Lieu historique national de l’Ancien-Pensionnat-Indien-de-Kamloops
Le système des pensionnats autochtones est un sujet pouvant causer des traumatismes évoqués par des souvenirs d’abus passés. Le gouvernement du Canada reconnaît la nécessité d’établir des mesures de sécurité afin de minimiser le risque de déclencher une réaction à l'évocation de violences passées. Une ligne d’écoute téléphonique des pensionnats autochtones a été établie au niveau national pour apporter du soutien aux anciens élèves des pensionnats. Vous pouvez obtenir de l’information sur le site Web ou accéder en tout temps à des services de soutien affectif et d’aiguillage en situation de crise en composant le : 1-866-925-4419.

© Archives Deschâtelets-NDC, Fonds Deschâtelets
L’ancien pensionnat indien de Kamloops a été désigné comme un lieu historique national en 2024.
Plaque commémorative : seront installées à l'Ancien pensionnat indien de Kamloops, 330 Chief Alex Thomas Way, Kamloops, British ColumbiaFootnote 1
Ancien pensionnat indien de Kamloops (1890-1978)
Les enfants de plus de 108 communautés et d’au moins 38 Nations autochtones de Colombie-Britannique et d’ailleurs sont retirés de force de leur foyer et envoyés ici. Ils y subissent abus psychologiques, physiques, émotionnels, spirituels et sexuels, travail forcé, malnutrition et maladies. Nombre d’eux meurent et ne rentrent jamais chez eux. Géré par l’Église catholique, ce pensionnat est le plus grand d’un système conçu pour détruire les cultures autochtones. Il est qualifié de génocide notamment par les Survivants, le pape François 1er et la Chambre des communes. Les effets des traumatismes sont profonds, permanents et intergénérationnels. Tk̓emlúps préserve quatre bâtiments pour commémorer et raconter ce passé et revitaliser la langue, l’histoire et la culture secwépemc.

LE XQ̓ WIYL̓EQSÉLLCWES LU7 NE TK̓EMLÚL̓PE (1890-1978)
Xwexwéyt te qeqelmúcw ne7élye ne British Columbia kwiyúsem es kwéctems re ̓ stsmémelt.s, m-tskementém ̓ ̓es ne7éne ne xqwiyl̓eqséllcw ne Tkemlú ̓ l̓pe. Xwexwéyt re stsmémelt relrált re skwiyúsemst.s es ̓ q̓uwentés re qeqelmúcw. Xwexwéyt t̓ri7 tekenhé7e es qwenékstmentem te kist te ̓ tsúwet.s re qweqwiyél̓qst.s. M-níkctem te ̓ qéwtens, ri7 re qelmúcw re txexeténs, m-cw7it re kek7ep, m-elkste7úyemens re stsmémelt, ri7 re pelltsúw̓etmentem, ell m-púlstmes e m-ta7wes k skelé ̓ l̓nems. ell ta7 ri7 k sle7s re smetéms t̓ri7 wel k7ep re stsmémelt. Cw7itekwe ta7 k spelq̓ílcs te temtmícws te t̓ri7 telhé7e k kwenkwéntmes, ell t̓ri7 re s7i7llcw m-xweyt. Ye7éne te xqwiyl̓eqséllcw p̓7e7cw ri7 re sxyums te xq̓wiyl̓eqséllcw ne xwexwéyt te xqelmecwúl̓ecw, tskult.s yerí7 re sq ̓ ̓uwentés re qelmúcw es ta7s es xenwén̓s es tslexemwílcs xwexwéyt te tsúwet.s re stet̓ex7éms, es llépens re xqwelténs, es ta7s es tslexemstés re stsptekwlls, ell es ta7s re stslexmúl̓ecws te temtmícws. Xwts̓ilc es tcwey̓mens ell re sq̓empúl̓ecwst.s re xwexwéyt re qeqelmúcw ne temtmícwskucw. Ye7éne te kwséltktens re qeqelmúcw ̓ re swumécst.s ye7éne te sqwenékstmentem, yúmell pyin péwel ell re qweq̓wíyél̓eqs re senkúkpi7s, Pope Francis I, ell re semséme7 re kukúkwpi7s re sts7emét.st.s “genocide.” Yúmell ey re stsq̓ixtsen̓s re xqw̓iyl̓eqséllcw, xwexwéyt te stem re skest.s re qeqelmúcw es kwiyúsemstels ell re stnílmens re em7ímts.s ̓ re xwexwéyt te qeqelmúcw te swecwtéls, me7 q̓7es yerí7 ell me7 letwílcwet. Xexé7 re stqwelmíns re Secwépemc es kest.s well ye7éne te xq̓wiyleqséllcw t̓ri7 re s7i7llcw re m-weqwíq̓ens, kémell m-westém- ̓ kucw ye7éne ne Tkemlú ̓ l̓pe es kwemtús es tsún̓me7ékstmentem re semséme7 tkenhé7e re skwiyúsemstels ne7éne te xq ̓ ̓wiyl̓eqséllcw, ell wellnewí7kt es cpucwentém-kucw re xqweqwelténs, re tsúwets-kucw ell re skúltens-kucw es tsetséts.s cú7tsem es ̓ ts̓lilcstwécws-kucw ne7élye ne temtmícw-kt.
ANKATI KAMLUPS INDYUSTRIAL SKUL (1890-1978)
Ayu tanas klaska chako iakwa kopa klunas 108 ilihi, kopa klunas 38 hlwima Sawash tilikom kopa British Kolombia ilihi pi wiht kopa saia. Taii gavmin tilikom skukum klaska mamuk pus iskom klaska kopa klaska ilihi pi mash klaska iakwa. Ukuk ayu tanas klaska tlap aias klahawiam kopa klaska itluil pi kopa klaska tomtom. Klaska tlap aias sik tomtom. Kakwa pus klaska lost klaska ankati Sawash styuil. Skul taii klaska mamuk masachi klaska, pi wawa pus klaska mamuk pi ilo piii pi ilo ayu makmak. Drit ayu klaska tlap skukum sik. Ayu ukuk tanas mimlus iakwa pi wik kansih kilapai kopa klaska tilikom. Kanada gavmin ukuk skul iaka taii. Ukuk skul drit ilip aias kopa kanawi. Pi kanawi ukuk skul kakwa pus tiki mamuk ilo ukuk Sawash tilikom klaska oihat. Ayu tilikom klaska wawa, chinosaid ukuk. Kakwa pus wawa “masachi tilikom tiki mamuk mimlus kanawi klaska”. Tilikom ankati skul tanas klaska wawa kakwa, pi wiht lipap Iht Fraswa, pi Kanada Haws of Komons, pi wiht iht iht. Lili alki aias klahawiam nsaika pi nsaika tanas, kopa ukuk. Tk’amlups tilikom klaska iskom lakit ukuk aias haws pus kwanisim mitlait, pus kakwa, kanawi tilikom chako komtaks ikta ankati chako iakwa, pi wik kansih mash komtaks, pi wiht pus mamuk wiht skukum Shushwap tilikom klaska oihat.
L’Ancien-Pensionnat-Indien-de-Kamloops, Tk̓emlúps te Secwépemc, Colombie-Britannique
L’ancien pensionnat indien de Kamloops est situé sur les terres de la réserve indienne no 1 de la Première Nation de Tk̓emlúps te Secwépemc. Le lieu a été proposé aux fins de désignation par la communauté de Tk̓emlúps te Secwépemc. Parcs Canada et la Première Nation ont entamé un processus de collaboration pour en définir l’importance historique et rédigé le texte de la plaque commémorative qui a été présenté à la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.
Érigé sur la rive nord de la rivière Thompson Sud, au pied de Sqeq7é7em (les monts Paul et Peter), et d’abord connu sous le nom d’école industrielle de Kamloops, le pensionnat indien de Kamloops ouvre ses portes en 1890 et les ferme en 1978. En 1967, les élèves commencent à fréquenter des écoles provinciales locales, tout en continuant de résider au pensionnat, qui devient alors une résidence. Deux ans plus tard, le gouvernement fédéral prend en charge l’administration du pensionnat et la résidence demeure ouverte jusqu’en 1978.
Cet établissement s’inscrit dans le système de pensionnats pour Autochtones institué par les gouvernements, en collaboration avec les Églises chrétiennes, aux XIXe et XXe siècles. Dans le cadre de la politique gouvernementale d’assimilation forcée, ces établissements séparent les enfants autochtones de leur famille et de leur communauté afin d’éradiquer leurs cultures, leurs spiritualités, leurs langues et leurs traditions. Géré par les congrégations catholiques romaines des Oblats de Marie Immaculée et des Sisters of Saint Ann, le pensionnat de Kamloops est le plus grand établissement d’un système conçu pour perpétrer ce que la Commission de vérité et réconciliation du Canada appelle un génocide culturel. Les Survivants ainsi que de nombreuses autres personnes considèrent qu’il s’agit d’un génocide. En 2022, le pape François I et des députés de la Chambre des communes du Canada qualifient ce qui s’est passé dans les pensionnats indiens de génocide.
Les élèves qui fréquentent le pensionnat indien de Kamloops sont des enfants âgés de quatre à 18 ans qui proviennent d’au moins 108 communautés et 38 Nations autochtones de la Colombie-Britannique et d’ailleurs, notamment des Nations Secwépemc, Stó:lō, St’át’imc, Nłeʔkepmxc et Syilx. Retirés de force de leur foyer, ces enfants subissent des abus psychologiques, physiques, émotionnels, spirituels et sexuels, sont contraints au travail forcé, souffrent de malnutrition, connaissent des conditions de vie médiocres et surpeuplées, et sont frappés par des taux élevés de maladies infectieuses. Nombre d’entre eux meurent et ne rentrent jamais chez eux. Avant la fin des années 1950, le pensionnat fonctionne selon un système de demi-journée dans le cadre duquel les enfants consacrent la moitié de leur temps aux pratiques religieuses et à la réalisation de travaux physiques qui contribuent financièrement à l’école et l’autre moitié de la journée, ou moins, à leur instruction scolaire, qui est sommaire ou déficiente. Les traumatismes vécus par les Survivants entraînent des conséquences profondes, permanentes et intergénérationnelles qui se font sentir encore aujourd’hui.
L’ancien pensionnat de Kamloops est l’un des rares sites de pensionnat qui subsistent au Canada et qui renferment un ensemble important de bâtiments et d’aspects du paysage d’origine. Il témoigne concrètement des expériences vécues par des générations d’enfants qui y vivaient et y sont décédés ainsi que de l’histoire globale du système des pensionnats pour Autochtones sous toutes ses formes. Les principaux bâtiments sont l’édifice principal (1923-1929), le gymnase (1938), l’atelier (1942) et l’annexe (une ancienne résidence) (1962). Le site comprend une rangée d’érables devant l’édifice principal ainsi qu’un ancien verger qui, selon les témoignages des Survivants, contient des sépultures anonymes.
« La commémoration de l’ancien pensionnat indien de Kamloops et sa désignation comme lieu d’importance historique nationale reflètent la manière dont les ententes effectuées en collaboration profiteront à tous les peuples, autochtones et non autochtones. Ce lieu contribuera à une meilleure compréhension de l’histoire et des connaissances traditionnelles de la Nation Secwépemc. La désignation symbolise l’espoir et la vision de nos ancêtres pour un avenir prospère pour nos enfants et ceux qui ne sont pas encore nés. Collectivement, nous ne connaissons que trop bien la vision souvent appauvrie des obligations réciproques et la façon dont elle a dominé notre peuple. Aujourd’hui, à Tk̓emlúps, nous sommes très fiers du chemin que nous parcourons ensemble pour commémorer cette véritable histoire collective. J’éprouve de la fierté à faire partie de la vision de mon ancêtre Clexléxqen ou Petit Louis (1828-1915), qui a milité afin que le peuple Secwépemc puisse accéder à la scolarité. Ensemble nous éduquerons et transmettront avec fierté pour un avenir prospère. Cette désignation est une confirmation de notre engagement commun et de l’espoir de changement. »
La communauté de Tk̓emlúps te Secwépemc a choisi de préserver quatre bâtiments afin de commémorer et raconter l’histoire des pensionnats ainsi que leurs répercussions sur les enfants et les familles, tout en revitalisant la langue, l’histoire et la culture secwépemc, faisant ainsi du site un lieu de réappropriation culturelle. En 1982, 17 communautés de la Nation Secwépemc signent la déclaration des Shuswap dans laquelle elles conviennent de préserver, de consigner, d’enrichir et de perpétuer la langue, l’histoire et la culture secwépemc. Cette déclaration mène à la création de la Secwepemc Cultural Education Society ainsi que du Secwépemc Museum and Heritage Park à l’emplacement du pensionnat. La communauté de Tk̓emlúps te Secwépemc renomme le site de l’ancien pensionnat le « Chief Louis Centre » en l’honneur de ce leader visionnaire, aussi appelé Clexléxqen ou Petit Louis (1828-1915), qui a plaidé en faveur d’une scolarisation bénéfique au peuple secwépemc.
La désignation de l’ancien pensionnat indien de Kamloops comme lieu d'importance historique national n'a aucune incidence sur la propriété du site. La Nation Tk̓emlúps te Secwépemc demeure propriétaire des bâtiments et des terrains de l’ancien pensionnat.
La présente fiche d’information a été rédigée au moment du dévoilement de plaque en 2025.
Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.
Obtenir plus d'informations sur la façon de participer à ce processus
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