En coulisses : Comment Pukaskwa suit les conditions d’incendie

Parc national Pukaskwa

Par Liana Hryniewicz

Si vous avez déjà passé du temps dans le parc national Pukaskwa, vous savez que la météo peut changer en un clin d’œil. Le brouillard, les vents changeants et la pluie peuvent surgir de nulle part. C’est ce qui arrive quand on est situé au bord de l’un des plus grands lacs d’eau douce au monde. Tous ces changements jouent aussi un grand rôle dans le comportement du feu sur le paysage. Pour rester prêt, le personnel du parc surveille de près la météo chaque jour pendant la saison des incendies. Voici en exclusivité un aperçu de la façon dont cela se fait et pourquoi tout cela est important.

Réparties dans le vaste paysage de Pukaskwa, trois stations météorologiques automatiques sont situées à l’anse Hattie, Lurch Lake et l’anse Bonamie. Chaque station envoie des relevés horaires fournissant au personnel des détails météorologiques comme la température, l’humidité relative, la vitesse et la direction du vent, ainsi que les précipitations. Ces détails aident à comprendre à quel point la forêt est sèche, à quelle vitesse les combustibles peuvent s’enflammer, et comment un feu pourrait se propager dans les conditions actuelles. Il existe aussi une quatrième station météorologique mobile appelée « station météorologique mobile à déploiement rapide ». Celle-ci peut être placée à n’importe quel endroit souhaité pour la saison. Par exemple, si un brûlage dirigé est prévu, la station météorologique mobile à déploiement rapide peut être placée à cet endroit pour obtenir des relevés plus précis de ce site.

Chaque jour à 13 h, le personnel recueille les dernières 24 heures de renseignements météorologiques et calcule un ensemble d’indices forêt-météo nationaux. Ces indices aident à déterminer la cote quotidienne de risque d’incendie que vous verrez affichée dans le parc : faible, modéré, élevé ou extrême. Ces indices comprennent :

  • Indice du combustible léger (ICL) – à quel point les petits carburants s’enflamment facilement
  • Indice de l’humus (IH) – humidité dans les couches organiques supérieures du sol forestier
  • Indice de sécheresse (IS) – sécheresse à long terme en profondeur dans le sol
  • Indice du combustible disponible (ICD) – quelle quantité de combustible est disponible à brûler
  • Indice de propagation initiale (IPI) – la vitesse potentielle de propagation du feu
  • Indice Forêt-Météo (IFM) – une mesure globale de l’intensité du feu

Ces indices alimentent la Méthode canadienne de prévision du comportement des incendies de forêt, un outil national utilisé pour estimer comment un feu pourrait croître et se comporter dans différents types de forêt. En utilisant le cahier de prévision du comportement des incendies de forêt, le personnel peut modéliser l’intensité d’un incendie, la rapidité avec laquelle il peut se propager et comment le terrain ou la végétation peuvent l’influencer. Ces renseignements aident les équipes à planifier, à se préparer et à intervenir efficacement si un incendie se déclenche.

Après avoir calculé les chiffres de la journée, l’équipe de lutte contre les feux de forêt prépare des rapports situationnels qui sont envoyés au bureau national de Parcs Canada. Lorsque les conditions sont sèches, ces rapports sont soumis quotidiennement. Lorsque les niveaux de risque sont faibles, le rapport revient à trois fois par semaine.

Le feu fait naturellement partie de la forêt boréale, mais comprendre les conditions aide à protéger les visiteurs, les communautés, la faune et les sites culturels. Ces stations météorologiques, ces chiffres et leurs routines quotidiennes offrent un aperçu essentiel de la santé et de la sécurité des paysages de Pukaskwa. Que vous fassiez de la randonnée sur le sentier côtier ou que vous pagayiez dans l’arrière-pays, ces connaissances aident à faire en sorte que vous viviez votre expérience en sécurité et à faire prospérer le parc. 

 

<< Au fil de l'EAU

Date de modification :