Les dispositifs anti-perchoirs dans le parc national des Prairies

Parc national des Prairies

D’étranges cônes triangulaires munis de longues tiges sont installés à l’arrière des panneaux de signalisation du parc.

Pensez à toutes les espèces qui ont pour habitat les vastes prairies. Imaginez maintenant que vous êtes particulièrement bien adapté à l’un des biomes les plus menacés au monde. Au Canada, la population de tétras des armoises a connu un déclin de plus de 90 % au cours des 40 dernières années, et cette espèce occupe environ 7 % de son aire de répartition historique. Par conséquent, cet oiseau figure sur la liste des espèces en voie de disparition de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement du Canada.

Depuis 2023, un seul lek est encore utilisé en Saskatchewan et celui-ci se trouve dans le bloc Est du parc national des Prairies. Un autre lek situé dans le bloc Ouest a été utilisé pour la dernière fois en 2022, mais on observe encore parfois des tétras des armoises sauvages dans d’autres secteurs du bloc Ouest. Les activités dans le lek du bloc Est ont connu un déclin au cours des dernières années, de sorte qu’il risque aussi de devenir inutilisé.

A Great Horned Owl tries unsuccessfully to perch on a park sign.
A Great Horned Owl tries unsuccessfully to perch on a park sign.

En plus de devoir faire face à ces défis, imaginez que vous êtes aussi vulnérable à des prédateurs inhabituels. Le grand-duc d’Amérique est un prédateur connu du tétras des armoises adulte. Cette espèce était autrefois peu nombreuse dans les prairies, mais a profité des infrastructures humaines qui s’y trouvent désormais, comme les arbres plantés et les infrastructures hautes sur lesquelles elle peut se percher, par exemple les panneaux de signalisation. Cette situation met en évidence l’importance particulière de limiter les avantages que peuvent procurer les infrastructures aux prédateurs.

En 2017, le parc national des Prairies a mis en œuvre un programme d’installation de dispositifs anti-perchoirs. L’objectif général de ce programme est d’atténuer le risque de prédation du tétras des armoises par les prédateurs aviaires. Ce travail n’est pas si simple lorsque les structures utilisées comme perchoirs, tels que les poteaux des panneaux de signalisation ou les panneaux eux-mêmes, ne peuvent être enlevées en raison de leur nécessité pour la sécurité des visiteurs ou la gestion du parc.

Différents modèles de recherche ont été mis en œuvre pour étudier l’efficacité des anti-perchoirs. La première étude sur l’efficacité des anti-perchoirs, menée en 2018-2019, faisait appel à un modèle fondé sur la comparaison avant-après. En 2018, aucun anti-perchoir n’a été installé et des appareils photo actionnés par le mouvement ont été installés pour détecter les oiseaux qui se perchaient sur les panneaux. En 2019, des dispositifs anti-perchoirs offerts sur le marché ont été installés sur les panneaux de signalisation et des appareils photo actionnés par le mouvement ont encore une fois été installés. Ces mesures ont permis au personnel de comparer le nombre et la durée des perchages en présence et en l’absence d’anti-perchoirs.

Selon les principales conclusions de l’étude, les anti-perchoirs offerts sur le marché étaient inefficaces contre les prédateurs du tétras des armoises adulte et un nouvel anti-perchoir pour poteau devait être mis au point.

D’étranges cônes triangulaires munis de longues tiges sont installés à l’arrière des panneaux de signalisation du parc.

Grâce aux essais d’efficacité réalisés par la suite, il a été établi que l’anti-perchoir pour poteau le plus efficace contre les grands rapaces était celui composé d’une grande pyramide métallique recouvrant le dessus du poteau et surmontée d’une longue tige métallique. La tige métallique empêche les grands rapaces de s’installer sur la pointe de la pyramide. De plus, la tige métallique est trop lisse et ne permet pas aux grands rapaces de l’agripper. Les hiboux ne réussissaient pas à s’y poser en équilibre et renonçaient immédiatement à se percher sur la variante d’anti-perchoir munie d’une tige métallique. Par conséquent, le personnel du parc a procédé à l’installation de ces anti-perchoirs pour poteau en forme de pyramide munis d’une tige métallique.

Lors de votre prochaine visite dans le parc, gardez l’œil ouvert pour repérer ces drôles de dispositifs et, comme toujours, si vous apercevez des animaux sauvages, n’oubliez pas d’en faire part au personnel du parc ou de consigner vos observations dans l’application iNaturalist.

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