc;
  • Ligne de tirets bruns : voie de passage;
  • Symbole de chalet : abri d’urgence;
  • Symbole de chalet et de personne : chalet du personnel.

7.2 Secteur d’importance particulière pour les Inuit

L’ERAI de Baffin (article 8.1.12) exige que ce plan directeur comprenne des mesures précises pour interdire ou restreindre l’accès des visiteurs à tout secteur d’importance particulière pour les Inuit, que ce soit de façon temporaire ou permanente.

Les Inuit de Qikiqtarjuaq ont désigné Mattaatujjana (fjord Maktak) et Illaulittuuq (fjord Coronation) comme un secteur d’importance particulière pour les Inuit (carte 4) aux fins des activités traditionnelles tenues à la fin de l’été, notamment la récolte de narvals, la cueillette de baies et le temps passé dans les chalets familiaux. L’accès à ces deux fjords est interdit chaque année du 25 août jusqu’à l’englacement afin que les Inuit ne soient pas dérangés pendant cette période. Parcs Canada collaborera avec l’administration scolaire de Qikiqtarjuaq afin de faciliter l’accès à la rive nord de Mattaatujjana pour les activités culturelles qui y sont menées dans le cadre de l’orientation annuelle des enseignants.

Carte 4 : Secteur d’importance particulière pour les Inuit

Carte 4 : Secteur d’importance particulière pour les Inuit, version textuelle suit.
Carte 4 : Secteur d’importance particulière pour les Inuit — Version textuelle

Cette carte montre un secteur d’importance particulière pour les Inuit dans la partie sud-est du parc national Auyuittuq. Le parc est montré en vert pâle et comprend des montagnes, des glaciers et des cours d’eau ombragés. La carte montre trois fjords dans le parc. La couleur bleu foncé avec des barres blanches sur les eaux de Mattaatujjana (fjord Maktak) et d’Illaulittuuq (fjord Coronation) indique un secteur fermé aux visiteurs pour la récolte de narvals et d’autres activités inuites du 25 août jusqu’à l’englacement. Panniqtuuruluk (fjord Pangnirtung Nord) est représenté en bleu pâle.

La communauté de Qikiqtarjuaq se trouve à environ 25 km au nord-est de la limite du parc. Les parcelles de terre appartenant aux Inuit autour du parc sont ombragées en gris. Une barre d’échelle (de 0 à 5 km) apparaît en bas à gauche.

Sur la carte, le nord est en haut. Un petit carton en bas à droite situe la zone cartographique sur la côte sud-est du parc national Auyuittuq.

Légende (expliquée en mots)

  • Vert : limite du parc national;
  • Bleu foncé avec barres blanches : récolte de narvals et autres activités inuites (du 25 août jusqu’à l’englacement);
  • Gris : terres appartenant aux Inuit.

7.3 Autres restrictions et fermetures pour les visiteurs

L’article 8.1.10 de l’ERAI de Baffin indique que Parcs Canada peut désigner des secteurs du parc auxquels les visiteurs peuvent accéder uniquement s’ils sont accompagnés d’un titulaire de permis valide d’exploitation d’un commerce qui connaît bien le secteur.

Les visiteurs souhaitant accéder par véhicule motorisé aux secteurs de zone III des fjords du Nord, de Kangiqtullualuk (baie Okoa) à Sarvalik (fjord Confederation), doivent être accompagnés d’un Inuk du Nunavut (carte 5). Les Inuit se rendent régulièrement dans cette partie du parc pour la pêche, la chasse, le camping, la cueillette de baies et d’autres activités tout au long de l’année. Ce secteur éloigné, mais pittoresque, a accueilli peu de visiteurs dans le passé, mais il offre aux voyageurs des occasions d’apprécier et d’admirer les magnifiques paysages de l’Arctique s’ils sont bien préparés, ont du temps pour les longs déplacements et suivent des pratiques sécuritaires. L’obligation pour les visiteurs d’être accompagnés d’un Inuk inscrit au titre de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut lors des déplacements motorisés favorise les possibilités économiques pour les Inuit et encourage les déplacements respectueux aux fjords du Nord.

L’article 8.1.8 de l’ERAI de Baffin indique que Parcs Canada peut restreindre ou interdire l’accès des visiteurs à un ou plusieurs secteurs du parc, à une ou plusieurs périodes de l’année, pour des raisons de sécurité publique.

Une fermeture est en vigueur aux fjords du Nord, de Kangiqtullualuk (baie Okoa) à Sarvalik (fjord Confederation), pour la saison de mise bas des ours polaires (carte 5). Les ours polaires sont très actifs au printemps, lorsque les femelles et leurs petits quittent les aires de mise bas pour chasser sur la glace de mer. Ce secteur est fermé aux visiteurs du 1er mars au 31 mai de chaque année afin d’assurer leur sécurité et de réduire les perturbations pour les ours polaires pendant cette période importante.

Carte 5 : Autres restrictions et fermetures pour les visiteurs

Carte 5 : Autres restrictions et fermetures pour les visiteurs , version textuelle suit.
Carte 5 : Autres restrictions et fermetures pour les visiteurs — Version textuelle

Cette carte montre les restrictions et les fermetures touchant l’accès des visiteurs aux fjords du Nord dans le parc national Auyuittuq, de Sarvalik (fjord Confederation) à Kangiqtullualuk (baie Okoa).

Six fjords sont marqués de hachures croisées noires pour montrer qu’ils sont fermés aux visiteurs pendant la période de mise bas des ours polaires du 1er mars au 31 mai. Ces six fjords sont également marqués de tirets blancs pour indiquer que les visiteurs doivent être accompagnés d’un Inuk inscrit au titre de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut lors de tout déplacement motorisé. La légende énumère ces fjords par leur nom inuktitut et leur nom officiel :

  1. Sarvalik – fjord Confederation
  2. Qikiqtalujjuap Kangiqturuluk Ungalliq
  3. Qikiqtalujjuaq Kangiqturuluk Missiqti
  4. Kitturijaup Kangiqtuarjurulua
  5. Nalluqsiaq Ungalliq – fjord Nedlukseak
  6. Kangiqtullualuk – baie Okoa

Sur la carte, le nord est en haut. Une barre d’échelle (de 0 à 20 km) apparaît en haut à droite. Un petit carton en bas à droite indique l’emplacement du secteur des fjords du Nord le long de la côte nord du parc national Auyuittuq.

Légende (expliquée en mots)

  • Bleu avec hachures noires : secteur fermé pour la sécurité des visiteurs – mise bas des ours polaires (mars-mai);
  • Bleu avec tirets blancs : obligation d’être accompagné d’un Inuk du Nunavut (accès motorisé);
  • Vert : limite du parc national;
  • Gris : terres appartenant aux Inuit.
 

8.0 Secteur de gestion du col Akshayuk

La voie de passage du col Akshayuk traverse la péninsule Cumberland en suivant une large vallée bordée de majestueux sommets montagneux. Depuis de nombreuses années, ce couloir naturel relie les habitants des nunaliit et, plus récemment, ceux des communautés de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq. Le col doit son nom à Akshayuk, un chasseur et baleinier de Qikiqtat (Kekerten), qui l’a parcouru vers 1900, alors que les Inuit utilisaient rarement cette voie de passage à travers la péninsule de Cumberland. Par la suite, de plus en plus de personnes ont commencé à emprunter cet itinéraire, y compris le beau-fils d’Akshayuk, Etuangat Aksayuk, un chasseur et un voyageur chevronné qui empruntait souvent ce couloir en traîneau à chiens. Suivant le chemin que lui avait montré son beau-père, il amenait des Inuit des secteurs environnants à Pangnirtung pour qu’ils y reçoivent des soins médicaux. Etuangat Akshayuk a reçu l’Ordre du Canada en 1995. Les Inuit continuent de passer par le col, principalement pour se déplacer entre les communautés en hiver et au printemps.

Ce trajet de 98 km attire presque tous les visiteurs du parc national Auyuittuq, dont la plupart viennent pour faire de la randonnée, du ski ou de l’escalade. Des pourvoyeurs inuits assurent le transport jusqu’aux points d’arrivée à Panniqtuuruluk (fjord Pangnirtung Nord) et à Panniqtuup Kangiqtunga (fjord Pangnirtung). Bien que non balisé, le trajet est parallèle aux rivières entrelacées et traverse les reliefs de la vallée. On y trouve neuf abris d’urgence et toilettes sèches espacés d’environ 10 km, et des caches d’urgence sont situées à côté des principaux points de passage des cours d’eau. La traversée du col est une véritable expérience de classe mondiale où les voyageurs suivent une voie de passage traditionnelle à travers une série d’écosystèmes arctiques spectaculaires, depuis le littoral du fjord et la toundra luxuriante jusqu’aux glaciers et aux hautes terres rocheuses. Le col Akshayuk a été et continue d’être un secteur qui attire aussi des scientifiques venus mener des recherches, principalement dans le domaine des glaciers et de la géologie.

La désignation de zone III du secteur de gestion du col Akshayuk (carte 6) fait valoir les possibilités de loisirs à faible impact à cet endroit, qui compte des installations de base pour assurer la sécurité publique. Les visiteurs qui se rendent au col font généralement des excursions de plusieurs jours, choisissant soit de voyager seuls, soit de se joindre à un groupe guidé. Depuis 2014, un pourvoyeur inuit de Pangnirtung offre deux excursions saisonnières d’une journée en partenariat avec Parcs Canada, ce qui permet à un plus grand nombre de personnes de fréquenter le parc.

Les changements climatiques ont pour effet de rendre les déplacements plus risqués au col Akshayuk, principalement en raison de l’augmentation des conditions météorologiques variables et extrêmes. Ces dernières années, le décalage des cycles de gel-dégel de la banquise, l’érosion et les chutes de pierres, les inondations, la fonte accélérée des glaciers et l’instabilité du sol ont eu des répercussions sur le tracé suivi par les voyageurs.

On s’attend à ce que le secteur de gestion du col Akshayuk demeure le principal couloir de fréquentation du parc à l’avenir, et les objectifs ci-dessous portent sur les enjeux de gestion liés à ce secteur exceptionnel d’Auyuittuq.

Objectif 1

Tous les utilisateurs du parc ont accès à des renseignements et à des ressources grâce auxquels ils peuvent assurer la sécurité et la conformité des déplacements au col Akshayuk.

  • 1.1 : Des mesures de surveillance et d’atténuation sont élaborées à l’aide de l’Inuit Qaujimajatuqangit et de la science occidentale pour tenir compte de l’évolution des changements dans le paysage du col Akshayuk;
  • 1.2 : Les abris d’urgence, les toilettes sèches et les chalets du personnel existants font l’objet d’une surveillance afin de repérer les répercussions des changements climatiques et ils sont maintenus, dans la mesure du possible, dans un état égal ou supérieur à celui consigné dans l’Évaluation de l’état du parc de 2019;
  • 1.3 : Grâce aux discussions stratégiques de Parcs Canada avec les transporteurs aériens régionaux ainsi que d’autres ministères, tous les aéronefs en transit respectent la Loi sur les parcs nationaux du Canada et les règlements sur la sécurité de Transports Canada.

Objectif 2

Le col Akshayuk offre des expériences mémorables et des occasions de découvrir le patrimoine inuit qui y est associé.

  • 2.1 : Le patrimoine inuit du col Akshayuk, y compris son histoire et l’importance des toponymes traditionnels, est mis en valeur dans des documents de Parcs Canada;
  • 2.2 : Les possibilités saisonnières d’excursions d’une journée dans cette partie fréquentée du parc continuent d’être offertes et encouragées;
  • 2.3 : Les pourvoyeurs facilitent l’accès des visiteurs et du personnel au col, et Parcs Canada continue de renforcer les relations avec ces fournisseurs de services.

Carte 6 : Secteur de gestion du col Akshayuk

Carte 6 : Secteur de gestion du col Akshayuk, version textuelle suit.
Carte 6 : Secteur de gestion du col Akshayuk — Version textuelle

Cette carte montre le col Akshayuk dans la région sud du parc national Auyuittuq. Le col est un couloir de 2,7 km de large et de 100 km de long montré en vert foncé. Il comprend la vallée de la rivière Owl du côté nord, Tasiruluk (lac Summit) près du centre, et la vallée de la rivière Weasel au sud. Un trajet est représenté par une ligne de tirets bruns sur toute la longueur du col.

On trouve dans le col Akshayuk neuf abris d’urgence espacés d’environ 10 km (du nord au sud) : Pangnirtung Nord, rivière Owl, vallée June, lac Glacier, lac Summit, Thor, lac Windy, Ulu et Overlord. On trouve également des chalets pour le personnel aux lacs Summit et Windy. Trois sommets de montagne distincts à proximité sont identifiés (du nord au sud) : Innattiavaaluk, Qattaujannguaq (mont Asgard) et Qaiqsualuk (sommet Thor).

Les autres secteurs situés à l’intérieur des limites du parc sont indiqués en vert pâle (terres) et en bleu foncé (cours d’eau). La carte comprend des montagnes, des glaciers et des cours d’eau ombragés. Le cercle polaire arctique est représenté par une ligne de tirets au bas de la carte, juste au nord de l’abri Thor.

Sur la carte, le nord est en haut. Une barre d’échelle (de 0 à 10 km) apparaît en bas à droite.

Légende (expliquée en mots)

  • Symbole de chalet : abri d’urgence;
  • Symbole de chalet avec une personne : chalet du personnel;
  • Ligne de tirets bruns : voie de passage;
  • Vert pâle : zone II – Milieu sauvage;
  • Vert foncé : zone III – Milieu naturel (terres);
  • Bleu foncé : zone III – Milieu naturel (eaux).
 

9.0 Résumé de l’évaluation environnementale stratégique

Tous les plans directeurs des parcs nationaux font l’objet d’une évaluation environnementale stratégique afin de déterminer les éventuels effets cumulatifs des mesures de gestion ainsi que d’autres facteurs. Cette compréhension contribue à la prise de décisions fondées sur des données probantes à l’appui du maintien ou du rétablissement de l’intégrité écologique tout au long de la période visée par le plan.

L’équipe de planification du parc et le Comité mixte de planification et de gestion du parc ont discuté des considérations relatives à l’évaluation environnementale stratégique en 2024. Les consultations menées auprès d’organisations à Pangnirtung et à Qikiqtarjuaq au cours de la même année ont souligné les points de vue des communautés en ce qui concerne les composantes valorisées (les aspects les plus importants de l’environnement dans le parc) et les différents facteurs de stress. D’autres commentaires recueillis lors des réunions régulières ainsi que des discussions des membres des communautés avec le personnel de Parcs Canada ont fourni un contexte supplémentaire pour le processus d’évaluation.

Parmi les répercussions mentionnées au cours des discussions et des consultations figuraient les changements climatiques, les activités et le développement à l’extérieur des limites du parc ainsi que les navires présents à l’intérieur et autour des fjords du parc. Les Inuit ont relevé plusieurs composantes valorisées dans le parc national Auyuittuq, comme la faune arctique (entre autres les poissons, les oiseaux et les caribous) et les utilisations traditionnelles des Inuit comme les déplacements et la récolte.

On s’attend à ce que les impacts qui toucheront le parc au cours des dix prochaines années soient principalement causés par les changements climatiques. La préparation et la capacité de réaction aux facteurs climatiques seront un élément clé dans l’évaluation des projets et des activités dans le parc, et une approche de précaution sera adoptée pour les composantes valorisées déjà touchées par les changements climatiques.

Les cibles du plan directeur visent à améliorer la compréhension des changements subis par les composantes valorisées, notamment par une surveillance continue de l’intégrité écologique, des projets dirigés par les groupes de travail axés sur le savoir inuit pour répondre aux priorités des Inuit, et la prise en compte de l’Inuit Qaujimajatuqangit et des données issues de la science occidentale. D’après l’évaluation environnementale stratégique, la mise en œuvre de ce plan ne devrait avoir aucun effet négatif important sur l’environnement. Tous les projets réalisés dans le parc sont assujettis à une évaluation, soit au titre de la Loi sur l’aménagement du territoire et l’évaluation des projets au Nunavut, soit dans le cadre du processus d’évaluation d’impact de Parcs Canada.

 

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