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Préserver les ressources patrimoniales

Normes et mesures de l’intégrité écologique

Tableau 14 : Normes et mesures de l’intégrité écologique : Que signifient les couleurs du tableau 13?

 

Mesure

Cotes

Espèces terrestres

Diversité
Les écosystèmes comportant de nombreuses espèces réagissent facilement au changement et sont généralement plus efficaces que les autres. Parcs Canada tient des listes des espèces présentes dans chaque parc, classées selon leur abondance. Le nombre prévu d'espèces dans un parc est déterminé à partir de l'analyse, sur l'ensemble de l'Amérique du Nord, du nombre moyen d'espèces relevées dans une zone donnée. Comme on peut s'y attendre, les régions chaudes abritent un plus grand nombre d'espèces.

Vert : Le nombre d'espèces est proche de celui qui est prévu pour le climat ou lui est supérieur (c.-à-d. se situe à l'intérieur d'un écart-type1 par rapport au nombre prévu).
Jaune : Le nombre d'espèces est inférieur d’un à deux écarts-types au nombre prévu.
Rouge : Le nombre d'espèces est inférieur de plus de deux écarts-types au nombre prévu pour le climat.

Prédateurs et proies
Dans les écosystèmes sains, les populations de prédateurs et de leurs proies conservent un équilibre approximatif au fil des ans. La disparition de prédateurs clés ou un changement important (en plus ou en moins) dans leur nombre est susceptible d'avoir des répercussions à grande échelle sur l'écosystème (p. ex., l'absence d'un prédateur peut entraîner un surpâturage de la part de sa proie habituelle, ce qui a une incidence sur la végétation, l'érosion du sol et la perte du cycle nutritif). Des scientifiques de Parcs Canada déterminent si des prédateurs et proies caractéristiques sont présents dans un parc en nombre suffisant et évaluent le degré d'impact de la disparition de ces prédateurs ou de leurs proies sur l'écosystème.

Vert : Tous les grands prédateurs indigènes et leurs proies sont présents en nombre conforme aux années antérieures.
Jaune : L'abondance d'au moins un grand prédateur indigène ou de sa proie dépasse les limites enregistrées antérieurement, mais elle n'a encore aucun impact secondaire connu sur l'écosystème.
Rouge :L'abondance d'au moins un grand prédateur indigène ou de sa proie dépasse les limites enregistrées antérieurement et tout indique que cela a un impact secondaire important sur l'écosystème.

Disparition d’espèces
Dans un écosystème sain, des populations viables d'espèces indigènes nicheuses sont préservées au fil des ans. Parcs Canada suit de près le nombre d'espèces nicheuses dans un parc dans sa base de données sur les espèces. Une espèce est considérée comme ayant disparu lorsque les scientifiques qui étudient les espèces en péril sont d'accord sur ce point. Le nombre d'espèces qu'un écosystème peut perdre est une question d'appréciation. En général, la disparition d'une ou de deux espèces dans un parc réduit le nombre total d'espèces de moins de 1 %; la disparition de plusieurs espèces réduirait ce nombre de moins de 15 %. Un pourcentage plus élevé dénote une modification plus importante de l'écosystème.

Vert : Disparition d'espèces nicheuses indigènes inférieure à 1 %.
Jaune : Disparition se situant entre 1 et 15 %, ce qui donne à penser que les aspects de l'écosystème ne fonctionnent pas tous convenablement.
Rouge : Disparition supérieure à 15 %, ce qui indique la disparition éventuelle de groupes entiers d'organismes et un changement manifeste de l'écosystème.

Processus terrestres

Croissance de la végétation
L’uniformité de la croissance de la végétation au fil des ans est un élément d’analyse important d'un écosystème. Une forte accélération de cette croissance peut provoquer le remplacement des espèces indigènes, alors qu'une forte diminution de cette croissance signale une faible réaction à d'autres changements.

La quantité de lumière absorbée chaque année par les plantes et les sols est une mesure indirecte de la croissance de la végétation. Les photographies par satellite – les mêmes images que celles qui servent aux bulletins météorologiques quotidiens – peuvent mesurer une légère absorption avec une grande précision sur de vastes superficies. On a utilisé ces données pour étudier la variation de la croissance de la végétation dans les parcs nationaux entre 1993 et 2001. Les données concernant les parcs du Nord, y compris Wood Buffalo, ont été mises à jour pour la période 1998-2006.

Vert : Aucune tendance perceptible en ce qui a trait à la croissance de la végétation.
Jaune : Légère augmentation ou diminution (pente2 se situant entre deux et quatre écarts-types3 par rapport à zéro) de la croissance de la végétation.

Rouge : Augmentation ou diminution manifeste (pente supérieure à quatre écarts-types par rapport à zéro) de la croissance de la végétation.

Incendies de forêt
Au fil des ans, le feu modifie et réorganise l'âge et la composition de la végétation à l'intérieur des parcs nationaux, ce qui contribue au maintien d'écosystèmes sains comportant une grande biodiversité. On a calculé pour 24 parcs nationaux la superficie moyenne historique en hectares brûlée chaque année à partir des études sur les feux antérieurs (c.-à-d. une combinaison de preuves matérielles du feu, de récits et d'analyses de l'âge des peuplements végétaux).

Vert : Superficie moyenne annuelle brûlée égale à 20 % ou plus de la superficie brûlée historiquement.
Jaune : Moyenne de 5 à 20 % de la superficie brûlée historiquement.
Rouge : Superficie moyenne annuelle brûlée égale à 5 % ou moins de la superficie brûlée historiquement.

Facteurs de stress terrestres

Zone aménagée
Les zones aménagées dans les parcs et à proximité de ceux-ci peuvent perturber les espèces indigènes et les processus écologiques naturels. Une mesure indirecte de l'importance du développement humain est le pourcentage de l'écosystème global du parc assujetti à un éclairage extérieur dépassant certains niveaux. Parcs Canada est en mesure de calculer ce pourcentage grâce à des images-satellites de la Terre prises la nuit (en 2000) par le U.S Defence Department. Certaines études ont proposé des seuils de pourcentage pour une région donnée où le développement (tel qu'il est indiqué par l'intensité lumineuse) est susceptible d'avoir un effet perturbateur sur les espèces indigènes.

Vert : 3 % de développement ou moins.
Jaune : Développement de 3 % à 41 % de l’écosystème global du parc.
Rouge : 41 % de développement ou plus.

Densité de la population
Un autre indicateur du stress exercé sur les écosystèmes est la densité de la population humaine. Une étude récente faite par le U.S. National Parks Service établit un rapport entre la densité de la population humaine et le rythme de disparition des espèces. Parcs Canada mesure la densité de la population humaine dans l'écosystème global d'un parc en associant les valeurs de la densité de la population tirées du Recensement de 2001 de Statistique Canada à l'écosystème global du parc, et en calculant le nombre moyen de personnes par kilomètre carré.

Vert : Moins de 1 personne par kilomètre carré.
Jaune : De 1 à 100 personnes par kilomètre carré.

Rouge : Plus de 100 personnes par kilomètre carré.

Facteurs de stress terrestres

Densité des routes à l’intérieur d’un parc
Les routes représentent le principal type d'infrastructure créée par l'homme dans les parcs nationaux. Elles entraînent la fragmentation du paysage, la réduction de la diversité des habitats, l'accroissement du nombre d'espèces envahissantes et l'augmentation du taux de mortalité animale. La densité des routes à l'intérieur des parcs nationaux (c.-à-d. le nombre de mètres de route par kilomètre carré d'une zone de parc national) est calculée à l'aide d'une série de cartes topographiques nationales produites par Ressources naturelles Canada. Un examen de la documentation scientifique traitant de la densité des routes permet de conclure qu'une densité dépassant certaines valeurs critiques a une incidence négative sur les grands mammifères.

Vert : Densité de 200 mètres ou moins de route par kilomètre carré.
Jaune : Densité de 200 à 600 mètres de route par kilomètre carré.

Rouge : Densité de plus de 600 mètres de route par kilomètre carré.

Facteurs de stress aquatiques

Qualité de l’eau
La qualité de l’eau est l’aspect de l’intégrité écologique le plus couramment mesuré. La pollution aquatique peut avoir des effets défavorables sur les populations de poissons, les insectes et le plancton. Le rapport sur les Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement comprend un indice de la qualité de l’eau qui mesure les effets des polluants (jusqu’à dix) les plus menaçants dans les cours d’eau
et les lacs d’un bout à l’autre du Canada. Là où les effets de la pollution sont rares ou mineurs, l’indice révèle une bonne qualité de l’eau.

Vert : Indice de la qualité de l’eau se situant entre 80 et 100 (dépasse rarement ou jamais les paramètres des lignes directrices sur la qualité de l’eau).
Jaune : Indice de la qualité de l’eau se situant entre 45 et 79,5 (dépasse souvent ou parfois les paramètres des lignes directrices sur la qualité de l’eau).
Rouge : Indice de la qualité de l’eau se situant entre 0 et 44,9 (dépasse généralement les lignes directrices sur la qualité de l’eau dans une mesure considérable).

  1. L'écart-type est une valeur statistique qui décrit le degré de normalité d'une valeur. Une valeur qui présente un écart-type d’un par rapport à la moyenne est légèrement anormale, alors qu'un écart-type de deux par rapport à la moyenne est très anormal.
  2. Une pente décrit la rapidité à laquelle s'effectuent les changements dans une relation (dans le cas qui nous occupe, chaque année consécutive).
  3. Une erreur type est un écart-type rectifié en fonction du nombre d'observations qui ont été faites.

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