Le parc national des Prairies rétablit l’habitat d’espèces en péril

Parc national des Prairies

Depuis 26 ans, le personnel du parc national des Prairies restaure les communautés végétales indigènes afin de créer des habitats pour la faune et de profiter de la valeur intrinsèque de la prairie indigène, c’est à dire sa résistance à la sécheresse et ses capacités d’atténuation potentielle des changements climatiques. Le parc national, qui gère l’habitat de 33 espèces en péril, a comme priorité permanente de préserver les prairies existantes et de créer de nouveaux habitats dans la mesure du possible.

Les projets de restauration sont axés sur les terres qui ont été cultivées ou intentionnellement ensemencées (cultures annuelles) de plantes non indigènes avant d’être achetées par Parcs Canada. De nouvelles communautés végétales de prairies mixtes de plus de 450 hectares ont été créées grâce à des travaux de restauration et constituent une étape importante dans les efforts de conservation des espèces en péril au parc national des Prairies.

Image 1. Ce champ a été utilisé pour les culturelles annuelles jusqu’à ce que le personnel du PNP ait pu y semer des plantes indigènes en 2000. Vingt ans plus tard (photo ci-dessus), on retrouve une bonne couverture végétale, une variété de fleurs indigènes et même des espèces végétales qui n’ont pas été semées. Ainsi, on peut voir que les processus naturels continueront d’encourager la diversité et l’établissement de plantes indigènes dans le champ. En été, on peut entendre le plectrophane à ventre noir et le pipit de Sprague chanter dans le champ.

Le processus

Afin de restaurer un champ couvert de plantes non indigènes, il faut d’abord le cultiver et y planter des cultures annuelles pendant plusieurs années afin d’éliminer la végétation indésirable et de réduire le nombre de graines non indigènes dans le sol. Ainsi, un espace vierge est créé pour les semences indigènes, ce qui leur donne le temps de germer avant que d’autres plantes indésirables ne repoussent. Les limites du champ de plantes indigènes suivent la bordure déjà établie afin d’éviter de perturber le sol ou les ressources culturelles de nouveau.

Le personnel du PNP passe des heures chaque été à recueillir des graines à l’aide de diverses techniques, notamment la collecte manuelle et l’utilisation de machines spécialement conçues pour collecter les graines indigènes. Des mélanges uniques sont créés à partir des graines recueillies et sont adaptés à chaque projet afin d’augmenter les chances de croissance des plantes.

Image 2. Deux employées du parc utilisent une machine motorisée munie de poils à l’avant pour enlever les têtes de graines matures et les collecter dans le récipient arrière. La machine peut être réglée pour recueillir des graines de plantes de diverses tailles. Les graines d’herbes de grandes parcelles sont généralement recueillies de cette façon.

Au début du printemps ou à la fin de l’automne, une fois que le mélange de semences a été préparé, une herse lourde est utilisée pour ameublir le sol. Lorsque le temps le permet, le champ est ensemencé à la volée et mélangé au sol à l’aide d’une herse à dents mobiles. Le sol est ensuite tassé à l’aide d’un rouleau pour s’assurer que les graines plantées entrent dans le sol et restent en place.

Image 3. Le semoir utilisé pour notre projet d’ensemencement de l’automne 2021, composé d’un semoir à la volée de 10 pieds, d’une herse à dents mobiles et d’un rouleau.

Une fois l’ensemencement terminé, la nature prend la relève. Le succès de ces champs dépend des conditions météorologiques qui suivent. Il ne reste qu’à attendre patiemment que les plantes poussent et à surveiller les champs ensemencés.

Suivi des résultats

Le suivi des champs de restauration est un processus continu qui a lieu tous les deux ans jusqu’à ce que le champ ait 15 ans, après quoi le suivi a lieu tous les quatre ans. Ainsi, le personnel examine les champs de façon régulière pour déterminer quelles espèces végétales et techniques sont favorables pour la restauration. Le suivi consiste à échantillonner une partie du champ à l’aide d’un cadre d’échantillonnage de Daubenmire pour déterminer le pourcentage de couverture des plantes indigènes et non indigènes, de sol dénudé et de couverture des espèces individuelles, à prendre des photos pour comparer les résultats au fil du temps et à consigner les espèces sauvages présentes dans le secteur.

Image 4. Deux employées du parc utilisent un cadre d’échantillonnage de Daubenmire pour examiner un champ de 22 ans afin de suivre l’évolution et la diversité de la couverture végétale au fil du temps. Ce suivi nous aidera à créer des plans de restauration améliorés pour les prochains projets d’ensemencement.

Heather Facette, agente de gestion des ressources au parc national des Prairies, participe à des projets de restauration des prairies depuis 2014.

« La partie la plus gratifiante du suivi est de découvrir que des espèces en péril poussent dans le champ, qu’elles ont un nouvel habitat. »

Heather Facette, agente de gestion des ressources
Image 5. La limite entre deux champs ensemencés en 2009 (gauche) et en 2010 (droite) démontre l’influence des conditions météorologiques sur l’établissement des plantes. Dans les deux champs, des graines d’armoise argentée, une espèce d’arbuste essentielle pour le tétras des armoises, ont été ajoutées au mélange de graines, mais le champ ensemencé en 2010 a profité de conditions plus propices à la germination et à l’établissement de cette espèce dans le champ.

Pour en savoir plus sur les travaux menés au parc national des Prairies en vue de restaurer les communautés végétales indigènes et l’habitat des espèces en péril, communiquez avec Sarah Rheubottom (sarah.rheubottom@pc.gc.ca)

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