ICP (L’importance capitale du pergélisol)

Parc national Wapusk

Saviez-vous qu’une grande partie des terres du parc national Wapusk est gelée en permanence? Le sol de ces terres, connu sous le nom de pergélisol, reste gelé toute l’année. Froid comme de la glace et dur comme de la pierre, le pergélisol constitue une base solide pour la toundra de Wapusk, tout comme le sont les fondations de votre maison. Sur cette fondation gelée se trouvent des bancs d’une riche tourbe que les ours polaires utilisent comme tanières et des crêtes de plages de gravier que les caribous utilisent pour migrer vers leurs aires de mise bas à Wapusk.

Dans le nord, où les changements climatiques s’accélèrent, le pergélisol risque de dégeler et de modifier à jamais le paysage de la toundra subarctique, comme celui que l’on trouve à Wapusk! Non seulement le pergélisol est un phénomène naturel fascinant, mais la compréhension de sa santé nous en apprend beaucoup sur la santé du parc dans son ensemble.

Bonjour mon vieil ami : la foreuse Winkie

Vérifier la santé du pergélisol n’est pas aussi simple que de planter un thermomètre dans le sol... mais cela y ressemble! L’un des moyens de surveiller la santé du pergélisol consiste à créer un petit trou, appelé « puits », à l’aide d’une foreuse, et à y insérer un câble muni de capteurs. Les capteurs transmettent ensuite des relevés réguliers à l’équipe de Parcs Canada, qui peut alors surveiller et évaluer la santé du pergélisol de Wapusk. Ces capteurs fournissent des mesures depuis le haut du puits jusqu’au fond, ce qui permet aux scientifiques de suivre les changements de température dans le sol et de connaître la profondeur du pergélisol.

Attention, il n’est pas possible d’utiliser n’importe quelle foreuse pour percer le pergélisol! Une foreuse spéciale, appelée la foreuse Winkie, a été utilisée par Larry Dyke et Wendy Sladen de 2007 à 2009 pour installer des puits et des capteurs de pergélisol dans les zones côtières et humides du parc.

Mais comment fonctionne exactement la foreuse Winkie? Bonne question! Comme on peut s’y attendre, la partie principale de la foreuse fonctionne comme une foreuse ordinaire, en creusant un trou dans la terre en tournant rapidement. La particularité de la foreuse Winkie réside dans l’enveloppe métallique qui entoure la foreuse et qui soutient les parois du puits au fur et à mesure qu’elle s’enfonce. Pour protéger la foreuse et le pergélisol, de l’eau est pompée dans le puits pendant le forage, ce qui permet d’éliminer les débris et de refroidir la foreuse et le pergélisol qui l’entoure.

Une fois le forage terminé, un câble équipé de capteurs est placé au fond du puits. Auparavant, les câbles reliés aux capteurs étaient exposés au-dessus du sol. S’étant montrés très curieux, les ours polaires de Wapusk ont endommagé ces nouveaux « jouets », rendant les puits côtiers inopérants.

Une cerise sur le gâteau de retraite

Après avoir pris sa retraite, Larry a fait don de la foreuse Winkie au Centre d’études nordiques de Churchill (CENC), où la foreuse a été emballée et entreposée en 2010. Quelques années plus tard, Larry, qui n’est pas du genre à prendre une retraite tranquille, a contacté le CENC pour voir s’il pouvait remettre la foreuse en état de marche. Après une première tentative, en 2024, pour rendre la foreuse opérationnelle, Larry a su quelles pièces il avait besoin pour la remettre en marche. En 2025, l’équipe de Parcs Canada a invité Larry à venir à Churchill pour effectuer les dernières réparations et mettre la foreuse en service.

Avec une foreuse Winkie fonctionnelle, un pergélisol à surveiller et un bénévole dévoué prêt à partager son bagage de connaissances, il était temps de retourner dans la toundra et de forer d’autres puits!

Le moment où le cercle est complet

La conservation est parfois perçue comme une ligne droite, mais, souvent, elle ressemble plutôt à un cercle! Grâce à l’évolution des technologies, au partage des connaissances et à l’expérience acquise, nous pouvons faire évoluer la manière dont le travail de conservation est effectué, en revenant aux anciennes méthodes et en les peaufinant.

En juin 2025, 16 ans après son dernier voyage de forage à Wapusk, Larry et sa foreuse Winkie se sont joints à l’équipe de Parcs Canada pour un voyage de quatre jours, dont le but était de forer de nouveaux puits dans le pergélisol.

Quelques hélicoptères chargés du matériel et du personnel, et voilà l’équipe qui se met au travail pour forer de nouveaux puits et installer de nouveaux capteurs. La grande différence cette fois-ci? Cacher les câbles des capteurs sous terre afin que nos amis les ours polaires ne puissent pas les atteindre!

Grâce au forage de deux nouveaux puits et à l’installation de capteurs, l’équipe sera en mesure de recueillir d’importantes données sur la santé du pergélisol de Wapusk. Les parcs et les aires protégées au Canada font partie d’une « solution axée sur la nature » aux changements climatiques, car des écosystèmes sains aident la nature et la population à s’y adapter. Ces endroits conservent la biodiversité, préservent les services écosystémiques, créent des liens entre les différents paysages, emmagasinent le carbone, permettent d’approfondir les connaissances et la compréhension et inspirent les gens.

Un homme tient dans sa main la poignée d’une foreuse à cinq faces, tout en la regardant la tête penchée. Une femme qui se tient près de lui soutient de sa main un pied de la foreuse pour la maintenir stable.
Le tube métallique dans le sol est entouré de la base bleue de la foreuse.
Une main gantée tient un tube métallique.
Un employé de Parcs Canada en uniforme insère un tube métallique dans le sol.
Une main gantée tient un cylindre métallique auquel est attaché un long cordon.
Deux employés de Parcs Canada en uniforme placent un long cylindre dans un tube inséré dans le sol.
Une paire de mains gantées enfonce un piquet d’ancrage dans le sol à l’aide d’un maillet.
Quatre personnes transportent une grande pièce d’équipement de forage à travers un champ herbeux.

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