Une journée dans la vie – Le baguage des bernaches

Parc national Wapusk

Un employé de Parcs Canada tient une bernache dont la patte droite est entourée d’une bande métallique dans le parc national Wapusk.
Une bernache du Canada (à gauche) montrant sa nouvelle bague d’identification.

Pour l’équipe de conservation des ressources du parc national Wapusk, les journées se suivent, mais ne se ressemblent pas. Dans l’un des parcs nationaux les plus reculés du Canada, ces scientifiques assurent ensemble et avec d’autres organismes la surveillance écologique et à la compréhension globale de ce vaste habitat subarctique, qui abrite une grande diversité de plantes, d’animaux et d’écosystèmes.

Certains jours, dans le parc, on est même à la recherche de l’oiseau rare. Littéralement! Dans le cadre du suivi des bernaches migratrices de la région, Jesse Shirton, écologiste au sein de l’équipe de conservation des ressources de Wapusk, a travaillé avec Mississippi Flyway – un groupe de collaboration composé de directions de la gestion de la faune des provinces canadiennes et des États américains – pour baguer ces voyageuses à plumes.

Que porte cette bernache?

Pour recenser les bernaches et recueillir des données, une bande métallique est fixée autour de la patte de l’oiseau. Cette bague porte un numéro d’identification unique qui permet aux chercheurs de connaître leurs voies migratoires et leurs lieux d’hivernage et de relever tout changement dans les sites de reproduction. Tous ces renseignements, et bien d’autres encore, sont recueillis quand des chasseurs signalent les bagues sur les oiseaux chassés ou quand une bernache est de nouveau capturée par les chercheurs.

Toutefois, pour baguer une bernache, il faut d’abord l’attraper... C’est ici que commence cette journée dans la vie!

Le plaisir du travail sur le terrain

Cinq chercheurs vêtus de gilets de haute visibilité s’approchent d’un groupe d’une douzaine de bernaches dans le parc national Wapusk.
Les membres de Parcs Canada et de Flyway rassemblent un troupeau de bernaches particulièrement coopératif.

La journée commence quand l’équipe s’envole en hélicoptère de Churchill, au Manitoba, pour se rendre dans le parc. Du haut des airs, les chercheurs peuvent repérer les bernaches et les rassembler en un seul grand groupe. Au sol, des « gardiens d’oies » désignés commenceront à rassembler le troupeau vers une clôture en filet préinstallée qu’ils pourront fermer pour contenir les oiseaux.

Bien entendu, un oiseau attrapé en vaut deux en liberté. Les « bagueurs » en profitent donc pour déterminer si le spécimen capturé est un mâle ou une femelle et s’il s’agit d’un adulte ou d’un oison. Ils recueillent ainsi des renseignements sur les caractéristiques démographiques de la population de bernaches à Wapusk, comme le rapport entre les mâles et les femelles, le nombre d’oisons et les taux de survie d’une année à l’autre.

Les bernaches baguées sont relâchées par petits groupes, de manière à ce qu’elles passent le moins de temps possible dans la zone clôturée, mais sans qu’aucune d’entre elles ne soit relâchée seule.

« Ce sont des oiseaux, pourquoi ne s’envolent-ils pas? », vous demandez-vous peut-être. Après la naissance de leurs petits, les bernaches adultes passent par une courte période de mue de leurs pennes, les plumes servant au vol, ce qui leur permet d’en avoir de nouvelles pour la migration d’automne. C’est aussi à ce moment qu’apparaissent les premières pennes des oisons, ce qui signifie que pendant cette période, aucune bernache ne peut voler. Une période idéale pour le baguage!

Deux employés de Parcs Canada tiennent des bernaches pendant qu’une autre prend des notes.
L’équipe de conservation des ressources de Wapusk, tout sourire, se familiarise avec le processus de baguage des bernaches.

Une belle journée pour cacarder

Ce jour-là, l’équipe de conservation des ressources de Wapusk a pu aider Mississippi Flyway en gardant les bernaches, en prenant des notes et surveillant la présence d’ours polaires pour assurer la sécurité de l’équipe, tout en acquérant de nouvelles compétences et en contribuant à la conservation d’un précieux habitat.

Bien sûr, la journée du lendemain pourrait être complètement différente! L’équipe pourrait visiter un poste de traite de l’époque de la traite des fourrures, traverser l’un des 10 000 lacs thermokarstiques du parc Wapusk ou résoudre des mystères aquatiques à l’aide de l’ADN environnemental.

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